Parashat BeShala’h, La vocation de l’Invocation à l’Eternel

Comment louer l’Eternel après la sortie d’Egypte et plus particulièrement le miracle de la fente des eaux?

יא מִי-כָמֹכָה בָּאֵלִם יְהוָה  מִי  כָּמֹכָה נֶאְדָּר בַּקֹּדֶשׁ נוֹרָא תְהִלֹּת עֹשֵׂה  פֶלֶא. (שמות טו: יא).ש

11 Qui t’égale parmi les forts, Éternel? Qui est, comme toi, paré de sainteté; terrible à la louange, fécond en merveilles? (Exode 15: 11)[1]

Que signifie «Terrible à la louange»? Le commentateur Rachi suggère que «L’on craint de réciter tes louanges, de peur d’en dire trop peu, comme dans : ‘pour toi, le silence est une louange’ (Psaume 65: 2)»[2]. En effet, aussi grande que puisse être une louange de gratitude, celle-ci peut-elle être en mesure de décrire pleinement la bonté de l’Eternel ? Peut-être vaudrait-il mieux conserver le silence face à l’incommensurable grandeur de l’Eternel afin de ne point en amoindrir sa portée:

ו  מַה-גָּדְלוּ מַעֲשֶׂיךָ יְהוָה מְאֹד עָמְקוּ מַחְשְׁבֹתֶיךָ. (תהלים צב: ו).ש

6 Qu’elles sont grandes tes œuvres, ô Eternel, infiniment profondes tes pensées! (Psaume 92: 6)

Certes, le silence peut être à la mesure infinie de la grandeur divine. Or, c’est au sein même de ce silence que jaillit la joie (שִׂמְחָה SiM’HaH), expression d’une infinie gratitude:

א  בָּרְכִי נַפְשִׁי  אֶת-יְהוָה
יְהוָה אֱלֹהַי גָּדַלְתָּ מְּאֹד  הוֹד וְהָדָר לָבָשְׁתָּ (תהלים קד: א).ש

1 Bénis, mon âme, l’Eternel! Eternel, mon Seigneur, tu es infiniment grand; tu es vêtu de splendeur et de majesté! (Psaume 104: 1).

Cette joie infinie naissant au plus profond de l’âme s’exprime dans le chant, le cantique, la musique:

לג  אָשִׁירָה לַיהוָה בְּחַיָּי אֲזַמְּרָה לֵאלֹהַי בְּעוֹדִי. לד  יֶעֱרַב עָלָיו שִׂיחִי  אָנֹכִי אֶשְׂמַח בַּיהוָה. (תהלים לג-לד).ש

33 Je veux chanter l’Eternel ma vie durant, célébrer mon Seigneur tant que j’existerai. 34 Puisse mon cantique lui être agréable! Moi, je me délecte en l’Eternel. (Psaume 104: 33-34).

Ainsi, la  louange de remerciement des Hébreux sauvés des eaux scelle l’Alliance avec l’Eternel et s’inscrit dans le prolongement des trois Patriarches d’Israël, Avraham, Its’hak et Ya’akov, dont leurs autels (sans sacrifices) sont l’expression de leur gratitude insondable[3]:

ז וַיֵּרָא יְהוָה אֶל-אַבְרָם וַיֹּאמֶר לְזַרְעֲךָ אֶתֵּן אֶת-הָאָרֶץ הַזֹּאת וַיִּבֶן שָׁם מִזְבֵּחַ לַיהוָה הַנִּרְאֶה אֵלָיו. ח וַיַּעְתֵּק מִשָּׁם הָהָרָה מִקֶּדֶם לְבֵית-אֵל וַיֵּט אָהֳלֹה בֵּית-אֵל מִיָּם וְהָעַי מִקֶּדֶם, וַיִּבֶן-שָׁם מִזְבֵּחַ לַיהוָה וַיִּקְרָא בְּשֵׁם יְהוָה. (בראשית יב: ז-ח).ש

7 L’Éternel apparut à Abram et dit : »C’est à ta postérité que je destine ce pays. » Il bâtit en ce lieu un autel au Dieu qui lui était apparu. 8 Il se transporta de là vers la montagne à l’est de Béthel et y dressa sa tente, ayant Béthel à l’occident et Aï à l’orient; il y érigea un autel à l’Eternel, et il proclama le nom de l’Éternel. (Genèse 12: 7-8)

S’il ne sacrifie point sur son autel, Avraham y invoque le Nom de l’Eternel:

ג וַיֵּלֶךְ לְמַסָּעָיו מִנֶּגֶב וְעַד-בֵּית-אֵל עַד-הַמָּקוֹם אֲשֶׁר-הָיָה שָׁם אָהֳלֹה בַּתְּחִלָּה, בֵּין בֵּית-אֵל וּבֵין הָעָי. ד אֶל-מְקוֹם הַמִּזְבֵּחַ אֲשֶׁר-עָשָׂה שָׁם בָּרִאשֹׁנָה וַיִּקְרָא שָׁם אַבְרָם בְּשֵׁם יְהוָה. (בראשית יג: ג-ד).

3 Il repassa par ses pérégrinations, depuis le midi, jusqu’à Béthel, jusqu’à l’endroit où avait été sa tente la première fois, entre Béthel et Aï, 4 à l’endroit où se trouvait l’autel qu’il y avait précédemment érigé. Abram y proclama le nom de l’Éternel. (Genèse 13: 3-4)

Si l’autel en soi exprime essentiellement le lien intangible entre ce que ressent la créature humaine (Avraham) en son for intérieur et l’Eternel, l’arbre peut manifester la même notion de gratitude:

לג וַיִּטַּע אֶשֶׁל בִּבְאֵר שָׁבַע וַיִּקְרָא שָׁם בְּשֵׁם יְהוָה אֵל עוֹלָם. (בראשית כא: לג).ש

33 Abraham planta un tamaris à Béer Cheva et y proclama le Seigneur, Dieu éternel. (Genèse 21: 33).

Son fils Its’hak, suivant ses traces, érige lui aussi un autel sans sacrifices pour exprimer sa gratitude envers l’Eternel qui vient de renouveler son Alliance avec lui:

כה וַיִּבֶן שָׁם מִזְבֵּחַ וַיִּקְרָא בְּשֵׁם יְהוָה  וַיֶּט-שָׁם אָהֳלוֹ  וַיִּכְרוּ-שָׁם עַבְדֵי-יִצְחָק, בְּאֵר. (בראשית כו: כה).ש

25 Il érigea en ce lieu un autel et proclama le nom de l’Éternel. Il y dressa sa tente et ses serviteurs y creusèrent un puits. (Genèse 26: 25).

Les commentateurs s’interrogent sur la signification de l’invocation à l’Eternel exprimée par Avraham et Its’hak.  Le commentateur Rabbi Avraham Ibn Ezra (אַבְרָהָם אִבְּן עֶזְרָא, RaBa’  1089-1167), soutient la thèse selon laquelle l’invocation du Tétragramme peut être comprise comme une «prière» (terme synonyme de «invocation») adressée à L’Eternel, s’inspirant de l’interprétation proposée par Rashi. Cependant, il propose une seconde interprétation selon laquelle il s’agirait d’«un appel adressé aux hommes à rendre un culte à l’Eternel Un» (Genèse 12: 8). Il emporte ainsi l’approbation du commentateur Na’hmanide. Toutefois, il s’interroge sur l’absence d’une telle invocation explicite du Nom de l’Eternel par le Patriarche Yaakov[4]. Il en déduit que:

«… Il (Jacob) enfanta de nombreux enfants, tous serviteurs de l’Eternel, et qu’il avait une grande communauté « עֵדָה » dénommée ‘Témoin « עֵד » d’Israël, [deux mots ayant les mêmes racines en hébreu (יִשְׂרָאֵל-עֲדַת ‘aDaT ISRaëL)] grâce auxquels la croyance [en une Divinité unique] fut promulguée parmi chaque  peuple et aussi, depuis l’époque des Patriarches, cette croyance se propagea dans tout le pays de Canaan. Ainsi, les Sages en déduisent dans Bereshit Rabba 39: 16 qu’il [Avraham] fit invoquer le Nom du Saint béni Soit-Il par chaque créature». [5] Autrement dit, les trois Patriarches poursuivent un dessein identique, celui de faire reconnaître par chaque Nation l’Unicité de l’Eternel. L’Islam adhère à ce principe d’Unicité de tawḥīd directement emprunté au principe de la foi d’Israël: «Shema… Ehad». Certains courants judéo-chrétiens unitaristes comme l’Ebionisme dont Jacques (Jacob), le frère de Jésus, sera le chef spirituel, rejetteront la thèse de la divinité de Jésus, à l’opposé de l’Eglise paulinienne, la future église catholique. En effet, selon ces premières églises judéo-chrétiennes, la divinité ne peut se fondre dans l’Humanité, deux concepts qui, tout en ayant des points communs, sont totalement indépendants l’un de l’autre, comme un père l’est de son enfant.

Les Hébreux, hommes, femmes et enfants unis d’un seul et même cœur après la séparation des eaux de la Mer des Joncs, entonnent tous en chœur le chant de Libération, le Cantique de la Mer: «Je veux chanter/ Ashira/ אָשִׁירָה», dans un élan d’infinie gratitude envers le Seigneur salvateur. Comme une seule âme et un seul homme, ils invoquent sans équivoque la grandeur de l’Eternel et annoncent à l’ensemble de l’Humanité qu’Il est le Maître de l’Univers et de l’Histoire:

יח יְהוָה יִמְלֹךְ לְעֹלָם וָעֶד. (שמות טו: יח).ש

18 L’Éternel régnera à tout jamais! (Exode 15:18).

Ainsi, le peuple hébreu rappelle à l’Humanité que cette invocation de l’Eternel est absolument universelle et que, s’il en est le gardien, c’est pour qu’elle s’étende enfin à toute l’Humanité, car le premier à avoir invoqué le Nom divin fut Sheth, le fils d’Adam, qui appela son fils Enoch («Humanité»):

כו וּלְשֵׁת גַּם-הוּא יֻלַּד-בֵּן וַיִּקְרָא אֶת-שְׁמוֹ אֱנוֹשׁ אָז הוּחַל לִקְרֹא בְּשֵׁם יְהוָה.  (בראשית ד: כו).ש

26 A Sheth, lui aussi, il naquit un fils; il lui donna pour nom Énoch. Alors on commença d’invoquer le nom de l’Éternel. (Gen. 4: 26)

La vocation de l’Humanité: l’invocation divine!

ט כִּי-אָז אֶהְפֹּךְ אֶל-עַמִּים שָׂפָה בְרוּרָה לִקְרֹא כֻלָּם בְּשֵׁם יְהוָה לְעָבְדוֹ שְׁכֶם אֶחָד. (צפניה ג: ט).ש

9 Mais alors aussi je gratifierai les peuples d’un idiome épuré, pour que tous ils invoquent le nom de l’Eternel et l’adorent d’un cœur unanime. (Tséfania 3: 9).

[1] Parashat BeShala’h Exode 3: 13- 17: 16

[2] Rachi sur le verset Exode 15: 11.

[3] Notons la savante allitération entre les deux verbes: אֲזַמְּרָה  / AZaMeRaH (Je veux chanter) et אֶשְׂמַח/ eSMa’H (Je serai heureux).

[4] Notons que, si Jacob n’invoque (racine: קרא ) point directement l’Eternel, il appelle (racine: קרא ) les autels qu’il bâtit du Nom divin. Or, les verbes «invoquer» et «appeler» sont identiques en hébreu:

כ וַיַּצֶּב-שָׁם מִזְבֵּחַ וַיִּקְרָא-לוֹ אֵל אֱלֹהֵי יִשְׂרָאֵל. (בראשית לג: כ).ש 20 Il y érigea un autel qu’il dénomma: « le Seigneur est le Dieu d’Israël. » (Genèse 33: 20).
ז וַיִּבֶן שָׁם מִזְבֵּחַ וַיִּקְרָא לַמָּקוֹם אֵל בֵּית-אֵל. (בראשית לה: ז).ש 7 Là il dressa un autel et il appela l’endroit Él béth Él. (Genèse 35: 7).

 

[5] La racine verbale ק. ר. א. / K. R. A. peut revêtir également le sens de «rendre un culte» (Tsefania 3: 9; Jérémie 10: 25).

Au plaisir de vous retrouver,

Shabbat shalom!

hebreubiblique@gmail.com

Avec toutes mes amitiés,

Haïm Ouizemann

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5 Responses to Parashat BeShala’h, La vocation de l’Invocation à l’Eternel

  1. MIMOUNI dit :

    Hazak Ou-Barou’h. une grande GUEOULA Chelema. a toutes IsraËL. Amen. Barou’ h Hashem. 36. Marc Amen. Y-Achir Didier. Lion de Judah. Avia. kol touv.

  2. cathou dit :

    Terribles louanges: mon texte traduit: « ..Qui est comme toi, éclatant de sainteté, Redoutable en ses exploits.. »
    le mot terrible, en français suggère la frayeur, l’intense frayeur, l’épouvante, mais aussi le respect.
    Quand au mot louange de fut initialement considéré comme un « titre de gloire ».
    Donc que l’on traduise « terribles louanges » ou redoutable en exploit » on retrouve cette force incroyable du Seigneur, cette force qui dompte tout sur son passage.

    J’ai eu l’occasion de lire ce cantique de Moïse à l’Église, donc à haute voix devant une assemblée. Ce texte est splendide, mais tous les mots pourtant très simples, y sont tellement forts que c’est un texte très difficile à lire si on veut arriver à transmettre la force de ce texte.
    Ma voix n’a pas cette force nécessaire pour lire un tel texte.
    Peut-être, en effet, ce texte demande une lecture plus silencieuse, individuelle, que partagée, comme la grandeur de Dieu ne peut guère être mieux exprimée que dans le silence: les mots manquent

  3. cathou dit :

    «  »…la divinité ne peut se fondre dans l’Humanité, deux concepts qui, tout en ayant des points communs, sont totalement indépendants l’un de l’autre, comme un père l’est de son enfant » ».
    OUI, c’est pour ça qu’il est important de préserver, de se battre pour la richesse de la pensée humaine.
    L’Hindouisme se base sur un principe UN, Dieu est TOUT, donc l’humain est Dieu aussi, et on retrouve cette définition à Genèse 1, 27: « Dieu créa l’homme à son image. à l’image de Dieu il le créa; .. » On retrouve cette définition à Genèse 4; 22: « Voici que l’homme est devenu l’un de nous.. » et on retrouve cette définition dans Jésus fils de Dieu, qui va jusqu’à affirmer que Jésus est Dieu fait homme.
    Mais dans l’Hindouisme on trouve, aussi, très exactement le contraire de cette affirmation, principe entièrement développé dans le Bouddhisme, qui va, peut-être, encore plus loin que l’Hindouisme, le Judaïsme, le Christianisme et l’Islam: L’Éternel est l’Éternel, l’humain n’est que de passage, l’humain porte, seul, le poids de son passé, de son présent, de son futur.
    On retrouve ce contraire dans la seule affirmation répétée « Dieu créa l’homme à son image; à l’image de Dieu il le créa » et on retrouve ce contraire dans Jésus fils de Dieu, jésus qui affirme qu’un jour l’homme deviendra le fils de l’homme.

    Dans ces pensées qui s’opposent, se contredisent, il y a bien des points à la fois communs et à la fois indépendants:
    – que l’humain porte Dieu en lui, le soumet tout de même à Dieu, car l’humain n’est pas Dieu dans sa totalité, dans sa terrifiante forte.
    – que l’humain soit si loin du divin, si éloigné pour toutes les raisons possibles et inimaginables, il est, tout de même soumis à Dieu
    A la fois tellement proche et tellement loin!! Tellement spectateur des beautés et des horreurs qui nous entoure; et Tellement acteur des beautés et horreurs.

  4. Grażyna dit :

    Certains courants judéo-chrétiens unitaristes comme l’Ebionisme dont Jacques (Jacob), le frère de Jésus, sera le chef spirituel, rejetteront la thèse de la divinité de Jésus, à l’opposé de l’Eglise paulinienne, la future église catholique.
    La lecture de l’Epitre de Jacob ni d’autres ecrits du NT ne permet pas une telle affermation. Pour moi, c’est une interpretation abusive. Ou est-ce que tu as trouve ca?

    • Shalom Grazyna,
      Ta question est très pertinente. Permets-moi de te la retourner: en aucun endroit dans aucun des textes évangéliques on ne trouve l’affirmation que Jésus est Dieu. A moins que tu n’aies trouvé une référence, un verset spécifiques?
      Il y a bien l’affirmation de Pierre: « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant. » (Matthieu 16, 16.). Mais Jésus demande à ses disciples de se taire à ce sujet: « Alors il recommanda aux disciples de ne dire à personne qu’il était le Christ. » (Matthieu 16: 20).
      On remarquera par ailleurs que dans les plus anciennes versions de la Peshitta, ces versets Matthieu 16: 16-20 n’existent pas.
      Revenons au terme: « fils du Dieu vivant », car c’est sur ce terme que l’Eglise affirme la divinité de Jésus. Or, ce n’est pas une expression biblique, en-dehors de son sens strict, « fils de Dieu » en ce sens que, comme le monde et les êtres humains ont été créés par Dieu, nous sommes tous ses enfants et chaque être humain est son enfant. Jésus est l’un d’entre eux.
      Donc, Pierre étant Juif de tradition juive, hébraïque et biblique, il ne peut avoir donné de sens divin à son affirmation.
      De plus, Pierre étant Juif de tradition hébraïque et biblique, il connaissait bien l’épisode de veau d’or. Or, pour qui lit bien ce texte, l’Eternel entre dans une grande colère contre les Hébreux justement parce qu’ils ont divinisé un homme: Moïse. En effet, il est écrit: « Le peuple, voyant que Moïse tardait à descendre de la montagne, s’attroupa autour d’Aaron et lui dit: « Allons! fais-nous un dieu qui marche à notre tête, puisque celui-ci, Moïse, l’homme qui nous a fait sortir du pays d’Égypte, nous ne savons ce qu’il est devenu. » (Exode 32: 1). Donc, en voyant disparaître Moïse, ils ont cru que c’était le Tout-Puissant qui disparaissait. Ils ont donc divinisé la personne de Moïse. On connaît la suite. Les Juifs, descendants des Hébreux, ont bien retenu la leçon pour avoir bu la boisson contenant l’or du veau d’or (Exode 32: 20). Cette divinisation d’un homme en la personne de Jésus est d’ailleurs la pierre d’achoppement qui divise Juifs et Chrétiens.
      Depuis ce temps-là, aucun homme ne saurait être divinisé dans la tradition juive et hébraïque. Pas plus Jésus que Moïse.
      Au contraire, cette affirmation de la divinité de Jésus est tardive et vient du monde païen, qui a connu beaucoup de demi-dieux dans ses traditions diverses, avec un dieu s’unissant à une fille d’hommes, et engendrant des « demi-dieux ».
      C’est reconnu dans la Bible avec ces versets: « les fils de la race divine trouvèrent que les filles de l’homme étaient belles, et ils choisirent pour femmes toutes celles qui leur convinrent. L’Éternel dit: « Mon esprit n’animera plus les hommes pendant une longue durée, car lui aussi devient chair. Leurs jours seront réduits à cent vingt ans. » Les Nefilim parurent sur la terre à cette époque et aussi depuis, lorsque les hommes de Dieu se mêlaient aux filles de l’homme et qu’elles leur donnaient des enfants. Ce furent ces forts d’autrefois, ces hommes si renommés.  » (Genèse 6: 2-4). Cependant, c’est bien pour avoir divinisé des êtres humains que Dieu voit que leur esprit est mauvais et il prévoit le Déluge.
      Les courants judéo-chrétiens des tout premiers siècles ne pouvaient donc connaître une telle affirmation de la divinisation d’un homme, fût-ce Jésus, et c’est ce qui divisera à jamais l’Eglise et les différents courants chrétiens venus du monde païen, et le judaïsme nourri de la tradition hébraïque biblique.
      Avec toutes mes amitiés. Haim O,

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