Parashat BéHar, A la recherche de l’Eden perdu

Erets Israël (Photo: ©Haïm Ouizemann)

Erets Israël (Photo: ©Haïm Ouizemann)

L’homme moderne semble s’être totalement coupé de ses racines  terrestres. La société occidentale, détachée de son origine matricielle, la mère-terre, considère celle-ci comme une source inépuisable de bénéfices. La terre ne connaît plus de repos. Surexploitée, la mère nourricière de l’ensemble du genre humain risque d’être frappée de stérilité. Au contraire, l’homme édénique,  AdaM, se caractérise essentiellement par le respect qu’il voue à la terre, ADaMaH. A l’écoute de celle-ci, il s’efforce et s’applique à vivre  selon son rythme saisonnier et y voit toute sa raison d’être. C’est la raison pour laquelle André Chouraqui traduit le terme ADaM par «glébeux», «homme tiré de la glèbe», c’est-à-dire du «champ qu’on travaille»[1]. Notre «globe», mot issu également du substantif latin «gleba», «motte de terre», n’a jamais autant été menacé par le nouvel homme «Homo Consumens»[2] devenu esclave de ses propres besoins.  Ce terme «Homo Consumens» est inventé par le psychanalyste juif allemand Erich Fromm (1900-1960): «La société moderne crée un type d’homme que j’ai appelé plus tôt l’homo consumens – l’homme de consommation dont l’intérêt principal devient, en plus de travailler de neuf à cinq, de consommer».[3] Finalement, malgré les bonnes intentions de dirigeants politiques et d’écologistes soucieux de l’avenir de la Planète, les Sommets internationaux qui visaient à la sauvegarde de la Planète Terre n’ont point véritablement été à la hauteur de l’espoir escompté. Que reste-il, en effet, du Sommet de Rio (1992) et du rapport Brundtland (1987), qu’adviendra-t-il du Sommet de Paris (2015)?

Comment l’homme, aveuglé par la poursuite de ses propres intérêts immédiats, en est-il venu à considérer le repos de la terre comme accessoire, alors qu’il s’agit d’une valeur biblique fondamentale ?

Il semble que tout débute avec le premier couple de l’Humanité, Adam et ‘Hava, qui transgressa l’ordre divin premier. En effet, si la tentation de transgresser la toute première injonction de ne point manger de l’arbre de la Connaissance du Bien et du Mal relève du passé (שָׁמַעְתָּ), ses conséquences perdurent dans le temps (וַתֹּאכַל)[4] tous les jours de la vie de l’Homme. Ainsi, cette transgression primordiale a entraîné la malédiction de la terre:

יז וּלְאָדָם אָמַר כִּי-שָׁמַעְתָּ לְקוֹל אִשְׁתֶּךָ וַתֹּאכַל מִן-הָעֵץ אֲשֶׁר צִוִּיתִיךָ לֵאמֹר לֹא תֹאכַל מִמֶּנּוּ אֲרוּרָה הָאֲדָמָה בַּעֲבוּרֶךָ בְּעִצָּבוֹן תֹּאכְלֶנָּה כֹּל יְמֵי חַיֶּיךָ. (בראשית ג: יז).ש

17 Et à l’homme il dit: « Parce que tu as cédé à la voix de ton épouse, et que tu as mangé de l’arbre dont je t’avais enjoint de ne pas manger, maudite est la terre à cause de toi: c’est avec effort que tu en tireras ta nourriture, tant que tu vivras. (Genèse 3: 17)

Cette malédiction de la terre se poursuivra de génération en génération tant que l’être humain ne réparera point les conséquences néfastes de sa transgression:

יט בְּזֵעַת אַפֶּיךָ תֹּאכַל לֶחֶם עַד שׁוּבְךָ אֶל-הָאֲדָמָה כִּי מִמֶּנָּה לֻקָּחְתָּ  כִּי-עָפָר אַתָּה וְאֶל-עָפָר תָּשׁוּב. (בראשית ג: יט).ש

19 C’est à la sueur de ton visage que tu mangeras du pain, – jusqu’à ce que tu retournes à la terre d’où tu as été tiré: car poussière tu fus, et poussière tu redeviendras! » (Genèse 3: 19)

La première conséquence néfaste de la transgression de l’injonction divine de ne point manger du fruit de l’arbre de la Connaissance du Bien et du Mal se manifeste par là où l’être humain a fauté: par la nourriture. Comme il a mangé du fruit de l’arbre interdit (וַתֹּאכַל מִן-הָעֵץ), ainsi il mangera – mais en souffrira (בְּזֵעַת אַפֶּיךָ תֹּאכַל לֶחֶם). Or, comment se peut-il que, si l’Homme a fauté, la terre elle-même soit maudite? En fait, la terre en elle-même n’est point maudite, mais seulement sa relation avec le genre humain. Elle se montrera dorénavant inamicale et produira des ronces et des épines pour meurtrir l’Homme:

יח וְקוֹץ וְדַרְדַּר תַּצְמִיחַ לָךְ וְאָכַלְתָּ אֶת-עֵשֶׂב הַשָּׂדֶה. (בראשית ג: יח).ש

18 Elle [la terre] produira pour toi des ronces et des épines, et tu mangeras de l’herbe des champs (Genèse 3: 18).

De plus, l’Homme dans son déclin ne se nourrit plus seulement de «כָּל-עֵשֶׂב זֹרֵעַ זֶרַע  toute plante portant graine» (Genèse 1: 29) mais de plantes (עֵשֶׂב הַשָּׂדֶה) originellement destinées à l’animal:

ל וּלְכָל-חַיַּת הָאָרֶץ וּלְכָל-עוֹף הַשָּׁמַיִם וּלְכֹל רוֹמֵשׂ עַל-הָאָרֶץ אֲשֶׁר-בּוֹ נֶפֶשׁ חַיָּה אֶת-כָּל-יֶרֶק עֵשֶׂב לְאָכְלָה וַיְהִי-כֵן. (בראשית א: ל).ש

30 Et aux animaux sauvages, à tous les oiseaux du ciel, à tout ce qui se meut sur la terre et possède un principe de vie, j’assigne toute verdure végétale pour nourriture. » Et il en fut ainsi. (Genèse 1: 30)[5]

Comment, alors, serait-il possible à l’Homme de recouvrer l’état d’être édénique qui fut le sien avant la faute entraînant son inexorable chute morale et éthique?

L’Homme, en respectant le droit à la terre de se reposer une année entière par toute cessation d’activité productrice, non seulement permet à la terre de renouveler ses forces profondes, mais encore, redécouvre ce que fut l’existence du premier Homme au jardin d’Eden, où il n’était point obligé de travailler la terre à la sueur de son front, mais seulement de l’entretenir et d’en jouir de ses fruits. Alors la terre répondra à ses attentes:

יט וְנָתְנָה הָאָרֶץ פִּרְיָהּ וַאֲכַלְתֶּם לָשֹׂבַע וִישַׁבְתֶּם לָבֶטַח עָלֶיהָ. (ויקרא כה: יט).ש

19 La terre donnera ses fruits, dont vous vous nourrirez abondamment, et vous y résiderez en toute quiétude. (Lévitique 25: 19)[6]

La chute morale et éthique de l’Homme l’entraîne à s’arroger le droit de prendre la force de la Vie de son prochain.  Ainsi, Caïn va tuer son frère Abel, premier meurtre de l’Humanité, qui en entraînera des millions d’autres, aussi bien individuels que collectifs. Cependant, la punition de l’homme meurtrier est en strict parallèle avec sa faute. Ainsi, il a contraint la terre à avaler les sangs de sa victime (דְּמֵי אָחִיךָ). De la même façon, la terre ravalera sa force de vie (כֹּחָהּ) et il ne pourra plus la cultiver ni l’entretenir. L’homme meurtrier deviendra errant et fugitif, signifiant par là que les racines profondes qui le retenaient à la terre mère, tel un arbre, seront coupées:

יא וְעַתָּה, אָרוּר אָתָּה, מִן-הָאֲדָמָה אֲשֶׁר פָּצְתָה אֶת-פִּיהָ, לָקַחַת אֶת-דְּמֵי אָחִיךָ מִיָּדֶךָ. יב כִּי תַעֲבֹד אֶת-הָאֲדָמָה לֹא-תֹסֵף תֵּת-כֹּחָהּ לָךְ נָע וָנָד תִּהְיֶה בָאָרֶץ. (בראשית ד: יא-יב).ש 11 Eh bien! tu es maudit à cause de cette terre, qui a ouvert sa bouche pour recevoir de ta main le sang de ton frère! » 12 Lorsque tu cultiveras la terre, elle cessera de te faire part de sa fécondité; tu seras errant et fugitif par le monde. » (Genèse 4: 11-12).

Cependant, la terre ne cesse point de donner ses fruits à l’Homme, et l’Histoire humaine peut continuer et retrouver ses racines spirituelles perdues un court moment:

כה וַיֵּדַע אָדָם עוֹד אֶת-אִשְׁתּוֹ  וַתֵּלֶד בֵּן וַתִּקְרָא אֶת-שְׁמוֹ שֵׁת: כִּי שָׁת-לִי אֱלֹהִים זֶרַע אַחֵר תַּחַת הֶבֶל כִּי הֲרָגוֹ קָיִן. כו וּלְשֵׁת גַּם-הוּא יֻלַּד-בֵּן  וַיִּקְרָא אֶת-שְׁמוֹ אֱנוֹשׁ; אָז הוּחַל לִקְרֹא בְּשֵׁם יְהוָה. (בראשית ד: כה-כו).ש

25 Adam connut de nouveau sa femme; elle enfanta un fils, et lui donna pour nom Seth: « Parce que Dieu m’a accordé une nouvelle postérité au lieu d’Abel, Caïn l’ayant tué. » 26 A Seth, lui aussi, il naquit un fils; il lui donna pour nom Enoch. Alors on commença d’invoquer le nom de l’Éternel. (Genèse 4: 25-26)

Or, en quoi le respect du repos de la terre, la septième année, permet-il d’opérer une révolution de l’économie mondiale?

L’Homme n’intervient plus dans le complexe processus écologique. En se retirant de toute production économique, il remet sa confiance en l’Eternel en offrant à la nature le temps nécessaire pour se redresser et recouvrer sa bénédiction d’origine[7]:

ב דַּבֵּר אֶל-בְּנֵי יִשְׂרָאֵל וְאָמַרְתָּ אֲלֵהֶם כִּי תָבֹאוּ אֶל-הָאָרֶץ אֲשֶׁר אֲנִי נֹתֵן לָכֶם–וְשָׁבְתָה הָאָרֶץ שַׁבָּת לַיהוָה. ג שֵׁשׁ שָׁנִים תִּזְרַע שָׂדֶךָ וְשֵׁשׁ שָׁנִים תִּזְמֹר כַּרְמֶךָ וְאָסַפְתָּ אֶת-תְּבוּאָתָהּ. ד וּבַשָּׁנָה הַשְּׁבִיעִת שַׁבַּת שַׁבָּתוֹן יִהְיֶה לָאָרֶץ שַׁבָּת לַיהוָה שָׂדְךָ לֹא תִזְרָע וְכַרְמְךָ לֹא תִזְמֹר. ה אֵת סְפִיחַ קְצִירְךָ לֹא תִקְצוֹר, וְאֶת-עִנְּבֵי נְזִירֶךָ לֹא תִבְצֹר שְׁנַת שַׁבָּתוֹן יִהְיֶה לָאָרֶץ. (ויקרא כה: ב-ה).ש

2 « Parle aux enfants d’Israël et dis-leur: Quand vous serez entrés dans le pays que je vous donne, la terre sera soumise à un chômage en l’honneur de l’Éternel. 3 Six années tu ensemenceras ton champ, six années tu travailleras ta vigne, et tu en recueilleras le produit; 4 mais, la septième année, un chômage absolu sera accordé à la terre, un sabbat en l’honneur de l’Éternel. Tu n’ensemenceras ton champ ni ne tailleras ta vigne. 5 Le produit spontané de ta moisson, tu ne le couperas point, et les raisins de ta vigne intacte, tu ne les vendangeras point: ce sera une année de chômage pour le sol. (Lévitique 25: 2-5)

La septième année (שַׁבָּת הָאָרֶץ, Shabbat HaArets, «le Shabbat de la terre») constitue fondamentalement un temps singulier au cours duquel le principe d’échanges économiques fondé sur la concurrence et la spoliation foncière s’interrompt. Cet arrêt de la poursuite effrénée vers la concentration des ressources naturelles ouvre la voie au partage commun des fruits de la terre entre les hommes (לְאָכְלָה) et les animaux (לֶאֱכֹל) et à la reconciliation avec le monde animal:

ו וְהָיְתָה שַׁבַּת הָאָרֶץ לָכֶם לְאָכְלָה לְךָ וּלְעַבְדְּךָ וְלַאֲמָתֶךָ וְלִשְׂכִירְךָ וּלְתוֹשָׁבְךָ הַגָּרִים עִמָּךְ. ז וְלִבְהֶמְתְּךָ וְלַחַיָּה אֲשֶׁר בְּאַרְצֶךָ  תִּהְיֶה כָל-תְּבוּאָתָהּ לֶאֱכֹל. (ויקרא כה: ו-ז).ש

6 Et cette cessation [de rentabilité] de la terre vous appartiendra à tous pour la consommation: à toi, à ton esclave, à ta servante, au salarié et à l’étranger qui habitent avec toi; 7 ton bétail même, ainsi que les bêtes sauvages de ton pays, pourront se nourrir de tous ces produits. (Lévitique 25: 6-7).

L’avènement pacifique d’une nouvelle ère de bien-être et de bonheur est intimement lié à la limitation de nos besoins de consommation. Ainsi, Erich Fromm affirmait:

«L’Ancien Testament nous avertit que le pire péché des Hébreux était qu’ils avaient vécu sans joie au milieu de l’abondance. J’ai peur que les critiques de notre société puissent aussi dire que nous vivons avec beaucoup de plaisir et d’excitation mais avec peu de joie au milieu de l’abondance …».[8]

La bénédiction divine est ainsi accordée à l’être humain observant ses injonctions et écoutant sa voix:

ב אֶת-שַׁבְּתֹתַי תִּשְׁמֹרוּ וּמִקְדָּשִׁי תִּירָאוּ אֲנִי יְהוָה. ג אִם-בְּחֻקֹּתַי תֵּלֵכוּ וְאֶת-מִצְוֺתַי תִּשְׁמְרוּ וַעֲשִׂיתֶם אֹתָם… (ויקרא כו: ב-ג).ש

2 Observez mes sabbats et révérez mon sanctuaire: je suis l’Éternel. 3 Si vous vous conduisez selon mes lois, si vous gardez mes préceptes et les exécutez… (Lévitique 26: 2-3).

Ce faisant, il repousse la malédiction infligée à la terre car l’Homme n’a point observé son injonction primordiale ((וַתֹּאכַל מִן-הָעֵץ) ni écouté sa voix (כִּי-שָׁמַעְתָּ לְקוֹל אִשְׁתֶּךָ).

ד וְנָתַתִּי גִשְׁמֵיכֶם בְּעִתָּם וְנָתְנָה הָאָרֶץ יְבוּלָהּ וְעֵץ הַשָּׂדֶה יִתֵּן פִּרְיוֹ. ה וְהִשִּׂיג לָכֶם דַּיִשׁ אֶת-בָּצִיר וּבָצִיר יַשִּׂיג אֶת-זָרַע וַאֲכַלְתֶּם לַחְמְכֶם לָשֹׂבַע וִישַׁבְתֶּם לָבֶטַח בְּאַרְצְכֶם. ו וְנָתַתִּי שָׁלוֹם בָּאָרֶץ וּשְׁכַבְתֶּם וְאֵין מַחֲרִיד וְהִשְׁבַּתִּי חַיָּה רָעָה מִן-הָאָרֶץ וְחֶרֶב לֹא-תַעֲבֹר בְּאַרְצְכֶם. (ויקרא כו: ד-ו).ש

4 je vous donnerai les pluies en leur saison, et la terre livrera son produit, et l’arbre du champ donnera son fruit. 5 Le battage de vos grains se prolongera jusqu’à la vendange, et la vendange durera jusqu’aux semailles; vous aurez du pain à manger en abondance, et vous demeurerez en sécurité dans votre pays. 6 Je ferai régner la paix dans ce pays, et nul n’y troublera votre repos; je ferai disparaître du pays les animaux nuisibles, et le glaive ne traversera point votre territoire. (Lévitique 26: 4-6)

Avec la pratique de l’année du repos de la terre (שַׁבָּת הָאָרֶץ) se réalisera l’Alliance de Paix universelle, donnée déjà à Adam (Genèse 1: 28) et à Noé (Genèse 9: 9-17) et dont le renouvellement est annoncé par le prophète de l’amour, Osée:

כ וְכָרַתִּי לָהֶם בְּרִית בַּיּוֹם הַהוּא עִם-חַיַּת הַשָּׂדֶה וְעִם-עוֹף הַשָּׁמַיִם וְרֶמֶשׂ הָאֲדָמָה וְקֶשֶׁת וְחֶרֶב וּמִלְחָמָה אֶשְׁבּוֹר מִן-הָאָרֶץ וְהִשְׁכַּבְתִּים לָבֶטַח. (הושע ב: כ).ש

20 A cette époque, je conclurai une Alliance en leur faveur avec les animaux des champs, avec les oiseaux du ciel et les reptiles de la terre; arcs, épées, tout instrument de guerre, je les briserai dans le pays, et je ferai en sorte que chacun y dormira en paix. (Osée 2: 20)

 

[1] Définition du dictionnaire Littré.

[2] http://www.philosophicalsociety.com/archives/Homo%20Consumens.htm

[3] « Modern society creates a type of man whom I have earlier called the homo consumens — the consumer man whose main interest becomes, aside from working from nine to five, to consume. (On Disobedience And Other Essays (Seabury Press, 1981)).

[4] וַתֹּאכַל , la racine א. כ. ל.-« consommer » conjuguée au VaIktol (accompli) annonce que l’action de l’homme perdurera au cours des générations à venir.

[5] La dégradation progressive de l’Homme conduit l’Eternel à permettre la consommation de toute chair animale, avec l’herbe des champs ( יֶרֶק עֵשֶׂב)  (Genèse 9: 3).

[6] Parashat BéHar, Lévitique 25: 1- 26: 2

[7] L’Eternel ordonne au Jardin d’Eden de ne point consommer du fruit de l’arbre de la Connaissance du bien et du mal. Toute atteinte à ce fruit entraine une situation de désordre au sein du Jardin d’Eden.

https://www.goodplanet.info/actualite/2018/04/27/lue-bannit-les-neonicotinoides-pour-sauver-les-abeilles/

[8] Erich Fromm: « The Old Testament warns that the worst sin of the Hebrews was that they had lived without joy in the midst of plenty. I am afraid the critics of our society could also say that we live with much fun and excitement but with little joy in the midst of plenty… ( On Disobedience And Other Essays)

Shabbat shalom !

hebreubiblique@gmail.com

Avec toutes mes amitiés,

Haïm Ouizemann

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6 Responses to Parashat BéHar, A la recherche de l’Eden perdu

  1. cathou dit :

    Aucun retour au jardin d’Éden n’est possible: « la flamme de l’épée foudroyante » en ferme l’accès définitivement. Dieu fit des tuniques de peau dont il revêtit Adam et Eve… qui n’ont plus aucune possibilité de revenir en arrière. Il n’est jamais dit qu’en suivant tel ou tel précepte l’humain peut revenir dans ce jardin. Jamais!! Parce que c’est impossible!! On ne revient jamais dans le cocon qui nous a permis d’arriver à terme: «  »‘devenir comme l’un de nous » » dit Dieu

    Vivre au jardin d’Éden signifie vivre comme un animal, comme un enfant, refermé sur soi.
    Pas de capacités de réflexion, seules des réflexions simple concernant la recherche de nourriture, d’eau, d’abri.
    L’homme et la femme n’ont pas la possibilité de se connaître, d’ouvrir les yeux l’un sur l’autre.
    Dieu a créé l’humain avec de la terre et son souffle de vie. Il appartient à l’humain de se découvrir, de se connaître, de sortir du cocon. l’humain n’est pas fait pour vivre dans un cocon fermé et protecteur, il doit faire face à ce qui est au-delà de lui-même.

    C’est nous, chacun de nous, qui décide d’être heureux ou pas. Le matérialisme n’est, en aucun cas, source de bonheurs, il est extérieur à nous. Or le bonheur est personnel et intérieur à nous.
    Croire que plus de confort, plus de choix dans les magasins, plus de … contribuera à notre bonheur est une illusion, et toutes les illusions sont cause de souffrance.

  2. cathou dit :

    En fait on traduit le mot Éden par »délices » . le jardin des délices, des voluptés, le paradis terrestre. Ce qui semblerait signifier que vivre dans ce jardin ne demande aucun effort, on s’y laisse vivre au grès des jours, des saisons.
    Or Dieu y met l’Homme pour « cultiver » ce jardin.
    Pourquoi l’homme est il appelé à cultiver un jardin planté par Dieu?? Peut-être pour cultiver ce qu’il est, lui-même..??

    Il est à remarquer que la pseudo interdiction se borne à « Tu ne mangeras pas de l’arbre de la connaissance du bonheur et du malheur, car, du jour où tu en mangeras tu devras mourir »
    et le serpent dit à la femme: « Non, vous ne mourrez pas, mais Dieu sait que le jour où vous en mangerez vos yeux s’ouvriront et vous serez comme des Dieux, possédant la connaissance du bonheur et du malheur ». Cet arbre ne représente ni le bien, ni le mal, mais la connaissance du bien et la connaissance du mal. En mangeant de ce fruit l’humain ne devient pas mauvais, il ouvre les yeux sur ce qui est bien, sur ce qui est mal.
    Ce qui signifie que l’Humain porte déjà en lui le bien et le mal, mais il n’en a pas connaissance.
    Avoir connaissance du bien et du mal apporte t’il un désordre?? Pour moi NON.
    Avoir connaissance du bien et du mal apporte la finalité de l’Humain, ce pourquoi il est fait: avoir pleinement conscience de lui-même, avoir pleinement conscience du bonheur et du malheur.
    Cela ne signifie pas qu’il commet une mauvaise action et qu’ensuite il va passer l’éternité à retrouver ce jardin paradisiaque; pour moi cela signifie qu’à partir de ce moment là, l’Humain devient capable de voir la grandeur de Dieu parce qu’il s’en approche.

  3. cathou dit :

    Caïn et Abel. Il est intéressant de constater que Caïn est cultivateur, et Abel est éleveur.
    par cette indication la Bible nous indique que nous sommes déjà dans une humanité évoluée, capable de cultiver, capable d’élever des troupeaux.
    Donc 1er crime de l’humanité, sans doute pas. Mais Dieu dit à Caïn, lorsqu’il le voit jaloux de son frère: « … Si tu n’agis pas bien, le péché, tapi à ta porte est avide de toi. Mais Toi, domine le ».
    On a le le mot péché, cité pour la 1ère fois. Dieu apprend à Caïn, que maintenant qu’il a la connaissance du Bien et du mal, s’il laisse la jalousie l’envahir… là OUI, il va péché, alors qu’il a toute la capacité pour se dominer, pour dominer le mal.

    dans l’Éden l’humain n’a pas la capacité de dominer le mal qui est en lui, pas parce qu’il ne porte que le bien, NON, parce qu’il n’a pas la connaissance du mal.
    Caïn a la connaissance du mal, il a la connaissance du bien. Il lui appartient de faire son choix.
    le meurtre qui pouvait se pratiquer, avant, sans que ni Dieu, ni personne, n’y voit du Mal; devient après l’Éden un péché qui entraîne la punition (trop manger rend malade, la jalousie amène au meurtre, le meurtre entraîne l’exclusion de la société…)

  4. cathou dit :

    Le judaïsme et le christianisme mettent, en effet, l’accent sur le « péché originel » d’Adam et Eve, créant ainsi la notion que l’humain est, seul, responsable du mal.
    La seule bonne question: l’humain, est il capable, seul, de créer le Mal??? Est il capable, seul, de créer le Bien?? Est il capable seul, de créer n’importe quoi qui ne soit pas matériel?? Est il capable de très réellement s’approprier par lui-même ce que l’Éternel ne veut pas lui donner??
    Penser ça, c’est donner beaucoup de pouvoir à l’humain. A t’il, réellement ce pouvoir??

    Or le fruit que Dieu ne conseille pas à l’humain de consommer, tant qu’il n’est pas prêt à le consommer… n’est que le fruit de la connaissance. Ce n’est pas le fruit du Mal.
    L’humain est pétri de terre, de Bien et de Mal. de bonheurs et de malheurs. L’humain, en consommant de ce fruit devient responsable de ses sentiments, devient responsable de ses bonheurs et de ses malheurs.
    Avoir connaissance que l’on peut gérer et dominer ses sentiments sort l’humain de l’état animal. Lui donne la responsabilité de ses sentiments. Lui fait prendre conscience que poussière il est, poussière il restera, poussière il y retournera. Lui fait prendre conscience que dominer ses sentiments est un chemin épineux et difficile. Lui fait prendre conscience de la souffrance.

    Mais paradoxalement, en effet, Eve se laisse séduire par ce fruit, si beau, si séduisant, si précieux. Son acte est tout de même réfléchi: elle voit avant de prendre, avant de manger.
    On peut donc penser que sans réellement savoir ce qui va se passer, elle a conscience qu’il va se passer qq chose. «  »La femme vit que l’arbre était bon à manger, séduisant à regarder, précieux pour agir avec clairvoyance ».

  5. cathou dit :

    Ce que nous dit le jardin d’Éden, c’est que quels soient les choix que l’humain fait… il n’a pas la vie éternelle, il est mortel.
    En quittant son cocon, aussitôt né à la vie responsable, l’humain met en œuvre sa propre destruction. Ainsi est le propre de l’humain!!

  6. lebret dit :

    Nous savons tous quand nous faisons bien ou mal. Nous sommes donc responsables de nos actes. Sauf si nous sommes psychologiquement déficients. Comment serait il possible en effet, de condamner quelqu’un qui ne serait pas maitre de ses actes?

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