Isaac, le rire de l’Eternel

Quand la vie l'emporte!

Quand la vie l’emporte!

«יא וְאַבְרָהָם וְשָׂרָה זְקֵנִים בָּאִים בַּיָּמִים חָדַל לִהְיוֹת לְשָׂרָה, אֹרַח כַּנָּשִׁים.יב וַתִּצְחַק שָׂרָה בְּקִרְבָּהּ לֵאמֹר אַחֲרֵי בְלֹתִיהָיְתָה לִּיעֶדְנָה וַאדֹנִי זָקֵן» (בראשית י »ח, י »א-י »ב).

«Abraham et Sarah étaient vieux, avancés dans la vie; le tribut périodique des femmes avait cessé pour Sarah. 12 Sarah rit en elle-même disant: « Flétrie par l’âge, ce bonheur me serait réservé?! Et mon époux est un vieillard! »» (Gen. 18, 11-12).

Sarah, âgée de 90 ans, celle qui deviendra la première Matriarche d’Israël, semble douter de la promesse divine relative à la venue d’un enfant qu’elle porterait en son sein. Le doute exprimé par Sarah n’est-il point naturel? Toutefois intrigué par ce doute, l’Eternel s’adresse, alors, à Avraham en l’interrogeant sur les véritables raisons du  rire exprimant le doute de Sarah. L’Eternel ne connaît-il donc point les plus profondes pensées de Ses créatures et plus particulièrement celles de Sarah?

«וַיֹּאמֶר יְהוָה אֶל-אַבְרָהָם: לָמָּה זֶּה צָחֲקָה שָׂרָה לֵאמֹר הַאַף אֻמְנָם אֵלֵד-וַאֲנִי זָקַנְתִּי» (בראשית י »ח, י »ג)

 «13 Le Seigneur dit à Abraham: « Pourquoi Sarah a-t-elle ri, disant: ’Eh quoi! En vérité, j’enfanterais, âgée que je suis?!’» (Gen. 18, 13)

L’interrogation divine semble mettre l’accent sur l’absence cruelle de communication entre Abraham et Sarah, le premier couple patriarcal fondateur de la Nation d’Israël. En effet, Sarah ne prend effectivement acte de la promesse divine qu’au moment même où l’ange de Dieu se révèle à Abraham:

 «וַיֹּאמֶר שׁוֹב אָשׁוּב אֵלֶיךָ כָּעֵת חַיָּה וְהִנֵּה-בֵן לְשָׂרָה אִשְׁתֶּךָ וְשָׂרָה שֹׁמַעַת פֶּתַח הָאֹהֶל וְהוּא אַחֲרָיו»  (בראשית י »ח, י’).

«L’un d’eux (Anges) reprit: « Certes, je reviendrai à toi à pareille époque et voici, un fils sera né à Sarah, ton épouse. » Or, Sara l’entendait à l’entrée de la tente qui se trouvait derrière lui.» (Gen. 18, 10).

Effectivement, les anges, messagers de Dieu, questionnent Avraham:

«וַיֹּאמְרוּ אֵלָיו אַיֵּה שָׂרָה אִשְׁתֶּךָ וַיֹּאמֶר הִנֵּה בָאֹהֶל» (בראשית י »ח, ט’).

«Ils lui dirent: « Où est Sarah, ta femme? » Il répondit: « Elle est dans la tente. »»  (Gen. 18, 9).

Ont-ils vraiment cherché à savoir où se trouvait Sarah, comme la réponse d’Abraham peut nous le laisser entendre?

Or, c’est à Avraham qu’est posée la question! Ils renvoient Avraham à son propre moment de doute, en entendant la promesse divine:

«וַיִּפֹּל אַבְרָהָם עַל-פָּנָיו וַיִּצְחָק וַיֹּאמֶר בְּלִבּוֹ הַלְּבֶן מֵאָה-שָׁנָה יִוָּלֵד וְאִם-שָׂרָה הֲבַת-תִּשְׁעִים שָׁנָה תֵּלֵד.יח וַיֹּאמֶר אַבְרָהָם אֶל-הָאֱלֹהִים: לוּ יִשְׁמָעֵאל יִחְיֶה לְפָנֶיךָ» (בראשית י »ז, י »ז-י »ח).

«Abraham tomba sur sa face et sourit; et il dit en son cœur: « Quoi! Un centenaire engendrerait encore! Et à quatre-vingt-dix ans, Sara deviendrait mère! » 18 Abraham dit au Seigneur: « Puisse Ismaël, à tes yeux, mériter de vivre! » » (Gen. 17, 17-18).

Il  transmet ce doute à Sarah par son silence. Avraham n’est-il point, donc, responsable de ce doute qui s’empare de Sarah?

«וַתִּצְחַק שָׂרָה בְּקִרְבָּהּ לֵאמֹר: אַחֲרֵי בְלֹתִי הָיְתָה-לִּי עֶדְנָה וַאדֹנִי זָקֵן» (בראשית י »ח, י »ב).

«Sara rit en elle-même disant: « Flétrie par l’âge, ce bonheur me serait réservé! Et mon époux est un vieillard! »» (Gen. 18, 12).

Ainsi, tout en reconnaissant le don divin qui lui est fait, Sarah exprime son extrême surprise de se voir toute jeune mère, donc tournée vers l’avenir, à un âge où les autres femmes vivent dans le souvenir de leur vie passée:

 »וַתֹּאמֶר שָׂרָה- צְחֹק עָשָׂה לִי אֱלֹהִים: כָּל-הַשֹּׁמֵעַ יִצְחַק-לִי. ז וַתֹּאמֶר מִי מִלֵּל לְאַבְרָהָם הֵינִיקָה בָנִים שָׂרָה: כִּי-יָלַדְתִּי בֵן לִזְקֻנָיו «

«Alors Sarah dit: « Dieu a fait de moi un objet de risée (moquerie). Tous ceux qui entendront cela se moqueront de moi! Elle dit encore « Qui eût dit à Abraham [qui a bien pu dire à Avraham] que Sarah allaiterait des enfants et que j’enfanterais un fils à sa vieillesse!? »» (Gen. 21, 7)

Sarah portera en son sein «le rire de l’Eternel», Isaac, dont le nom: Its’haq – יִצְחָק – signifie: «il rira». Ce rire, né du doute, aussi bien chez Avraham que chez Sarah, devient le symbole de la victoire sur le fatalisme et le déterminisme des lois de la nature.  Rien d’impossible au peuple de Dieu.

Si l’étude du TaNaKh vous fait rêver, n’hésitez pas à me joindre:

hebreubiblique@gmail.com

Au plaisir de vous retrouver,

Cordial shalom d’Israël,

Haïm Ouizemann

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7 Responses to Isaac, le rire de l’Eternel

  1. C’est l’image de doute de nation sur l’election d’Israel comme prémice.Mais à la fin nous rirons tous ensemble à soukkot dans Yérouchalayim.
    Qu’HaShem te rende aux centuples. ברוך השם אמן.

  2. cathou dit :

    L’humain est pétrit de doute.
    Je ne crois pas qu’Abraham soit responsable par son silence du rire intérieur de Sarah. C’est la réaction logique de toute femme a qui on annonce une grossesse devenue impossible à cause de l’age. Sans doute rit elle en même temps que son mari reste silencieux.
    Evidemment qu’il est normal de douter fortement d’une telle annonce.
    Mais au fond tout ce qui semble stérile peut être fertile encore. Et c’est ce que j’ai pensé devant une belle photo du désert Israélien et la phrase qui parlait de cet espace vierge. Un désert n’est ni stérile, ni vierge malgré l’apparence.
    La vieillesse n’est pas une étape stérile. C’est une étape de la vie riche et dense même quand une certaine lassitude s’installe.

    Oui en effet avec Abraham le dialogue avec Dieu semble reprendre. Il y a un échange qui n’existe pas avec Noé, mais qui existait avec Caïn.

  3. anne dit :

    Cette histoire révèle à la fois l’humain qui de part sa nature acquise en Adam à cause du péché est limité par cette état qu’est le doute mais que lorsque le Très Haut parle , ses promesses s’accomplissent quelque soient les limites humaines rencontrées…Cette histoire doit également nous amener à reconsidérer notre foi dans L’Eternel…Or sans le foi, il est impossible de lui plaire

    • « Or sans le foi, il est impossible de lui plaire »
      Shalom Anne,
      Merci pour ton commentaire.
      Je pense que, plus que la foi, les actes decoulant de la foi sont plus a meme de plaire a Dieu. Car c’est par les actes que l’on peut montrer sa foi et la realiser.

  4. Mani dit :

    Shalom Haiim ,
    J’ai bien aimé comment tu as résumé l’histoire. Et je suis tout à fait d’accord que rien est impossible au Peuple de Dieu. Amen

  5. mbany dit :

    Avec Dieu tout est possible. Croit et tu le verra s’accomplir

  6. mbany dit :

    Avec Dieu tout est possible. Si tu Crois, tu verras la gloire de Dieu s’accomplir sur toi

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