Parashat BeMidbar, les Lévi, une fidélité désintéressée

 La tribu de Levi, vitrail de Chagall (Hôpital Hadassa).

La tribu de Levi, vitrail de Chagall (Hôpital Hadassa).

Alors que l’Eternel ordonne à Moïse de dénombrer les fils d’Israël par tribu respective (Nombres 1: 2), la tribu des Lévi est totalement exclue de ce dénombrement:

ש«וְהַלְוִיִּם, לְמַטֵּה אֲבֹתָם לֹא הָתְפָּקְדוּ בְּתוֹכָם» (במדבר א: מז).ש

«Quant aux Lévi, eu égard à leur tribu paternelle, ils ne figurèrent point dans ce dénombrement» (Nombres 1: 47).[1]

Pourquoi la Tribu des Lévi n’est-elle point inclue dans ce dénombrement? S’agirait-il d’un privilège accordé en vertu d’un choix délibéré de la part de l’Eternel?

Selon la Tradition, les Lévi ne jouissent point d’un privilège octroyé arbitrairement mais portent sur leurs épaules une très lourde responsabilité, entre autres, celle de garder les instruments du Tabernacle et du Temple:

ש«וְאַתָּה הַפְקֵד אֶת הַלְוִיִּם עַל-מִשְׁכַּן הָעֵדֻת וְעַל כָּל-כֵּלָיו וְעַל כָּל-אֲשֶׁר-לוֹ הֵמָּה יִשְׂאוּ אֶת-הַמִּשְׁכָּן וְאֶת-כָּל-כֵּלָיו וְהֵם יְשָׁרְתֻהוּ וְסָבִיב לַמִּשְׁכָּן יַחֲנוּ» (במדבר א: נ).ש

«Mais tu préposeras les Lévites au tabernacle du Témoignage, à tous ses instruments et à tout ce qui lui appartient: ce sont eux qui porteront le tabernacle et tous ses instruments, eux qui en feront le service, et qui doivent camper à l’entour» (Nombres 1: 50).

La lourde charge du culte divin leur échoit du fait de leur attitude responsable et consciente de ne point participer au syncrétisme prévalant à travers le culte du veau d’or, alors que tout Israël s’y adonne:

ש«וַיַּעֲשֵׂהוּ עֵגֶל מַסֵּכָה וַיֹּאמְרוּ אֵלֶּה אֱלֹהֶיךָ יִשְׂרָאֵל אֲשֶׁר הֶעֱלוּךָ מֵאֶרֶץ מִצְרָיִם» (שמות לב: ד).ש

«…Il en fit un veau de métal; et ils dirent: « Voilà tes dieux, ô Israël, qui t’ont fait sortir du pays d’Égypte!» (Exode 32: 4).

Or, le culte du Dieu d’Israël ne supporte aucun syncrétisme:

ש«וְאֵין אֱלֹהִים עִמָּדִי» (דברים לב: לט).ש

«Nul dieu à côté de moi! [Avec moi]» (Deutéronome 32: 39)

Cette lourde vocation supportée par les Lévi les oblige à lui être totalement consacrés:

ש«הָאֹמֵר לְאָבִיו וּלְאִמּוֹ לֹא רְאִיתִיו וְאֶת-אֶחָיו לֹא הִכִּיר וְאֶת-בָּנָו לֹא יָדָע כִּי שָׁמְרוּ אִמְרָתֶךָ וּבְרִיתְךָ יִנְצֹרוּ» (דברים לג: ט).ש

«…Qui dit de son père et de sa mère: « Je ne les considère point « , qui n’a pas égard à ses frères et ne connaît pas ses enfants. Uniquement fidèle à ta parole, gardien de ton alliance» (Deut: 33: 9).

Les Lévi ne sont élus par l’Eternel qu’à la suite de l’échec des aînés qui ont eux aussi participé au culte du veau d’or, entraînant une punition très sévère:

ש«וַיֹּאמֶר מֹשֶׁה מִלְאוּ יֶדְכֶם הַיּוֹם לַיהוָה כִּי אִישׁ בִּבְנוֹ וּבְאָחִיו וְלָתֵת עֲלֵיכֶם הַיּוֹם בְּרָכָה» (שמות לב: כט).ש

«Moïse dit: « Consacrez-vous dès aujourd’hui à l’Éternel, parce que chacun l’a vengé sur son fils, sur son frère et que ce jour vous a mérité sa bénédiction» (Ex. 32: 29).

Ces derniers, loin de garder fidèlement  la flamme sacrée du divin, démissionnent totalement de leur vocation première en profanant le Nom de l’Eternel:

ש«קַח אֶת-הַלְוִיִּם תַּחַת כָּל-בְּכוֹר בִּבְנֵי יִשְׂרָאֵל» (במדבר ג: מה).ש

«Prends les Lévites à la place de tous les premiers-nés des enfants d’Israël» (Nombres 3: 45)

La bénédiction de Moïse s’enracine, donc, sur la fidélité absolue des Lévi à l’égard de la Parole divine sans l’espoir d’une quelconque contrepartie. Le prophète Elie (Elyiahou) met en garde Israël contre la menace du culte syncrétiste qu’il a adopté:

ש«וַיִּגַּשׁ אֵלִיָּהוּ אֶל-כָּל-הָעָם וַיֹּאמֶר עַד-מָתַי אַתֶּם פֹּסְחִים עַל-שְׁתֵּי הַסְּעִפִּים אִם יְהוָה הָאֱלֹהִים לְכוּ אַחֲרָיו וְאִם-הַבַּעַל לְכוּ אַחֲרָיו» (מלכים א, יח: כא).ש

«Elie s’avança devant tout le peuple, et s’écria: « Jusqu’à quand clocherez-vous entre les deux partis? Si l’Eternel est le vrai Dieu, suivez-le; si c’est Baal, suivez Baal!» (I Rois, 18: 21).

L’élection des Lévi par l’Eternel enseigne à l’Homme deux grands principes: le premier: l’octroi de la récompense est proportionnel au labeur investi (Maximes des Pères 5: 23), le second: le culte désintéressé à l’Eternel sans espoir d’une probable rétribution (Maximes des Pères 1:3).

Ces principes, règles d’Or du Service divin, constituent la voie royale de l’accomplissement spirituel et de l’acceptation de nos prières. N’oublions jamais: l’Eternel ne doit rien à l’Homme! C’est bien ce dernier qui est redevable du Divin.

[1] Parashat BeMidbar Nombres 1: 1- 4: 20

 

Au plaisir de vous retrouver,

Shabbat shalom!

,Avec toutes mes amitiés

Haïm Ouizemann

hebreubiblique@gmail.com

 

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