Parashat Massei, Kfar HaTeimanim , le retour à Erets Israël

 

( Haïm Ouizemann, juillet 2016 ©)

( Haïm Ouizemann, juillet 2016 ©)

ש«וְהוֹרַשְׁתֶּם אֶת-הָאָרֶץ וִישַׁבְתֶּם-בָּהּ כִּי לָכֶם נָתַתִּי אֶת-הָאָרֶץ לָרֶשֶׁת אֹתָהּ» (במדבר לג, נג).ש

«Vous recevrez en héritage ainsi le pays et vous vous y établirez; car c’est à vous que je le donne à titre d’héritage» (Nombres 33: 53)[1]

Qui connaît Kfar HaTeimanim («le Village des Yéménites»), et qui peut prétendre l’avoir visité? Ce lieu, fondé il y a exactement 134 ans, se situe au Sud du Mur Occidental, non loin de la Piscine de Siloé, du Palais du roi David et du Mont des Oliviers.

Tout commence  en 1882,  lorsque quinze familles, toutes originaires du Yémen, s’installent en pionnières, en ce lieu désertique et totalement  inculte afin d’y fonder le Village qui porte encore leur nom: Kfar HaTeimanim. Mal acceptées par les communautés séfarades et ashkénazes de Jérusalem, ces familles vivront, dans un premier temps, dans des grottes.

L’alyah yéménite, connue sous le nom de «E’eleh BeTamar»[2]  s’inspire du verset biblique tiré du Cantique des Cantiques:

ש«אָמַרְתִּי אֶעֱלֶה בְתָמָר אֹחֲזָה בְּסַנְסִנָּיו» (שיר השירים ז, ט).ש

«Je me suis dit: Je monterai au palmier, je saisirai ses rameaux» (Cant. Des Cant. 7: 9)

Ces familles pauvres et très religieuses, animées par le souffle du retour de la Présence divine, aspirent à s’installer non loin du Har HaBayit («Mont du Temple»). Le célèbre journaliste Israël Dov Baer Froumkin (יִשְׂרָאֵל דּוֹב בֶּער פְרוּמְקִין) fonde, en 1883,  l’association «EzRaT NiDaKhiM» afin de soutenir ces familles vivant dans la plus grande pauvreté.

 La vie à Kfar HaTeimanim ( Haïm Ouizemann, juillet 2016 ©)

La vie à Kfar HaTeimanim ( Haïm Ouizemann, juillet 2016 ©)

En 1891, le Village s’enorgueillit de soixante-cinq maisons et d’une synagogue dont l’une des plus célèbres est dénommée «Beit HaDvash», «Maison du Miel». Deux rabbins dirigent la vie communautaire : Le rabbin Yossef Saïd Matsmoni et son successeur le rabbin Aaron Malia’h.

«Beit HaDvash», «Maison du Miel» ( Haïm Ouizemann, juillet 2016 ©)

«Beit HaDvash», «Maison du Miel» ( Haïm Ouizemann, juillet 2016 ©)

«Beit HaDvash», «Maison du Miel» ( Haïm Ouizemann, juillet 2016 ©)

«Beit HaDvash», «Maison du Miel» ( Haïm Ouizemann, juillet 2016 ©)

 

 

 

 

 

 

La virulente hostilité arabe, s’exprimant entre autres par l’interdiction faite aux Juifs d’accéder à la Piscine de Siloé, renforce l’enracinement des Yéménites déterminés à ne point quitter le Village en voie d’édification. Toute la Communauté Yéménite décide de s’investir pleinement pour bâtir de nouvelles bâtisses.

A la suite de la première guerre mondiale, nombreux sont les hommes à être enrôlés pour le travail forcé dans des camps militaires turcs. Et en dépit du départ d’une grande partie de sa population, 153 habitants juifs demeureront dans le Village.

En 1929, lors des pogroms survenus à Hébron, la Cité des Patriarches, les habitants de Kfar HaTeimanim furent contraints de fuir vers Jérusalem. A l’issue de ces pogroms, les habitants ayant fui  retournent progressivement chez eux. La famille arabe de Mo’hamad Jozlan se fera un honneur de protéger les Juifs du Village qui ne manqueront point de lui exprimer leur profonde gratitude.

Pogroms 1936 ( Haïm Ouizemann, juillet 2016 ©)

Pogroms 1936 ( Haïm Ouizemann, juillet 2016 ©)

Mais si les Arabes échouent, en 1929, dans leurs tentatives visant à décimer l’ensemble des Juifs de Kfar HaTeimanim grâce aux Arabes du Village, les Britanniques, lors des pogroms de 1936,  réussissent dans leur mission d’éradication de toute présence juive en ce lieu fondé sans violence 53 ans plus tôt par les Yéménites animés d’un farouche esprit pionnier. En effet, les autorités anglaises, sous prétexte d’«offrir» leur protection aux Juifs, leur imposent l’évacuation (1938) avec la promesse fallacieuse de les y ramener dès que la menace arabe viendrait à disparaître. Malgré les protestations provenant du Bureau Juif National situé à Jérusalem, la promesse des Autorités Britanniques ne fut jamais tenue!  Les maisons et leur contenu furent non seulement spoliés par les Arabes mais furent également la proie d’un vandalisme exacerbé par la haine du Juif et de sa présence en Erets, expression vivante de la réalisation de la Promesse divine:

ש «וַיֵּרָא יְהוָה אֶל-אַבְרָם וַיֹּאמֶר לְזַרְעֲךָ אֶתֵּן אֶת-הָאָרֶץ הַזֹּאת» (בראשית יב, ז).ש

 «L’Éternel apparut à Abram et dit : »C’est à ta postérité que je destine ce pays» (Gen. 12: 7)

Kfar HaTeimanim ( Haïm Ouizemann, juillet 2016 ©)

Kfar HaTeimanim ( Haïm Ouizemann, juillet 2016 ©)

A l’issue de la seconde guerre mondiale, le Président du Bureau Juif National Its’hak ben Tsvi – futur Président de l’Etat d’Israël- aspire à sérieusement restaurer le Village des Teimanim mais la guerre d’Indépendance qui éclate en 1948, met fin à ce rêve. Kfar HaTeimanim tombe aux mains des Jordaniens. Même après la guerre des Six jours et la victoire d’Israël sur la Jordanie, le statut juridique ne permet point le retour tant espéré.

En 2005, soit 67 ans après avoir été abandonné, le Village, lieu hautement historique, voit le retour des Juifs, y revenant dans le dessein de le restaurer et d’y habiter.

 

( Haïm Ouizemann, juillet 2016 ©)

( Haïm Ouizemann, juillet 2016 ©)

Notre fille Dévora et notre gendre Snir, animés de ce même souffle pionnier qui anima les premiers Olim Yéménites, y vivent aujourd’hui. Leur immeuble, plus connu sous le nom de «Beit Yonathan»,  situé au cœur même du quartier arabe, rappelle le devoir de notre peuple de renouveler, sans peur et sans reproche, sa présence dans tout Israël, au grand dam des Nations frappées de cécité morale et historique.  Moins de 20 familles juives y sont installées à ce jour, face à 17 000 habitants arabes.

Beit Yonathan

Beit Yonathan

 

A quelques jours de la commémoration du onzième anniversaire de l’expulsion de plus de 8000 Juifs du Goush Katif par le Premier Ministre Ariel Sharon, rappelons le droit absolu de tout juif de s’installer sur l’ensemble d’Erets  d’Israël.

( Haïm Ouizemann, juillet 2016 ©)

( Haïm Ouizemann, juillet 2016 ©)

 

 

ש«הוֹשִׁיעָה אֶת-עַמֶּךָ וּבָרֵךְ אֶת-נַחֲלָתֶךָ וּרְעֵם וְנַשְּׂאֵם עַד-הָעוֹלָם» (תהלים כח, ט).ש

«Sauve  ton peuple et bénis ton héritage: conduis-les comme un berger et soutiens-les jusque dans l’éternité». (Psaume 28: 9)

[1] Parashat Massei, Nombres 33: 1- 36: 13

[2] Le mot «BeTaMaR», extrait du Cant des Cant. 7: 9 renvoie à la date hébraïque  /תרמ »ב1882, date à laquelle les Yéménites montent en Israël.

Si l’étude du TaNaKh vous fait rêver, n’hésitez pas à me joindre:

hebreubiblique@gmail.com

Au plaisir de vous retrouver,

Shabbat shalom!

Avec toutes mes amitiés,

Haïm Ouizemann

Ce contenu a été publié dans Lectures bibliques, avec comme mot(s)-clé(s) , , , . Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

3 Responses to Parashat Massei, Kfar HaTeimanim , le retour à Erets Israël

  1. Cathou dit :

    Tous nos vœux de bonheurs et de longue vie paisible à Dévora et Snir.
    Ce village/quartier semble agréable, et riche d’un beau passé.

    Évidemment certains s’empresseront de fustiger la supra-colonisation, les juifs semblant vouloir envahir la terre entière d’après certains médias et certaines croyances. Il faut être maladivement jaloux, envieux, pour propager de telles absurdités, et réellement ignares pour les croire.

    Très objectivement, de manière assez cartésienne, quand Haïm me soutient qu’Israël, pays donné par Dieu aux hébreux, se doit de redevenir le Pays d’il y a plus de 2000ans, puisque cette terre est donnée aux fils d’Israël, d’Abraham etc.. . je lui réponds, invariablement: ce pays n’a plus eu d’existence géographique, ni politique en tant qu’ Israël durant environ 2 000 ans, le récit biblique n’est pas une raison suffisante.
    Ben oui, il en entend des vertes et des pas mûres mon frère Haïm, avec moi. (chrétienne, française, carnivore et fière de l’être, alors je vous laisse imaginer….)

    Toutefois si mon raisonnement n’est pas le même, nos conclusions se rejoignent invariablement:
    L’Histoire du peuple juif ces derniers 2 000 ans démontre une force, une maturité, une foi si grande, immense, en Dieu UN, que la puissance de cette foi inébranlable permet à ce peuple de soulever des montagnes, et aujourd’hui nous ne pouvons que constater que ce petit peuple (tellement petit sur une carte du monde), après avoir perdu son pays, après avoir été chassé partout sur cette terre, fustigé, bafoué, insulté, torturé … pas de refuge pour le juif, pas de pitié pour le juif, pas de passe-droit pour le juif… Tout juste a t’il le droit, voir même le devoir de se laisser exterminer.
    Bref Israël en 2016 est une VICTOIRE éclatante. Une Victoire du droit à la Vie, du droit de vivre sur la terre aimée des ancêtres.

    Pessimistes, rassurez-vous! les Juifs ne chercheront jamais à agrandir leur territoire plus que celui donné par Dieu, (Fiers mais pas conquérants); ils ne chercheront jamais à vous convertir au judaïsme (même s’ils sont persuadés d’avoir la seule bonne religion du monde) , ils ne chercheront jamais à vous imposer un changement culinaire (même s’ils pensent que vous êtes dégoutants de consommer du porc); ils ne chercheront jamais à changer vos lois (même s’ils sont persuadés que les leurs sont meilleures).

    Alors LONGUE VIE à Israël!!

  2. Marie-Louise dit :

    Merci pour la révélation de ces pans d’histoire inconnus de la majorité des gens. Vous plantez, vous bâtissez! quelle vision de vérité, de paix, de joie: la mission portée par Yirmeyahu (Jérémie 1:10) s’accomplit sous le regard d’Adonaï en Eretz Yisraël et sur ceux des nations qui s’y joignent (comme moi)…Je suis très reconnaissante d’avoir trouvé votre blog. Amitiés fraternelles de notre Qahal qui se regroupe chaque semaine . De la France et du Québec, nous prions que Devorah et Snir, pionniers courageux, soient abondamment protégés et bénis! Shalom!

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.