Parashat Tsav, le Retour au Végétalisme

Kevin Rene Richardson

Kevin Rene Richardson

La graisse animale (חֵלֶב ‘HeLeV[1]), considérée comme la meilleure des parties du sacrifice, fut offerte par Abel à l’Eternel (Genèse 4: 4). La Parasha Tsav en interdit la consommation à l’ensemble d’Israël:

כב וַיְדַבֵּר יְהוָה אֶל-מֹשֶׁה לֵּאמֹר. כג דַּבֵּר אֶל-בְּנֵי יִשְׂרָאֵל לֵאמֹר  כָּל-חֵלֶב שׁוֹר וְכֶשֶׂב וָעֵז- לֹא   תֹאכֵלוּ. כד וְחֵלֶב נְבֵלָה וְחֵלֶב טְרֵפָה יֵעָשֶׂה לְכָל-מְלָאכָה וְאָכֹל לֹא תֹאכְלֻהוּ.  כה כִּי כָּל-אֹכֵל חֵלֶב מִן-הַבְּהֵמָה אֲשֶׁר יַקְרִיב מִמֶּנָּה אִשֶּׁה לַיהוָה וְנִכְרְתָה הַנֶּפֶשׁ הָאֹכֶלֶת מֵעַמֶּיהָ. כו וְכָל-דָּם לֹא תֹאכְלוּ בְּכֹל מוֹשְׁבֹתֵיכֶם לָעוֹף וְלַבְּהֵמָה. כז כָּל-נֶפֶשׁ אֲשֶׁר-תֹּאכַל כָּל-דָּם וְנִכְרְתָה הַנֶּפֶשׁ הַהִוא מֵעַמֶּיהָ. (ויקרא ז: כב-כז. ראה ויקרא ג: יז).ש

22 L’Éternel parla ainsi à Moïse: 23 « Parle aux enfants d’Israël en ces termes: Toute graisse de bœuf, de brebis et de chèvre, vous n’en devez point manger. 24 La graisse d’une bête morte et celui d’une bête déchirée pourront être employés à un usage quelconque; quant à en manger, vous n’en mangerez point. 25 Car, quiconque mangera de la graisse de l’animal dont l’espèce est offerte en sacrifice au Seigneur, cette personne sera retranchée de son peuple. 26 Vous ne mangerez, dans toutes vos demeures, aucune espèce de sang, soit d’oiseau, soit de quadrupède. 27 Toute personne qui aura mangé d’un sang quelconque, cette personne sera retranchée de son peuple. » (Lévitique 7: 22-27. Voir Lévitique 3: 17)

Cet interdit absolu de  consommation du חֵלֶב ‘HeLeV (graisse animale) ne laisse aucune place à un quelconque compromis ou arrangement avec l’Eternel. Il s’accompagne d’un même interdit absolu concernant le sang animal:

וְאִישׁ אִישׁ מִבֵּית יִשְׂרָאֵל וּמִן-הַגֵּר הַגָּר בְּתוֹכָם אֲשֶׁר יֹאכַל כָּל-דָּם וְנָתַתִּי פָנַי בַּנֶּפֶשׁ הָאֹכֶלֶת אֶת-הַדָּם וְהִכְרַתִּי אֹתָהּ מִקֶּרֶב עַמָּהּ. יא כִּי נֶפֶשׁ הַבָּשָׂר בַּדָּם הִוא וַאֲנִי נְתַתִּיו לָכֶם עַל-הַמִּזְבֵּחַ לְכַפֵּר עַל-נַפְשֹׁתֵיכֶם  כִּי-הַדָּם הוּא בַּנֶּפֶשׁ יְכַפֵּר. יב עַל-כֵּן אָמַרְתִּי לִבְנֵי יִשְׂרָאֵל כָּל-נֶפֶשׁ מִכֶּם לֹא-תֹאכַל דָּם וְהַגֵּר הַגָּר בְּתוֹכְכֶם לֹא-יֹאכַל דָּם. יג וְאִישׁ אִישׁ מִבְּנֵי יִשְׂרָאֵל וּמִן-הַגֵּר הַגָּר בְּתוֹכָם, אֲשֶׁר יָצוּד צֵיד חַיָּה אוֹ-עוֹף, אֲשֶׁר יֵאָכֵל וְשָׁפַךְ אֶת-דָּמוֹ וְכִסָּהוּ בֶּעָפָר. יד כִּי-נֶפֶשׁ כָּל-בָּשָׂר דָּמוֹ בְנַפְשׁוֹ הוּא וָאֹמַר לִבְנֵי יִשְׂרָאֵל דַּם כָּל-בָּשָׂר לֹא תֹאכֵלוּ  כִּי נֶפֶשׁ כָּל-בָּשָׂר דָּמוֹ הִוא כָּל-אֹכְלָיו יִכָּרֵת. (ויקרא יז: י-יד).ש

10 Quiconque aussi, dans la maison d’Israël ou parmi les étrangers établis au milieu d’eux, mangera de quelque sang, je dirigerai mon regard sur la personne qui aura mangé ce sang, et je la retrancherai du milieu de son peuple. 11 Car le principe vital de la chair gît dans le sang, et moi je vous l’ai accordé sur l’autel, pour procurer l’expiation à vos personnes; car c’est le sang qui fait expiation pour la personne. 12 C’est pourquoi j’ai dit aux enfants d’Israël: Que nul d’entre vous ne mange du sang, et que l’étranger résidant avec vous n’en mange point. 13 Tout homme aussi, parmi les enfants d’Israël ou parmi les étrangers résidant avec eux, qui aurait pris un gibier, bête sauvage ou volatile, propre à être mangé, devra en répandre le sang et le couvrir de terre. 14 Car le principe vital de toute créature, c’est son sang qui est dans son corps, aussi ai-je dit aux enfants d’Israël: Ne mangez le sang d’aucune créature. Car la vie de toute créature c’est son sang: quiconque en mangera sera retranché.[2] (Lévitique 17: 10-14)

Pourquoi le texte du Lévitique insiste-t-il tant sur l’interdit de consommer la graisse et le sang des sacrifices?

Ces deux interdits de consommation de חֵלֶב ‘Helev (graisse animale) et de דָּם Dam (sang) sont étroitement liés. En effet, tous deux visent à rappeler à Israël le principe fondamental de la sainteté de la Vie. Le ‘Helev enveloppe les principaux organes vitaux de l’animal (Lévitique 3: 14-16) et s’avère essentiel à leur bon fonctionnement. Quant au sang, en lui coule le principe suprême de la Vie:

יא כִּי נֶפֶשׁ הַבָּשָׂר בַּדָּם הִוא וַאֲנִי נְתַתִּיו לָכֶם עַל-הַמִּזְבֵּחַ לְכַפֵּר עַל-נַפְשֹׁתֵיכֶם כִּי-הַדָּם הוּא בַּנֶּפֶשׁ יְכַפֵּר. (ויקרא יז: יא).ש

11 Car le principe vital de la chair gît dans le sang, et moi je vous l’ai accordé sur l’autel, pour procurer l’expiation à vos personnes; car c’est le sang qui fait expiation pour la personne. (Lévitique 17: 11).

Ce principe vital, «NeFeSh»  נֶפֶשׁ n’est point sans rappeler le terme נֶפֶשׁ חַיָּה NeFeSh Hayah («âme vivante») employé pour désigner aussi bien l’animal (Genèse 2: 19) que l’Homme lui-même (Genèse  2: 7).

Le sacrifice de l’animal ne peut être effectué que dans l’enceinte du Tabernacle, sur l’autel des sacrifices. La Tora impose des limites drastiques au mode de sacrifice. Ainsi, tout homme qui en consommerait la chair en-dehors de l’enceinte serait considéré comme un meurtrier!

ג אִישׁ אִישׁ מִבֵּית יִשְׂרָאֵל אֲשֶׁר יִשְׁחַט שׁוֹר אוֹ-כֶשֶׂב אוֹ-עֵז בַּמַּחֲנֶה אוֹ אֲשֶׁר יִשְׁחַט מִחוּץ לַמַּחֲנֶה.  ד וְאֶל-פֶּתַח אֹהֶל מוֹעֵד לֹא הֱבִיאוֹ לְהַקְרִיב קָרְבָּן לַיהוָה לִפְנֵי מִשְׁכַּן יְהוָה דָּם יֵחָשֵׁב לָאִישׁ הַהוּא דָּם שָׁפָךְ וְנִכְרַת הָאִישׁ הַהוּא מִקֶּרֶב עַמּוֹ.  ה לְמַעַן אֲשֶׁר יָבִיאוּ בְּנֵי יִשְׂרָאֵל אֶת-זִבְחֵיהֶם אֲשֶׁר הֵם זֹבְחִים עַל-פְּנֵי הַשָּׂדֶה וֶהֱבִיאֻם לַיהוָה אֶל-פֶּתַח אֹהֶל מוֹעֵד אֶל-הַכֹּהֵן וְזָבְחוּ זִבְחֵי שְׁלָמִים לַיהוָה אוֹתָם.  ו וְזָרַק הַכֹּהֵן אֶת-הַדָּם עַל-מִזְבַּח יְהוָה פֶּתַח אֹהֶל מוֹעֵד; וְהִקְטִיר הַחֵלֶב לְרֵיחַ נִיחֹחַ לַיהוָה.  ז וְלֹא-יִזְבְּחוּ עוֹד אֶת-זִבְחֵיהֶם לַשְּׂעִירִם אֲשֶׁר הֵם זֹנִים אַחֲרֵיהֶם:  חֻקַּת עוֹלָם תִּהְיֶה-זֹּאת לָהֶם לְדֹרֹתָם. (ויקרא יז: ג-ז).ש

3 Tout homme de la maison d’Israël qui égorgera une pièce de gros bétail, ou une bête à laine ou une chèvre, dans le camp, ou qui l’égorgera hors du camp, 4 sans l’avoir amenée à l’entrée de la Tente d’assignation pour en faire une offrande à l’Éternel, devant son tabernacle, il sera réputé meurtrier, cet homme, il a répandu le sang; et cet homme-là sera retranché du milieu de son peuple.5 Afin que les enfants d’Israël amènent leurs victimes, qu’ils sacrifient en plein champ, qu’ils les amènent désormais à l’Éternel, à l’entrée de la Tente d’assignation, au pontife, et qu’ils les égorgent comme victimes rémunératoires en l’honneur de l’Éternel. 6 Et le prêtre lancera le sang sur l’autel de l’Éternel, à l’entrée de la Tente d’assignation, et il fera fumer la graisse comme parfum agréable à l’Éternel;7 et ils n’offriront plus leurs sacrifices aux démons, au culte desquels ils se prostituent. Que cela soit une loi immuable pour eux, dans leurs générations. (Lévitique 17: 3-7)

La Tora distingue deux types de viande:

La «chair de sainteté», celle des sacrifices (בָּשָׂר קֹדֶשׁ  «Bassar Kodesh» – בָּשָׂר קוֹרְבָּנוֹת «Bassar Korbanot») doit être consommée uniquement dans l’enceinte du Tabernacle ou du Temple. A cette viande consacrée s’oppose la viande profane (בָּשָׂר חוֹלִין «Bassar ‘Holin») dénommée également בָּשָׂר תַאֲוָה «Bassar Ta’avah» («chair de convoitise»), rappelant l’épisode biblique au cours duquel les fils d’Israël, succombant à leur convoitise, se plaignent de manquer de viande. Le lieu s’appelle «Kivrot HaTa’ava» (Nombres 11: 34), «Les tombes de la convoitise». Et même si cette viande («la chair profane») s’avère permise à la consommation dès l’entrée des Hébreux en Erets Israël, après en avoir été totalement écartés dans le désert, le texte insiste pour réintroduire le terme négatif  «תַאֲוָה Ta’avah»:

כ כִּי-יַרְחִיב יְהוָה אֱלֹהֶיךָ אֶת-גְּבֻלְךָ כַּאֲשֶׁר דִּבֶּר-לָךְ וְאָמַרְתָּ אֹכְלָה בָשָׂר כִּי-תְאַוֶּה נַפְשְׁךָ לֶאֱכֹל בָּשָׂר בְּכָל-אַוַּת נַפְשְׁךָ תֹּאכַל בָּשָׂר. (דברים יב: כ).ש

20 Quand l’Éternel, ton Seigneur, aura étendu ton territoire comme il te l’a promis, et que tu diras: « Je voudrais manger de la viande, » désireux que tu seras d’en manger, tu pourras manger de la viande selon ta convoitise. (Deutéronome 12: 20)

Quant au sang des animaux et oiseaux sauvages évoluant en totale liberté, la Tora impose que leur sang versé à terre soit recouvert:

כב אַךְ כַּאֲשֶׁר יֵאָכֵל אֶת-הַצְּבִי וְאֶת-הָאַיָּל כֵּן תֹּאכְלֶנּוּ הַטָּמֵא וְהַטָּהוֹר יַחְדָּו יֹאכְלֶנּוּ. כג רַק חֲזַק לְבִלְתִּי אֲכֹל הַדָּם, כִּי הַדָּם הוּא הַנָּפֶשׁ וְלֹא-תֹאכַל הַנֶּפֶשׁ עִם-הַבָּשָׂר. כד לֹא תֹּאכְלֶנּוּ  עַל-הָאָרֶץ תִּשְׁפְּכֶנּוּ כַּמָּיִם. כה לֹא תֹּאכְלֶנּוּ לְמַעַן יִיטַב לְךָ וּלְבָנֶיךָ אַחֲרֶיךָ כִּי-תַעֲשֶׂה הַיָּשָׁר בְּעֵינֵי יְהוָה. (דברים יב: כב-כה).ש

22 Seulement, comme on mange du chevreuil et du cerf, ainsi tu en mangeras; l’impur et le pur en pourront manger ensemble. 23 Mais évite avec soin d’en manger le sang; car le sang c’est la vie, et tu ne dois pas absorber la vie avec la chair. 24 Ne le mange point! Répands-le à terre, comme de l’eau. 25 Ne le mange point! Afin que tu sois heureux, toi et tes enfants après toi, pour avoir fait ce qui plaît au Seigneur. (Deutéronome 12: 22-25).

Et ce, afin de mettre clairement l’accent sur le fait que la consommation carnée ne constitue en rien une obligation mais plutôt un compromis avec Israël comme au temps de Noé, après le déluge détruisant l’Humanité et la couche fertile de la Terre (Genèse 9: 3). Ce compromis n’a d’autre dessein que de protéger l’Humanité, pour que les hommes de ne s’entredévorent point et qu’ils ne deviennent point un loup pour leur prochain[3].

Effectivement, dès les origines, l’interdiction de verser le sang (שְׁפִיכוּת דָּמִים, shefikhout damim) est absolument formelle:

ו שֹׁפֵךְ דַּם הָאָדָם בָּאָדָם דָּמוֹ יִשָּׁפֵךְ  כִּי בְּצֶלֶם אֱלֹהִים עָשָׂה אֶת-הָאָדָם. (בראשית ט: ו).ש

6 Celui qui verse le sang de l’homme, par l’homme son sang sera versé car l’homme a été fait à l’image de Dieu. (Genèse 9: 6)

Nul être ne détient le droit de s’arroger le Principe de Vie qui constitue la propriété exclusive du Créateur de l’Univers. L’interdit de consommer le sang est déjà mentionné après le déluge:

ד אַךְ-בָּשָׂר בְּנַפְשׁוֹ דָמוֹ לֹא תֹאכֵלוּ. (בראשית ט: ד).ש

4 Toutefois aucune créature, tant que son sang maintient sa vie, vous n’en mangerez. (Genèse 9: 4)

L’Alliance de Noé est conclue avec tout être vivant, y compris les animaux: כָּל-נֶפֶשׁ חַיָּה  (Kol NeFeSh Hayah- littéralement: « toute âme vitale», l’animal possédant une conscience propre, une sensibilité à la souffrance et un droit à l’autonomie[4].

Si, certes, Noé est celui sauve le genre humain d’une perte inéluctable, il demeure aussi celui qui sauvegardera toutes les espèces animales d’une totale disparition. Les sangs de l’Homme sont étroitement liés à ceux de l’animal avec lequel nous devons nous efforcer de retrouver la communication sans peur et sans crainte qui régnait avant le Déluge, la peur et la crainte s’étant instaurées entre l’Homme et l’animal une fois la consommation de viande permise, pour protéger l’animal de l’homme devenu chasseur (Genèse 9: 2).

Effectivement, l’Humanité, après le Déluge, ne peut plus se sustenter de fruits et de légumes seulement, car la couche fertile de la terre vient d’être détruite. La viande n’est permise à Noé que par stricte nécessité du moment. Cependant, la structure digestive de l’être humain ne s’est jamais vraiment adaptée au régime carné et elle reste toujours conforme à la consommation végétale uniquement. Ce brusque passage du régime végétal au régime carné a entraîné l’apparition de la maladie chez l’homme.

L’interdit de consommer la graisse animale (‘HeLeV) et le sang (dam) de l’animal, ainsi que le devoir de recouvrir le sang de l’animal sauvage visent à éduquer l’homme pour qu’il n’oublie point qu’à l’origine[5], au Gan Eden, il n’était autorisé à consommer que des végétaux et pour qu’il en ait une nostalgie qui lui permette de revenir à sa source, le Gan Eden, pour qu’il le fasse régner sur toute la terre.

Ainsi, la double interdiction de consommer la graisse animale et le sang vise à rappeler à l’Homme qu’il fut originellement créé pour ne consommer que des fruits de la terre et de l’arbre:

כט וַיֹּאמֶר אֱלֹהִים הִנֵּה נָתַתִּי לָכֶם אֶת-כָּל-עֵשֶׂב זֹרֵעַ זֶרַע אֲשֶׁר עַל-פְּנֵי כָל-הָאָרֶץ וְאֶת-כָּל-הָעֵץ אֲשֶׁר-בּוֹ פְרִי-עֵץ זֹרֵעַ זָרַע  לָכֶם יִהְיֶה לְאָכְלָה. (בראשית ט: כט).ש

29 l’Eternel ajouta: « Or, je vous accorde tout herbage portant graine, sur toute la face de la terre, et tout arbre portant des fruits qui deviendront arbres par le développement du germe. Ils serviront à votre nourriture. (Genèse 1: 29).

Les fils d’Israël doivent être un modèle d’Ethique pour l’Humanité quant au respect de l’animal et du Vivant en règle générale. L’Homme doit totalement reconsidérer sa vision déformée ne voyant en l’animal qu’un objet ou un artefact industriel. Serait-ce là la supériorité de l’Homme sur l’animal?

Le respect à l’égard de l’animal annonce la fin de toute guerre et l’avènement d’une ère pacifique conformément à l’Alliance universelle conclue, sans discrimination aucune, avec toutes les créatures vivantes:

טו וְזָכַרְתִּי אֶת-בְּרִיתִי אֲשֶׁר בֵּינִי וּבֵינֵיכֶם וּבֵין כָּל-נֶפֶשׁ חַיָּה בְּכָל-בָּשָׂר וְלֹא-יִהְיֶה עוֹד הַמַּיִם לְמַבּוּל לְשַׁחֵת כָּל-בָּשָׂר. טז וְהָיְתָה הַקֶּשֶׁת בֶּעָנָן וּרְאִיתִיהָ לִזְכֹּר בְּרִית עוֹלָם בֵּין אֱלֹהִים וּבֵין כָּל-נֶפֶשׁ חַיָּה בְּכָל-בָּשָׂר אֲשֶׁר עַל-הָאָרֶץ. יז וַיֹּאמֶר אֱלֹהִים אֶל-נֹחַ זֹאת אוֹת-הַבְּרִית אֲשֶׁר הֲקִמֹתִי בֵּינִי וּבֵין כָּל-בָּשָׂר אֲשֶׁר עַל-הָאָרֶץ. (בראשית ט: טו-יז).ש

15 Je me souviendrai de mon alliance avec vous et tous les êtres animés et les eaux ne deviendront plus un déluge, anéantissant toute chair. 16 L’arc étant dans les nuages, je le regarderai et me rappellerai le pacte perpétuel de Dieu avec toutes les créatures vivantes qui sont sur la terre. 17 Le Seigneur dit à Noé: « C’est là le signe de l’alliance que j’ai établie entre moi et toutes les créatures de la terre. » (Genèse 9: 15-17)

Il ne tient qu’à l’être humain d’abandonner sa domination abusive et outrancière sur le monde animal pour qu’il retrouve ce lien privilégié qu’il avait avec lui avant le Déluge:

כ וְכָרַתִּי לָהֶם בְּרִית בַּיּוֹם הַהוּא עִם-חַיַּת הַשָּׂדֶה וְעִם-עוֹף הַשָּׁמַיִם וְרֶמֶשׂ הָאֲדָמָה וְקֶשֶׁת וְחֶרֶב וּמִלְחָמָה אֶשְׁבּוֹר מִן-הָאָרֶץ וְהִשְׁכַּבְתִּים לָבֶטַח. (הושע ב: כ).ש

20 A cette époque, Je conclurai une Alliance en leur faveur avec les animaux des champs, avec les oiseaux du ciel et les reptiles de la terre; arcs, épées, tout attirail guerrier, je les briserai dans le pays, et je ferai en sorte que chacun y dormira en paix. (Osée 2: 20)

Lecture recommandée:

« Vision hébraïque du végétalisme ou la réparation cosmique du monde » de Haïm Ouizemann

[1] Le ‘HeLeV  se situe sur la partie postérieure de l’animal.

[2] Les deux fils du Grand-Prêtre Héli seront châtiés par l’Eternel après avoir, entre autres, consommés le HeLeV des sacrifices, consacré exclusivement à l’Eternel    ( I Sam. 2: 12-17).

[3] «Hazon HaTsimhonout VeHaShalom», Rav Avraham Isaac HaKohen Kook, premier Grand Rabbin d’Israël.

[4] Cf. aussi Genèse 1: 24; 30; 2: 19.

[5] Selon le grand commentateur Rabbi Avraham Iben Ezra (RaBa):

הִתִּיר לִבְנֵי אָדָם וּלְכָל שֶׁיֶשׁ בּוֹ נֶפֶש חַיָּה לֶאֱכוֹל כָּל עֶשֶׂב. וְכָל פְּרִי עֵץ מוּתָר לָאָדָם. וְהָעֶשֶׂב הַיֶּרֶק לַחַיּוֹת וּלְכָל רוֹמֵשׂ. וְעַד כֹּה לֹא הִתִּיר הַבָּשָׂר עַד אַחַר הַמָּבּוּל.

[L’Eternel] a permis aux hommes et à toute créature vivante de manger de toute herbe. Et tout fruit est permis à l’homme. Et l’herbe verte [est permise] aux animaux et à toute créature qui fourmille [la terre] (Genèse 1: 29). Et jusqu’après le Déluge, [l’Eternel] n’a pas permis la viande.

 

Shabbat shalom!

hebreubiblique@gmail.com

Avec toutes mes amitiés,

Haïm Ouizemann

Ce contenu a été publié dans Lectures bibliques, avec comme mot(s)-clé(s) , , , , , , , . Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

5 Responses to Parashat Tsav, le Retour au Végétalisme

  1. merouani bououden dit :

    Shalom , pourquoi est il permis aux Hebreux de sacrifier un agneau la veille de pessah , voir Exode 12

  2. Cathou dit :

    Très bel article.
    Toutefois tous les squelettes les plus anciens retrouvés à ce jour, ont tous, une dentition de carnivore. On ne peut donc conclure que l’humain fut végétarien avant d’être carnivore…la mâchoire se formant en fonction des besoins alimentaires, c’est la partie la plus longue à évoluer dans le temps.
    Pour rester objective je pense que le régime alimentaire de l’humain fut très varié des le départ, en fonction de son lieu géographique. Dans une géographie chaude et humide l’humain trouve tous les végétaux nécessaires toute l’année. Mais nous savons que ce genre de zone ne s’est jamais étalée sur toute la terre, elle correspond à des zones géographiques précises.

    La graisse à toujours servi pour la lumière, pour entretenir le cuir. J’ignore si on la consommait.
    Le sang, en principe on vide toujours l’animal de son sang. Ça semble est la pratique habituelle ancestrale. Il est remarqué que dans les tribus primitives il y avait des libérations dans le sang: ils célébraient ainsi leur victoire et n’arrivaient de la force de l’animal qu’on avait pu vaincre. Il est possible que le récit biblique suggère plutôt la fin de ces libérations païennes.

    Je remarque d’ailleurs que les bons morceaux nobles sont distribués par le temple, qui gère ainsi la bonne répartition des parts au profit de tous. Peut-être aussi une façon d’éviter que les plus favoris aient les meilleurs morceaux. Sage précaution (fut elle pérenne dans le temps????)

    Alexandre David Neel, plus grand explorateur du XXeme siècle, orientaliste de renom. Devenue bouddhiste et végétarienne, elle ne partait jamais en expédition sans des kgs de viande fraîche pour ses sherpas.elle disait:: »ces gens marchent des kms affublés de mon équipement, ils me portent, quand j’arrive à mon campement tout est prêt, je n’ai plus qu’à boire, manger, méditer, ces gens doivent être nourris convenablement après tant d’efforts » On voit ici assez clairement la distinction du végétarien qui veut élever son esprit en lubrifiant le corps de graisse animal, et du commun des mortels qui a plus besoin physiquement d’un repas plus riche.

    Laissons chacun libre. Apprenons surtout à refuser les énormes gâchis de nourriture, alors que des populations entières crèvent de faim.

  3. gabriel dit :

    Très intéressant.
    Et pour renforcer le point de vue de l’alliance faite avec Noé, sa famille et les animaux,
    on pourrait citer le prophète Esaïe décrivant le rétablissement de l’état initial de la création:

    Esaïe 65.25
    « Le loup et l’agneau paîtront ensemble, et le lion mangera de la paille comme le bœuf; et la poussière sera la nourriture du serpent. On ne fera pas de tort, et on ne détruira pas sur toute ma montagne sainte, dit l’Éternel. »
    Même les bêtes sauvages mangeront de l’herbe (paîtront) et de la paille…

    Esaïe 11.6-8
    « 6 Et le loup habitera avec l’agneau, et le léopard se couchera avec le chevreau; et le veau, et le jeune lion, et la bête grasse, seront ensemble, et un petit enfant les conduira. 7 La vache paîtra avec l’ourse, leurs petits coucheront l’un près de l’autre, et le lion mangera de la paille comme le bœuf. 8 Le nourrisson s’ébattra sur le trou de l’aspic, et l’enfant sevré étendra sa main sur l’antre de la vipère. »
    … et tous ces animaux seront domestiqués (un enfant les conduira).

  4. Yves dit :

    et que tu diras: « Je voudrais manger de la viande, » désireux que tu seras d’en manger, tu pourras manger de la viande au gré de tes désirs. bible du rabinnat
    désireux que tu seras d’en manger, tu pourras manger de la viande selon ta convoitise. (Deutéronome 12: 20) ta traduction ??
    Chouraqui: quand ton être désirera manger de la chair, à tout appétit de ton être ,tu mangeras de la chair.
    תַאֲוָה est il si négatif ? il a donné beteavon en hébreu moderne, bon appétit…
    Sans t’offenser ne risque tu pas de forcer le sens des textes pour prouver ta conviction végétaliste ?

    • Shalom Aharon, Si certes le terme Beteavon est utilise en hebreu moderne, il ne s’accorde en rien a la vision biblique de satiete et de moderation. La racine de ce terme est ת.א. ב signifiant desirer ardemment. (Cf. Isaie 1: 19: Gen. 24: 5…). L’on prefere dire a la fin d’un repas « LaSova » selon le verset des Proverbes 13: 25
      צַדִּיק–אֹכֵל, לְשֹׂבַע נַפְשׁוֹ; וּבֶטֶן רְשָׁעִים תֶּחְסָר.
      Le juste mange pour apaiser sa faim; mais le ventre des méchants n’en a jamais assez.
      Il n’est point question de « forcer » le sens des sources dans la mesure ou celles sont sont le plus souvent explicites. Je te renvois , par exemple, a l’episode des cailles dans le desert. Pourquoi les fils d’Israel requièrent-ils de la viande alors qu’ils viennent tout juste de sortir d’Egypte avec de nombreux troupeaux, Pourquoi rappellent-ils les poissons d’Egypte alors qu’esclaves, ils n’eurent jamais acces a cette chair? je t’invite a regarder le site de Assa Keissar, haredi qui prone le retour a l’ideal vegetalien, Excellent: https://www.youtube.com/channel/UCD07YSyuMrkOX6MBScfIbdg
      Toda raba! HaG Pessah Sameah!

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.