Parashat Pin’has,  Alliance de Paix, Alliance de Vie

Pin’has, fils d’Eléazar et petit-fils du Grand Prêtre Aaron, est, selon l’épilogue de la péricope précédente, (Nombres 25: 8-9) celui qui sauve l’honneur de l’Eternel et d’Israël en tuant Salou Ben Zimri, le prince de la tribu de Shimon qui, transgressant la volonté divine, cohabite avec la Midianite, Kozbi bat Tsour:

יא פִּינְחָס בֶּן-אֶלְעָזָר בֶּן-אַהֲרֹן הַכֹּהֵן הֵשִׁיב אֶת-חֲמָתִי מֵעַל בְּנֵי-יִשְׂרָאֵל בְּקַנְאוֹ אֶת-קִנְאָתִי בְּתוֹכָם וְלֹא-כִלִּיתִי אֶת-בְּנֵי-יִשְׂרָאֵל בְּקִנְאָתִי. יב לָכֵן אֱמֹר:  הִנְנִי נֹתֵן לוֹ אֶת-בְּרִיתִי שָׁלוֹם. (במדבר כה: יא-יב).ש

11 « Pin’has, fils d’Eléazar, fils d’Aaron le pontife, a détourné ma colère de dessus les enfants d’Israël, en se montrant jaloux de ma cause au milieu d’eux, en sorte que je n’ai pas anéanti les enfants d’Israël, dans mon indignation. 12 C’est pourquoi, tu annonceras que je lui accorde mon Alliance de paix. (Nombres 25: 11-12)[1]

Or, si l’Eternel acquiesce à l’acte de Pin’has, Il le fait a posteriori et non a priori. La décision de tuer est avant tout celle d’un homme, Pin’has! Comment expliquer alors que l’Eternel promette de conclure une telle Alliance de paix éternelle avec Pin’has, alors que celui-ci, conduit par sa conscience, dans un ardent élan de piété extrême ne laissant place à aucune concession, verse le sang?

Comme le souligne Rashi (Nombres 25: 13), Pin’has, né antérieurement à la consécration de son grand-père Aaron et de son père Eléazar, n’avait point  encore reçu l’onction, et n’officiait point  jusque-là en tant que prêtre. C’est le meurtre de Zimri et de sa compagne midianite qui le consacre finalement Cohen (Traité Zéva’him 101, b).

Cet acte absolument unique en son genre a arrêté le fléau qui a décimé la communauté des Hébreux et manqué les anéantir complètement (Nombres 25: 9-11). C’est justement parce qu’il vient arrêter un fléau divin qui menace d’exterminer toute la communauté des Hébreux que cet acte, témoignant d’un zèle fougueux pour la fidélité à l’Eternel, est absolument incopiable et inimitable.  Les circonstances de cet acte sont uniques et non exemplaires. Effectivement, la faute de Zimri Ben Salou  n’est point seulement de s’être uni à la femme midianite. C’est réellement un affront fait à toute la communauté d’Israël en deuil après l’épisode des femmes moabites ayant détourné les Hébreux de l’Alliance contractée avec l’Eternel et de la fidélité due à l’Eternel (Nombres 25: 1-3).

La raison essentielle expliquant l’approbation divine au meurtre zélote commis par Pin’has se trouve probablement dans son interprétation de la vocation du Cohen, à savoir préserver avec la plus grande des rigueurs le lien de l’Alliance unissant Israël et l’Eternel:

ה בְּרִיתִי הָיְתָה אִתּוֹ הַחַיִּים וְהַשָּׁלוֹם וָאֶתְּנֵם-לוֹ מוֹרָא וַיִּירָאֵנִי וּמִפְּנֵי שְׁמִי נִחַת הוּא. (מלאכי ב: ה).ש

5 Mon pacte avec lui a été un gage de vie et de paix; je les lui ai accordées comme condition de son respect, et il m’a révéré et s’est humilié sous mon nom. (Malachie 2: 5).

Zimri Ben Salou, en cohabitant avec une païenne venant d’un peuple ennemi d’Israël, a non seulement brisé ce lien sur le plan individuel mais aussi méprisé totalement ce lien, alors que le peuple d’Israël venait de réaliser à quel point il a  trahi sa promesse de fidélité envers l’Eternel. En tuant, cet homme Pin’has, suivant en cela l’attitude des Lévi passant par le fil de l’épée les coupables de l’édification du veau d’or au mont Sinaï, sur l’injonction de Moïse, (Exode 32: 26-27),  sauve l’ensemble du peuple d’une perte inéluctable[2]:

ח וַיָּבֹא אַחַר אִישׁ-יִשְׂרָאֵל אֶל-הַקֻּבָּה וַיִּדְקֹר אֶת-שְׁנֵיהֶם אֵת אִישׁ יִשְׂרָאֵל וְאֶת-הָאִשָּׁה אֶל-קֳבָתָהּ וַתֵּעָצַר הַמַּגֵּפָה מֵעַל בְּנֵי יִשְׂרָאֵל. (במדבר כה: ח).ש

8 Et il (Pin’has) entra, sur les pas de l’Israélite, dans la tente, et les perça tous deux, l’Israélite ainsi que cette femme, qu’il frappa au flanc; et le fléau cessa de sévir parmi les enfants d’Israël. (Nombres 25: 8).

En effet, il ne s’agit point seulement ici d’un acte de débauche fréquent en d’autres circonstances. Les femmes moabites viennent, par cette débauche sacrée, d’entraîner les fils d’Israël à se prosterner devant leurs vaines idoles, et ainsi, de détourner les fils d’Israël de l’Eternel. C’est pourquoi l’Eternel a éprouvé une jalousie envers eux: il s’agit ici d’une lutte divine, exactement comme la lutte divine à l’origine des plaies d’Egypte:

יב וְעָבַרְתִּי בְאֶרֶץ-מִצְרַיִם בַּלַּיְלָה הַזֶּה וְהִכֵּיתִי כָל-בְּכוֹר בְּאֶרֶץ מִצְרַיִם מֵאָדָם וְעַד-בְּהֵמָה וּבְכָל-אֱלֹהֵי מִצְרַיִם אֶעֱשֶׂה שְׁפָטִים אֲנִי יְהוָה. (שמות יב: יב).ש

12 Je parcourrai le pays d’Égypte, cette même nuit; je frapperai tout premier-né dans le pays d’Égypte, depuis l’homme jusqu’à la bête et je ferai justice de toutes les divinités de l’Égypte, moi l’Éternel! (Exode 12: 12).

Et de la même manière que l’Eternel a jugé les Egyptiens entraînés vers leurs idoles, il juge à présent la communauté d’Israël qui se montre incapable de Lui garder fidélité.

Ces actes ont tous un caractère unique et non exemplaire.L’Alliance de Paix – Bérit Shalom conclue avec Pin’has n’est point sans rappeler l’Alliance éternelle de Paix conclue avec l’Humanité après le déluge:

יא וַהֲקִמֹתִי אֶת-בְּרִיתִי אִתְּכֶם וְלֹא-יִכָּרֵת כָּל-בָּשָׂר עוֹד מִמֵּי הַמַּבּוּל וְלֹא-יִהְיֶה עוֹד מַבּוּל לְשַׁחֵת הָאָרֶץ.

11 J’établirai mon alliance avec vous nulle chair, désormais, ne périra par les eaux du déluge; nul déluge, désormais, ne désolera la terre. »

יב וַיֹּאמֶר אֱלֹהִים זֹאת אוֹת-הַבְּרִית אֲשֶׁר-אֲנִי נֹתֵן בֵּינִי וּבֵינֵיכֶם וּבֵין כָּל-נֶפֶשׁ חַיָּה אֲשֶׁר אִתְּכֶם–לְדֹרֹת עוֹלָם.

12 Le Seigneur ajouta: « Ceci est le signe de l’alliance que j’établis, pour une durée perpétuelle, entre moi et vous, et tous les êtres animés qui sont avec vous.(Genese 9: 11-12)

Ainsi de la même manière que l’Eternel décrète qu’Il ne détruira plus jamais le Monde, l’Eternel promet également, après l’acte de Pin’has, de ne plus vouloir anéantir Israël.

Cependant, grand est le risque de légitimer le meurtre d’autrui au nom de l’Eternel[3]. Les Maîtres du Midrash expliquent, à ce propos, que Pin’has, alors Grand-Prêtre au temps du juge Iphta’h HaGuil’adi, aurait pu délier ce dernier du vœu visant à sacrifier sa fille unique mais apparemment, l’orgueil l’en empêcha. Ces Maîtres, faisant fi de la chronologie, mettent ainsi en avant l’impossibilité pour Pin’has de délier Iphta’h HaGuil’adi (Jephté) de son vœu. Or, comment expliquer ce fait? Iphta’h (Jephté) aurait pu se passer de prononcer ce vœu superflu car, non seulement Iphta’h possède un solide bagage historique démontrant que l’Eternel a toujours combattu aux côtés d’Israël (Juges 11: 15-27), mais en plus, il est déjà possédé par l’Esprit divin qui lui permet de combattre avec succès les Ammonites (Juges 11: 29). Ainsi, ce vœu inutilement prononcé par Iphta’h (Jephté) constitue l’aveu de son peu de confiance envers l’Eternel. Et c’est ce peu de confiance de Jephté qui est de fait jugé par Pin’has.

Aux Etats-Unis d’Amérique des groupes comme le Ku Klux Klan et plus particulièrement le mouvement  des «prêtres de Pin’has» («Phineas Priesthood») fonderont leur thèse raciste à l’encontre des Indiens et de la communauté Afro-américaine à partir de l’épisode de Pin’has vengeant l’honneur d’Israël, et ce, de manière absolument injustifiée, Pin’has n’ayant jamais agi à l’encontre d’une soi-disant race inférieure ou supérieure, mais ayant défendu la fidélité à l’Eternel alors que son peuple était en train de L’abandonner.

Il semble que le nœud du problème soit dans l’interprétation donnée à la Parole divine. Dans mon livre «le Secret de la Pérennité d’Israël»[4], je soutiens et développe, à la suite de Rashi, la thèse, certes très minoritaire, que le Patriarche Avraham a mal interprété la Parole de l’Eternel et a de la sorte été conduit à «sacrifier» son fils unique qu’il aimait tant. La confiance en l’Eternel peut-elle conduire un père ou une mère à assassiner sa progéniture? Seraient-ce donc là l’esprit et le sens de la Torah? Même si le cas de Pin’has reste unique dans la littérature biblique, le risque d’un débordement n’est jamais à exclure, comme le prouve l’exemple tragique du docteur Baroukh Goldstein assassinant en se suicidant, en 1994, vingt-neuf musulmans venus prier au caveau des Patriarches à Hébron.

L’analyse de la requête de l’Eternel s’adressant à Moïse lève une partie du voile sur la question de l’interprétation scripturaire.

ד וַיֹּאמֶר יְהוָה אֶל-מֹשֶׁה קַח אֶת-כָּל-רָאשֵׁי הָעָם וְהוֹקַע אוֹתָם לַיהוָה נֶגֶד הַשָּׁמֶשׁ וְיָשֹׁב חֲרוֹן אַף-יְהוָה מִיִּשְׂרָאֵל. (במדבר כה: ד).ש

4 Et le Seigneur dit à Moïse: « Prends tous les chefs du peuple et fais-les pendre au nom du Seigneur, à la face du soleil, pour que la colère divine se détourne d’Israël. » (Nombres 25: 4).

Le verbe הוֹקַע (Impératif hif’il de la racine י.ק.ע.) signifiant «pendre» détient également le sens de «s’éloigner, se détacher» (Jérémie 6: 8). Cette racine verbale  י.ק.ע. est d’ailleurs souvent rapprochée de deux autres racines נ.ק.ע. (Ezéchiel 23: 22; 28) et ק.ע.ע., signifiant «se retirer». Moïse comprendra-t-il le message? En effet, bien que le peuple lui-même se soit «détaché» spirituellement de l’Eternel, ses chefs devront en porter la responsabilité, car ils n’ont point arrêté le peuple dans son détachement de l’Eternel. Il est de fait «collé וַיִּצָּמֶד» aux divinités étrangères des femmes moabites par la «prostitution sacrée». Le peuple a donc péché par l’endroit même de la בְּרִית, de l’Alliance: la circoncision qui constitue la base même, la fondation de l’Alliance entre l’Eternel et Son peuple.

Le verbe «montrer du zèle pour l’Eternel»/ Kinné Lé…/  קִנֵּא ל- n’est point sans rappeler le nom de Caïn/קַיִן signifiant «acquérir, s’approprier le bien de…». Celui-ci, après le meurtre d’Abel, répond à l’Eternel: «Suis-Je[5] le gardien de mon frère?  Cette réponse, sous forme de question rhétorique, laisse sous-entendre: «Eternel, Toi le Gardien de mon frère,  Toi seul portes la responsabilité de la disparition d’Abel!». Les fondamentalismes religieux, de toutes parts, naissent d’une monopolisation de la Parole qui, comme à l’ère de la Tour de Babel, conduit à la manipulation des consciences. Combien d’hommes, de femmes et d’enfants, en ce monde, sont morts abusivement au Nom de l’Eternel! Ces interprétations abusives de l’acte de Pin’has, pour justifier des meurtres racistes entre autres, sont un détournement clair du sens véritable de la vocation d’Aaron et de ses descendants les prêtres, les Cohanim. En effet, si l’on revient au verset de Malachie (2: 5) attribué par les Sages d’Israël au Grand-Prêtre Aaron, la source biblique spécifie, précédant l’expression «וְהַשָּׁלוֹם Ve-Ha-Shalom, et la Paix», le terme «הַחַיִּים ha-Haïm, la Vie». Ce dernier mot, totalement absent de la promesse d’Alliance donnée à Pin’has ne révèle-t-il point les limites de cette dernière? En effet, pour en arriver à la Paix promise, il a fallu tuer. Or, l’Alliance doit avant tout être de Vie afin de devenir de Paix.

טו רְאֵה נָתַתִּי לְפָנֶיךָ הַיּוֹם אֶת-הַחַיִּים וְאֶת-הַטּוֹב וְאֶת-הַמָּוֶת וְאֶת-הָרָע. טז אֲשֶׁר אָנֹכִי מְצַוְּךָ הַיּוֹם, לְאַהֲבָה אֶת-יְהוָה אֱלֹהֶיךָ לָלֶכֶת בִּדְרָכָיו וְלִשְׁמֹר מִצְוֺתָיו וְחֻקֹּתָיו וּמִשְׁפָּטָיו וְחָיִיתָ וְרָבִיתָ וּבֵרַכְךָ יְהוָה אֱלֹהֶיךָ בָּאָרֶץ אֲשֶׁר-אַתָּה בָא-שָׁמָּה לְרִשְׁתָּהּ. (דברים ל: טו-טז).ש

15 Vois, je te propose en ce jour, d’un côté, la vie avec le bien, de l’autre, la mort avec le mal. 16 En faisant ce que je te recommande en ce jour: aimer l’Éternel, ton Seigneur, marcher dans ses voies, garder ses préceptes, ses lois et ses décrets, tu vivras, tu grandiras et tu seras béni de l’Éternel, ton Seigneur, dans le pays où tu vas entrer pour le conquérir. (Deutéronome 30: 15-16).

 

[1]Parashat Pin’has, Nombres 25: 10- 30: 1

[2] Moïse marié à Tsipora une midianite, s’abstint d’agir.

[3] Cf. L’ouvrage du Rav Jonathan Sacks «Not in God’s Name: Confronting Religious Violence», Editions Hodder & Stoughton.

[4]» Le Secret de la Pérennité d’Israël». Haïm Ouizemann, Editions Emeth

[5] אָנֹכִי /Anokhi est généralement associé au Divin: Exode 20: 2.

 

Shabbat shalom !

hebreubiblique@gmail.com

Avec toutes mes amitiés,

Haïm Ouizemann

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5 Responses to Parashat Pin’has,  Alliance de Paix, Alliance de Vie

  1. cathou dit :

    Ce ne sont pas les femmes de Moab qui entraînent les israéliens, Israël se met, de sa pleine volonté, sous le joug de ces filles et de leurs Dieux, en particulier Baal, qui restera longtemps dans les foyers israélites. Ce qui déplait à Dieu c’est ce choix délibéré, volontaire.

    Le Dieu unique biblique pose un problème: par son exigence, il isole les Hébreux des autres peuples sans pour autant en faire un peuple supérieur. Il n’existe aucun humain supérieur à un autre, chaque humain est à l’image de Dieu, et c’est dit dès les premières lignes bibliques, c’est aussi une évidence universelle, même dans le polythéisme, l’animisme et autre forme de spiritualité.
    .

    En effet dans les Temples grecs et Romains, tous les Dieux sont représentés et le « Dieu inconnu » a son autel, pour accueillir les autres Dieux, les autres croyances. Aujourd’hui ce système existe encore en Inde, bien qu’au fil des dégradations volontaires, les Temples Hindous sont souvent fermés aux non-Hindous.
    Qu’ont fait les 1ers chrétiens??? Ils ont pris possession de ces temples, les ont saccagé, ont supprimé toutes traces des divinités connues et inconnues avec intransigeance et intolérance…. au nom du Dieu unique.

    L’antisémitisme prend sa source ici!!
    Comme d’ailleurs l’anti christianisme auquel vont se trouver confronter les 1ers chrétiens .
    Mauvaise interprétation du texte biblique OUI. On peut dire qu’en surface le texte nourrit l’antisémitisme (je dis bien en surface, donc superficiellement)
    En effet s’il faut tuer les tentations, tuer les errances de l’esprit; Tuer les humains n’a aucune utilité! (c’est même un interdit universel)
    On ne tue pas son prochain simplement parce qu’il pense et vit autrement, parce qu’il a un autre Dieu.
    On peut être amené à donner la mort si ce prochain menace notre vie physique, on est là dans l’instinct de survie et de l’urgence.
    Mais personne ne menace jamais notre pensée profonde sans notre accord plein et entier. Il nous appartient, à chacun de nous, de tuer les pensées qui nous sont nocives, tuer en nous, nos pensées, voir nos actions… si on les estime mauvaises pour nous, mais ce qui est nocif pour un, n’est pas forcément nocif pour l’autre. Il appartient à chacun de voir, de comprendre, d’écouter ce qui est nocif, et de le refuser.
    Évidemment à ce niveau le texte biblique est très imagé: Tuer ce qui est nocif, est décrit comme Tuer mon prochain, ennemi du moi profond.
    Si on ne se réfère pas à l’interdiction formelle « Tu ne tueras point », qui donne la clé du texte, on a les tueries, les massacres que l’humanité connait depuis des siècles. Hélas!!!

  2. cathou dit :

    Alliance de paix, Alliance de vie: la paix, sur le long terme, ne semble pas « bonne » pour l’humain.
    C’est curieux, mais on est obligé de constater qu’un peuple qui vit en paix, en sécurité, s’affaiblit, s’appauvrit, oublie la spiritualité pour se tourner vers le confort matériel à outrance.
    Comme l’animal, l’humain se doit de vivre continuellement sur le qui-vive, ouvert aux autres, en combat sur lui-même, sinon il se détruit. Le jeune enfant affronte ses parents, il a besoin de cet affrontement pour se construire.

    Le Dalaï-Lama nous dit: « il faut aimer son ennemi comme on s’aime soi-même ». On a besoin de l’ennemi quelle que soit sa forme. Au fond c’est l’ennemi, c’est le combat, l’affrontement qui nous dévoile ce que nous sommes.

    Le « Grand Robert » indique au mot Paix: agrément d’une convention entre 2 partie belligérantes
    Ce qui nous indique clairement que la Paix est indissociable de la Guerre, exactement comme la Vie est indissociable de la Mort

    Ton article Haîm, amène loin le raisonnement. à l’heure de la mondialisation, où nos gouvernants souhaitent une humanité uniforme, matérialiste, soumis à un seul pouvoir, se met en place un monde multipolaire. et c’est formidable!! certes un monde multipolaire est un monde où plusieurs pouvoirs sont en place, de même puissance, et s’affrontent… ce qui bien souvent chez l’humain amène la guerre, donc les tueries, donc la mort….. mais aussi une humanité qui bouge, qui vit.
    Une humanité soumise à une seule puissance, un seul pouvoir, uniformisée est une humanité qui se détruit. l’instinct de survie passe par le multipolaire, le multiculturalisme.

    Je dirai que si le récit biblique est ainsi construit, avec comme image première « TUER l’Autre », c’est que environ 80% de l’humanité ne va jamais aller plus loin que le 1er degré de compréhension.
    Même lorsque l’interdit de tuer est profondément ancré dans les traditions.
    Le récit biblique, comme tous les récits fondateurs tracent un portrait de l’humain sans faille, sans fard, sans faiblesse, sans complaisance.
    Le texte sait que certains vont approfondir, voir au-delà des apparences et donne la possibilité à chacun de pouvoir aller au delà, en dessous, de la surface.

  3. cathou dit :

    Au fond, le récit biblique nous dit que Dieu est à la fois le bien et le mal. Dieu jaloux, Dieu qui extermine, Dieu qui accepte….. est tellement à l’image de l’Humain.

  4. Ping : Parashat Pinhas, Josué le successeur de Moïse | L'hébreu biblique – Le blog de Haïm Ouizemann

  5. Anga Christian dit :

    Merci Haim, excellent travail

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