Joseph, une lumière de fraternité

Alef: lettre de l'Amour ( Ahava), de la Lumière (Aur) et de la  Fraternité ( A'hva). Calligraphie: Michel D'Anastasio

Alef: lettre de l’Amour ( Ahava), de la Lumière (Aur) et de la Fraternité ( A’hva). Calligraphie: Michel D’Anastasio

Après le fratricide d’Abel commis par Caïn, l’Eternel s’adresse à ce dernier et l’interroge:

ש«אֵי הֶבֶל אָחִיךָ?» (בראשית ד’, ט’).ש

«Où est Abel ton frère?» (Gen. 4, 9).

A cette interrogation divine, également posée au Premier Homme, Adam (Gen. 3, 9), Caïn prend la fuite. Sa réponse est une question!

ש «וַיֹּאמֶר לֹא יָדַעְתִּי הֲשֹׁמֵר אָחִי אָנֹכִי» (בראשית ד’, ט’).ש

«Je ne sais; suis-je le gardien de mon frère?» (Gen. 4, 9).

Caïn par cette réponse en forme de question refuse non seulement de reconnaitre la portée de son acte odieux mais aussi renvoie l’Eternel à ses propres responsabilités. «Toi l’Eternel, créateur de toutes les créatures, où étais tu et pourquoi n’as-tu point protégé mon frère Abel?».

L’ensemble du livre de la Genèse relate une histoire conflictuelle entre frères: Caïn et Abel, Isaac et Ishmaël, Jacob et Esaü, Joseph et ses frères.  Le désespoir semble s’emparer du lecteur. La paix en frères restera-t-elle une utopie ou aboutira-t-elle à une solution fiable et durable?

Le Patriarche Jacob, guidé par son exigence morale de fraternité,  aspire à répondre à cette difficile question. La réponse est donnée par son fils préféré: Joseph. Joseph est envoyé par Israël vers ses frères ennemis avec pour mission de rétablir la paix au sein de la famille d’Israël:

ש«הֲלוֹא אַחֶיךָ רֹעִים בִּשְׁכֶם לְכָה, וְאֶשְׁלָחֲךָ אֲלֵיהֶם… יד וַיֹּאמֶר לוֹ, לֶךְ-נָא רְאֵה אֶת-שְׁלוֹם אַחֶיךָ וְאֶת-שְׁלוֹם הַצֹּאן, וַהֲשִׁבֵנִי, דָּבָר…» (בראשית ל »ז, י »ג-י »ד).ש

«Tes frères ne font-ils pas paître les troupeaux à Sichem? Viens donc, je veux t’envoyer auprès d’eux…14 Il reprit: « Va voir, je te prie, comment se portent tes frères, comment se porte le bétail et rapporte-m’en des nouvelles.» (Gen. 37: 13-14).

Joseph répond immédiatement à l’appel de son père Israël, et semble ne pas prêter attention aux sentiments de jalousie que lui portent ses frères:

ש«וַיֹּאמֶר לוֹ הִנֵּנִי» (בראשית ל »ז, י »ד).ש

«II lui répondit: Me voici» (Gen. 37: 14)

Contrairement à Caïn, fuyant sa responsabilité de frère face à Abel, Joseph accepte sans ambages de relever le défi qu’Israël lui impose. Il part à la rencontre de ses frères «ennemis».

Puis chemin faisant, Joseph rencontre «un homme» auquel il répond sans hésitation aucune:

 ש«וַיֹּאמֶר אֶת-אַחַי אָנֹכִי מְבַקֵּשׁ» (בראשית ל »ז, ט »ו-ט »ז).ש

«II répondit: Ce sont mes frères que je cherche». (Gen. 37: 15-16)

Cet homme providentiel ne serait-il point semblable à celui-là même que son père, Jacob rencontra au Yabok! …à savoir, son propre double!

La question de l’Eternel adressée à la conscience de Caïn trouve sa réponse en la personne emblématique de Joseph!

Homme de paix et de réconciliation, Joseph, au risque de perdre sa vie, se porte  responsable de ses propres frères! Ce sens aigu de la responsabilité trace la voie du retour de ses frères qui, par le biais de son de  plus jeune frère Benjamin (Benyamin) redécouvrent leur propre responsabilité:

ש«וַיֹּאמְרוּ אִישׁ אֶל-אָחִיו, אֲבָל אֲשֵׁמִים אֲנַחְנוּ עַל-אָחִינוּ, אֲשֶׁר רָאִינוּ צָרַת נַפְשׁוֹ בְּהִתְחַנְנוֹ אֵלֵינוּ, וְלֹא שָׁמָעְנוּ; עַל-כֵּן בָּאָה אֵלֵינוּ, הַצָּרָה הַזֹּאת» (בראשית, מ »ב, כ »א). ש

«Et ils se dirent l’un à l’autre: « En vérité nous sommes punis à cause de notre frère; nous avons vu son désespoir lorsqu’il nous criait de grâce et nous sommes demeurés sourds. Voilà pourquoi ce malheur nous est arrivé» (Gen. 42, 21).

ש«לֹא תַעֲמֹד עַל-דַּם רֵעֶךָ: אֲנִי, יְהוָה» (ויקרא י »ט, ט »ז).ש

«Ne sois pas indifférent au danger de ton prochain: je suis l’Éternel» (Lev. 19, 16).

L’indifférence à la souffrance de l’autre constitue, a ne point en douter, le pire des crimes. L’humanité est lourde de douleurs et de tourments provoqués par d’autres hommes. Où sommes-nous? Où en sommes-nous avec nous-mêmes? En cette fête de Hanouccah, puisse la Parole divine, telle une lumière sublime, guider nos pas…à la rencontre de l’autre.

« ש«נֵר-לְרַגְלִי דְבָרֶךָ וְאוֹר לִנְתִיבָתִי

«Ta parole est un flambeau qui éclaire mes pas, une lumière qui rayonne sur ma route«

Si l’étude du TaNaKh vous fait rêver, n’hésitez pas à me joindre:

hebreubiblique@gmail.com

Au plaisir de vous retrouver,

Cordial shalom d’Israël,

Haïm Ouizemann

Ce contenu a été publié dans Fêtes d'Israël, avec comme mot(s)-clé(s) , , , , , . Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

3 Responses to Joseph, une lumière de fraternité

  1. Frédérique DE CARA dit :

    Bonjour Haim , merci pour ce commentaire qui nous « éclaire » ….et encore un grand merci pour le dernier webinaire qui fut particulièrement émouvant ….

  2. cathou dit :

    Très intéressant.
    La relation entre frères, frères et sœurs, est la base même de la vie en société.
    Cet article m’interpelle et est aussi un questionnement. Comme dans beaucoup de familles, malheureusement, les relations avec mon frère sont difficiles, voir impossibles. Étrangement je vis mieux le rejet de mon père que l’indifférence de mon frère. Indifférence faite de jalousies et de soumission au père.
    Certes le rejet du père fut douloureux, mais est définitivement guéri. Quand l’image du père ne correspond plus à l’image de quelqu’un qui vous tend les bras, vous écoute, vous aide à trouver le chemin avec Amour, on n’a plus besoin de père. Dieu est là, toujours présent, sans défaillance.

    Le rejet de mon frère reste une douleur, car un frère est une personne au même niveau que soi. à égalité, un miroir, même si on est très différent, un frère c’est l’Autre dans lequel on peut se retrouver. Fait curieux je me sens responsable de mon frère, de l’Autre. Je ne peux pas être indifférente à ce rejet.

    Tu cites la Bible, Joseph… Je parle de cas personnel, mais un frère, une sœur, c’est l’Autre: c’est toujours l’Autre qui est en face, à coté: femme ou homme, blanc, noir, jaune, vert… (vert n’existe pas d’accord je m’emballe); chrétien, juif, musulman, hindouiste, bouddhiste, laïc……
    L’indifférence, la jalousie, la haine de l’Autre, du frère est difficile à comprendre, difficile à accepter….. et c’est peut être ce refus d’accepter qui, un jour, fait revenir le frère a de meilleurs sentiments. C’est du moins ce que nous dit la Bible Je ne l’ai jamais vécu et ça m’interpelle.

  3. Bozard dit :

    Il est vrai qu’il y a beaucoup de conflits entre fratrie. Mais certaines querelles sont bonnes pour la réflexion et se remettre en question.
    Les gens ont oubliés que l’Eternel nous a créé avec des capacités, dont celles de réfléchir et de se maîtriser par la même occasion, ce que n’a pas fait Abel. Lui s’est contenté de mettre la faute sur l’éternel. En contre parti, Joseph (Yosef) a bien compris cela, et a agit en temps que tel.

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.