Parashat VaYgash, l’union des frères

La rencontre des frères, Rob Leinweber

La rencontre des frères, Rob Leinweber

Comment la réconciliation entre les frères de Joseph a-t-elle pu être possible? Pourquoi cette rencontre constitue-t-elle un moment historique?

Le livre de la Genèse invite à reconstruire une nouvelle Humanité fondée sur la  responsabilité retrouvée. Le terme  אַחֲרָיוּת[A’harayout –Responsabilité (répondre d’autrui)] débute par le terme אַח A’h signifiant frère. Or, à l’interrogation de l’Eternel: «Où est ton frère», Caïn répond en niant et en fuyant  son devoir de responsabilité:

ש «וַיֹּאמֶר יְהוָה אֶל-קַיִן אֵי הֶבֶל אָחִיךָ וַיֹּאמֶר לֹא יָדַעְתִּי הֲשֹׁמֵר אָחִי אָנֹכִי» (בראשית ד, ט).ש

«L’Éternel dit à Caïn: « Où est Abel ton frère? » Il répondit: « Je ne sais; suis-je le gardien de mon frère?» (Gen. 4: 9)

Le meurtre d’Abel semble, dès les premières pages de la Genèse, marquer l’échec du programme divin d’une Humanité qui, à peine née, retournerait immédiatement à son néant originel. Toutefois, Joseph, étant descendu de force en Egypte, éprouve, à travers maintes tribulations, la faculté de ses frères à répondre du sort de Benyamin. Ainsi, lors de la Parashat Mikets, Juda se porte garant auprès de son père Jacob en lui promettant de ne point abandonner Benyamin:

ש«וַיֹּאמֶר יְהוּדָה אֶל-יִשְׂרָאֵל אָבִיו שִׁלְחָה הַנַּעַר אִתִּי וְנָקוּמָה וְנֵלֵכָה וְנִחְיֶה וְלֹא נָמוּת גַּם-אֲנַחְנוּ גַם-אַתָּה גַּם-טַפֵּנוּ.  אָנֹכִי אֶעֶרְבֶנּוּ מִיָּדִי תְּבַקְשֶׁנּוּ: אִם-לֹא הֲבִיאֹתִיו אֵלֶיךָ וְהִצַּגְתִּיו לְפָנֶיךָ וְחָטָאתִי לְךָ כָּל-הַיָּמִים.» (בראשית מג, ח-ט).ש

«Juda dit à Israël, son père: « Laisse aller le jeune homme avec moi, que nous puissions nous disposer au départ; et nous vivrons au lieu de mourir, nous et toi et nos familles. 9 C’est moi qui réponds de lui, c’est à moi que tu le redemanderas: si je ne te le ramène et ne le remets en ta présence, je me déclare coupable à jamais envers toi.» (Gen. 43: 8-9).

ש«כִּי עַבְדְּךָ עָרַב אֶת-הַנַּעַר מֵעִם אָבִי לֵאמֹר: אִם-לֹא אֲבִיאֶנּוּ אֵלֶיךָ וְחָטָאתִי לְאָבִי כָּל-הַיָּמִים.לג וְעַתָּה יֵשֶׁב-נָא עַבְדְּךָ תַּחַת הַנַּעַר עֶבֶד, לַאדֹנִי וְהַנַּעַר יַעַל עִם-אֶחָיו.  כִּי-אֵיךְ אֶעֱלֶה אֶל-אָבִי וְהַנַּעַר אֵינֶנּוּ אִתִּי פֶּן אֶרְאֶה בָרָע אֲשֶׁר יִמְצָא אֶת-אָבִי.» (בראשית מד, לב-לד).ש

«Car ton serviteur a répondu de cet enfant à son père, en disant: ‘Si je ne te le ramène, je serai coupable à jamais envers mon père.’33 Donc, de grâce, que ton serviteur, à la place du jeune homme, reste esclave de mon seigneur et que le jeune homme reparte avec ses frères. 34 Car comment retournerais-je près de mon père sans ramener son enfant? Pourrais-je voir la douleur qui accablerait mon père?» (Gen. 44: 32-34)[1]

La clé de l’heureux dénouement, lorsque Joseph se révèle à ses frères, réside dans ces trois termes mis en exergue: וְנִחְיֶה («Et nous vivrons», Gen. 43: 8), עָרַב (Racine verbale «se porter garant» Gen. 44: 32; Gen. 43: 9) et תַּחַת הַנַּעַר («à la place de…»). En d’autres termes, la responsabilité dont témoignent Juda et tous ses autres frères constitue l’expression d’une véritable et sincère intention de réparer le mal causé à leur frère Joseph. Le lien unissant Joseph et Jacob, le père commun à tous les frères, s’exprime par le terme עָרַב (être garant).

La rencontre est, alors, porteuse d’un sens historique ouvrant l’espoir de la réunion fraternelle d’Israël, prémices d’un monde où tous les hommes de la Planète Terre, marcheront ensemble.

Je vous invite à rejoindre le nouveau projet « Questions sur la Parashat HaShavoua» et à  nous faire part de votre interprétation.


Questions sur la Parashat VaYgash. Ce projet a pour dessein de mieux faire connaitre la source biblique. Des questions bibliques sont proposées. Vos réponses sont les bienvenues.

Shabbat shalom!

Avec toute mon amitié,

Si l’étude du TaNaKh vous fait rêver, n’hésitez pas à me joindre:
hebreubiblique@gmail.com

Au plaisir de vous retrouver,

 

 

[1] Parashat VaYgash: Genèse 44: 18- 47: 27

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1 Response to Parashat VaYgash, l’union des frères

  1. cathou dit :

    «  »Le meurtre d’Abel semble, dès les premières pages de la Genèse, marquer l’échec du programme divin d’une Humanité qui, à peine née, retournerait immédiatement à son néant originel. «  » Oui, mais la naissance de Seth est déjà un nouvel espoir.
    Le récit biblique est une évolution constante de la faiblesse vers la force.

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