Parashat Haye Sarah: Le Serment du serviteur d’Avraham

La rencontre d'Eliezer avec Rivka

La rencontre d’Eliezer avec Rivka

Chargé de trouver une épouse à Isaac, le serviteur du Patriarche Avraham, Eliezer[1], se voit contraint de lui prêter serment.

ש«וַיֹּאמֶר אַבְרָהָם אֶל-עַבְדּוֹ זְקַן בֵּיתוֹ הַמֹּשֵׁל בְּכָל-אֲשֶׁר-לוֹ שִׂים-נָא יָדְךָ תַּחַת יְרֵכִי. וְאַשְׁבִּיעֲךָ בַּיהוָה אֱלֹהֵי הַשָּׁמַיִם וֵאלֹהֵי הָאָרֶץ: אֲשֶׁר לֹא-תִקַּח אִשָּׁה לִבְנִי מִבְּנוֹת הַכְּנַעֲנִי אֲשֶׁר אָנֹכִי יוֹשֵׁב בְּקִרְבּוֹ» (בראשת כד, ב-ד).ש

«Abraham dit au serviteur le plus ancien de sa maison, qui avait le gouvernement de tous ses biens: « Mets, je te prie, ta main sous ma hanche, 3 pour que je t’adjure par l’Éternel, Dieu du ciel et de la terre, de ne pas choisir une épouse à mon fils parmi les filles des Cananéens avec lesquels je demeure,4 mais bien d’aller dans mon pays et dans mon lieu natal chercher une épouse à mon fils, à Isaac. » »(Gen. 24: 2-4)[2]

Pourquoi Abraham conditionne-t-il le départ de son serviteur à ce serment? Avraham aurait-il douté de la fidélité de son serviteur? N’aurait-il pas mieux fait, alors, de se mettre une nouvelle fois en marche lui-même, malgré son âge fort avancé, pour trouver une épouse digne de son fils Isaac?

Par ailleurs, que signifie le terme : «תַּחַת יְרֵכִי»  traduit par «sous sa hanche» ?

ש«וּלְגִדְעוֹן הָיוּ שִׁבְעִים בָּנִים יֹצְאֵי יְרֵכוֹ: כִּי-נָשִׁים רַבּוֹת הָיוּ לוֹ» (שופטים ח, ל).ש

«Gédéon eut soixante-dix fils formant sa descendance, car il avait plusieurs femmes.» (Juges 8: 30; Cf. aussi Genèse 46: 26)

D’après ce dernier verset, Abraham aurait requis d’Eliezer de prêter serment en apposant sa main au lieu de la circoncision (La Tora s’exprime pudiquement).  Ce geste n’est point sans rappeler celui de Joseph auquel Jacob, son père, lui demandera aussi de porter serment afin de s’assurer d’être inhumé en Erets Canaan.

L’on peut avancer l’idée que par ce geste, Abraham aspire à lier son serviteur à l’indéfectible Alliance divine promettant une nombreuse descendance à Israël:

ש«הִמּוֹל יִמּוֹל יְלִיד בֵּיתְךָ, וּמִקְנַת כַּסְפֶּךָ; וְהָיְתָה בְרִיתִי בִּבְשַׂרְכֶם, לִבְרִית עוֹלָם» (בראשית יז, יג)ש

«Oui, il sera circoncis, l’enfant de ta maison ou celui que tu auras acheté; et mon alliance, à perpétuité, sera gravée dans votre chair» (Gen. 17: 13).

Prêter serment signifie donc pour le serviteur d’Abraham se rattacher fidèlement à l’Alliance éternelle conclue avec l’Eternel.

Cette fidélité à l’Alliance et au Patriarche Abraham se traduit par le verset suivant:

ש«וַיֹּאמֶר אֵלָי יְהוָה אֲשֶׁר-הִתְהַלַּכְתִּי לְפָנָיו יִשְׁלַח מַלְאָכוֹ אִתָּךְ וְהִצְלִיחַ דַּרְכֶּךָ וְלָקַחְתָּ אִשָּׁה לִבְנִי מִמִּשְׁפַּחְתִּי וּמִבֵּית אָבִי» (בראשית כד, מ).ש

«Il me répondit: ‘L’Éternel, dont j’ai toujours suivi les voies, placera son envoyé à tes côtés et il fera prospérer ton voyage et tu prendras une femme pour mon fils dans ma famille, au foyer de mon père». (Gen. 24: 40)

Ce dernier verset reprend le verset 4 du chapitre 24 où Abraham décrit à son serviteur les conditions majeures de cette recherche afin de découvrir l’épouse idéale destinée à Isaac :

ש«… כִּי אֶל-אַרְצִי וְאֶל-מוֹלַדְתִּי תֵּלֵךְ וְלָקַחְתָּ אִשָּׁה לִבְנִי לְיִצְחָק» (בראשית כד, ד).ש

«…mais bien d’aller dans mon pays et dans mon lieu natal chercher une épouse à mon fils, à Isaac.» (Gen. 24, 4).

En comparant ces deux derniers versets, nous pouvons déceler dans la bouche du serviteur deux termes supplémentaires qu’Abraham n’a pas prononcés:

  • «וְהִצְלִיחַ דַּרְכֶּךָ»- «il fera prospérer ton voyage» (Gen. 24: 40)
  • «וּמִבֵּית אָבִי» – «et de la maison de mon père» (Gen. 24: 30)

Eliezer, convaincu de la responsabilité qui lui incombe, marche au-devant de son maître Abraham en complétant la pensée de ce dernier. Cet attachement à la vision d’Abraham lui permet de recueillir l’heureuse bénédiction des parents de Rebecca sans laquelle cette dernière n’aurait pu quitter son foyer et fonder la future maison d’Israël (Gen. 24: 60).

Abraham aspire à témoigner de l’accomplissement de sa vocation  universelle par le biais de son serviteur. Comme la fille de Pharaon sauvant  Moïse des eaux du Nil et par la-même l’ensemble d’Israël, Abraham voit en Eliezer la clef de voute de l’accomplissement de la bénédiction divine:

ש«וְנִבְרְכוּ בְךָ כֹּל מִשְׁפְּחֹת הָאֲדָמָה.» (בראשית יב, ג)

«…par toi seront heureuses toutes les races de la terre.» (Gen. 12: 3)

L’Alliance divine avec Israël porte désormais, par le biais du serviteur,  le sceau de l’universalité caractéristique de la vocation d’Abraham. Prions tous ensemble afin que les Nations comprennent leur véritable vocation, celle de soutenir notre peuple Israël en s’engageant à collaborer activement à la réalisation de l’Alliance divine.

[1] Voir Genèse 15, 2: «Abram répondit: « Dieu-Éternel, que me donnerais-tu, alors que je m’en vais sans postérité et que le serviteur de ma maison est un Damascénien, Eliézer?».

[2] Parashat Haye Sarah: Genèse 23:1- 24: 18

 

Shabbat shalom!

Avec toute mon amitié,

Si l’étude du TaNaKh vous fait rêver, n’hésitez pas à me joindre:
hebreubiblique@gmail.com

Au plaisir de vous retrouver,

Haïm Ouizemann

 

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1 Response to Parashat Haye Sarah: Le Serment du serviteur d’Avraham

  1. Bonjour très bon test sur l,universalité. Je désire moi aussi prendre part.

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