Parashat VaYera: « Jérusalem, le Mont de la Crainte »

"Jérusalem, le Mont de la Crainte" (© 2015, Haïm Ouizemann)

« Jérusalem, le Mont de la Crainte » (© 2015, Haïm Ouizemann)

Pour la seconde fois, l’Eternel enjoint au Patriarche Abraham d’aller pour lui-même avec son unique fils Isaac vers un lieu porteur de symbole:

ש«וַיֹּאמֶר קַח-נָא אֶת-בִּנְךָ אֶת-יְחִידְךָ אֲשֶׁר-אָהַבְתָּ אֶת-יִצְחָק וְלֶךְ-לְךָ אֶל-אֶרֶץ הַמֹּרִיָּה וְהַעֲלֵהוּ שָׁם לְעֹלָה, עַל אַחַד הֶהָרִים אֲשֶׁר אֹמַר אֵלֶיךָ» (בראשית, כ »ב, ב’).ש

«II reprit: Prends ton fils, ton fils unique, celui que tu aimes, Isaac; achemine-toi vers la terre de Moriah et là, offre-le en holocauste sur une des montagnes que je te désignerai.» (Gen. 22: 2)[1]

Remarquons qu’Abraham  nomme le lieu différemment:

ש«וַיִּקְרָא אַבְרָהָם שֵׁם-הַמָּקוֹם הַהוּא יְהוָה יִרְאֶה» (בראשית כ »ב, י »ד).ש

«Abraham dénomma cet endroit: Adonaï-Yiré [l’Eternel verra…]» (Gen. 22, 14).

Mais alors surgit une interrogation. Pourquoi Abraham appelle-t-il ce mont  «Adônaï-Yéraé» (Gen. 22: 14) et quelle est son intention?

ש«אֲשֶׁר יֵאָמֵר הַיּוֹם בְּהַר יְהוָה יֵרָאֶה» (בראשית כ »ב, י »ד).ש

«… l’on dit aujourd’hui: Sur le mont d’Adônaï-Yéraé.» (Gen. 22: 14)

Les deux verbes Yiré (Voir) et Yéraé (Craindre), conjugués au futur («verra- sera craint») possèdent tous deux la même racine verbale:

  1. R. A (י. ר. א)

Il semblerait donc que l’acte d’Abraham, loin d’être inscrit dans le présent, détienne une portée historique:

ש«וַיָּחֶל שְׁלֹמֹה לִבְנוֹת אֶת-בֵּית-יְהוָה בִּירוּשָׁלִַם בְּהַר הַמּוֹרִיָּה אֲשֶׁר נִרְאָה לְדָוִיד אָבִיהוּ אֲשֶׁר הֵכִין בִּמְקוֹם דָּוִיד בְּגֹרֶן אָרְנָן הַיְבוּסִי» (דה »י א’, ג’, א’).ש

«Salomon commença à bâtir la maison du Seigneur à Jérusalem, sur le mont Moriah; là, [le Seigneur] était apparu à son père David, qui avait fixé son choix sur l’emplacement lui appartenant dans l’aire d’Ornan, le Jébuséen». (I Chroniques 3: 1)

Le Mont Moriah est donc à la fois le lieu où la Providence divine ne cessera jamais de se révéler aux fils d’Israël  mais aussi le site où Israël invoquera sans discontinuer le Nom divin et ce, dans un esprit de Crainte révérencielle:

ש«שָׁלֹשׁ פְּעָמִים בַּשָּׁנָה יֵרָאֶה כָּל-זְכוּרְךָ אֶל-פְּנֵי הָאָדֹן יְהוָה» (שמות כ »ג, י »ז)

«Trois fois par an, tous tes mâles paraîtront par-devant le Souverain, l’Éternel.» (Exode 23: 17)

Certains, reniant à Israël ses droits historiques et religieux sur sa terre en général et sur Jérusalem et le Mont du Temple en particulier, témoignent d’une absence totale de crainte de Dieu. Or, Jérusalem constitue le  Lieu  le plus saint d’Israël car l’Eternel y annonce à l’Humanité le devoir de préserver le principe de Vie par ce même épisode de la Ligature d’Isaac, qui fut remplacé par un bélier. Défendre Jérusalem, c’est défendre la Vie.

[1] Parashat VaYera: Genèse 18: 1- 22:24

Je vous invite à rejoindre le nouveau projet « Questions sur la Parashat HaShavoua» et à  nous faire part de votre interprétation.

Questions sur la Parashat VaYera. Ce projet a pour dessein de mieux faire connaitre la source biblique. Des questions bibliques sont proposées. Vos réponses sont les bienvenues.

Shabbat shalom!

Avec toute mon amitié,

Si l’étude du TaNaKh vous fait rêver, n’hésitez pas à me joindre:
hebreubiblique@gmail.com

Au plaisir de vous retrouver,

Haïm Ouizemann

 

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1 Response to Parashat VaYera: « Jérusalem, le Mont de la Crainte »

  1. cathou dit :

    « Pars de ton pays, de ta famille, de la maison de ton père vers le pays que je te ferai voir »
    dans ce verset Dieu demande à Abraham de partir de là où il est, là où il a ses racines pour aller vers une destination inconnue. Pars vers un pays que je te montrerai. En partant tu verras, tu feras connaissance du pays où je veux que tu t’installes.
    C’est la condition pour être béni par Dieu, et assurer la bénédiction divine aux descendants d’Abraham..

    « Dieu dit à Abraham: prends ton fils, ton unique fils: Isaac, que tu aimes. Pars pour le pays de Moria, et là, tu l’offriras en holocauste sur celle des montagnes que je t’indiquerai »
    Cette fois la demande divine concerne le père et le fils. Dieu demande à Abraham, au père d’offrir la vie de son fils. Certes Dieu pourrait demander que cette vie lui soit offerte là, sur place, non il faut aller sur une montagne. Cette fois: rien en échange. demande et acte gratuit.

    Ce qui rapproche ces 2 versets: Dans les 2 cas Dieu demande un départ: pars seul avec ta famille. Pars seul avec ton fils.

    la leçon biblique: il y en a sans doute plusieurs
    -Toujours être prêt au départ. toujours être prêt à quitter ceux qu’on aime, les choses, les lieux auxquels nous sommes attachés.
    -Faire confiance à Dieu, quelque soit la demande et puisque on sait qu’il sauvera Isaac, on peut ajouter à l’intention de certains, que même si Dieu demandait d’offrir une vie, jamais il ne la prendra.
    -Il y a le coté historique. Qu’on croit ou non que Dieu donne la terre à Abraham en échange de sa foi, historiquement, un jour Abraham a déménagé, avec sa famille. Il quitte Our en Chaldée pour Canaan., puis avec son fils il fait une excursion importante en pays de Moria et sa montagne (ou une des montagne) Nous avons là un descriptif suffisamment précis pour affirmer la réalité de la présence « juive » (des ancêtres des juifs actuels) sur l’actuel terre d’Israël.
    -si on se place coté foi: Dieu décide Abraham de quitter sa terre natale, de se déraciner pour replanter ses racines en Canaan. Même au prix de la vie de son fils unique, Abraham accepte.

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