Parashat Béréshit, un Monde de bénédictions

Dès le début de la Création, l’Eternel bénit son œuvre par Sa «Bénédiction BéRaKHa בְּרָכָה»:

כב וַיְבָרֶךְ אֹתָם אֱלֹהִים לֵאמֹר פְּרוּ וּרְבוּ וּמִלְאוּ אֶת-הַמַּיִם בַּיַּמִּים וְהָעוֹף יִרֶב בָּאָרֶץ. (בראשית א: כב).ש

22 Dieu les[1] bénit en disant: Croissez et multipliez remplissez les eaux, habitants des mers oiseaux, multipliez sur la terre! (Genèse 1: 22).[2]

C’est de cette même Bénédiction dont bénéficie ADaM:

כח וַיְבָרֶךְ אֹתָם אֱלֹהִים וַיֹּאמֶר לָהֶם אֱלֹהִים פְּרוּ וּרְבוּ וּמִלְאוּ אֶת-הָאָרֶץ וְכִבְשֻׁהָ וּרְדוּ בִּדְגַת הַיָּם וּבְעוֹף הַשָּׁמַיִם וּבְכָל-חַיָּה, הָרֹמֶשֶׂת עַל-הָאָרֶץ. (בראשית א: כח). ש

28 Le Seigneur les bénit en leur disant « Croissez et multipliez! Remplissez la terre et soumettez-la! Commandez aux poissons de la mer, aux oiseaux du ciel, à tous les animaux qui se meuvent sur la terre! » (Genèse 1: 28)

Quelle peut être la signification de cette Bénédiction donnée aussi bien aux animaux qu’à l’Humanité entière à travers ADaM, l’Homme primordial?

La Bénédiction divine fait état du pouvoir de reproduction biologique aussi bien chez l’animal que chez l’Homme. Rien sur le plan de la reproduction ne les distingue fondamentalement. L’Eternel fait don la Vie à toutes Ses créatures sans aucune distinction. Ce cadeau divin absolument gratuit qui ne récompense aucune action est nécessaire pour perpétuer le cycle de la Vie sur le globe terrestre et pour la conservation des espèces. L’Homme ne déroge point à la loi du cycle naturel de reproduction. Il est de par son origine biologique totalement dépendant de cette dernière.

La racine de la Bénédiction réapparaît une troisième fois lors de l’achèvement de la Création le Jour du Shabbat:

ג וַיְבָרֶךְ אֱלֹהִים אֶת-יוֹם הַשְּׁבִיעִי וַיְקַדֵּשׁ אֹתוֹ כִּי בוֹ שָׁבַת מִכָּל-מְלַאכְתּוֹ אֲשֶׁר-בָּרָא אֱלֹהִים לַעֲשׂוֹת. (בראשית ב: ג).ש

3 Le Seigneur bénit le septième jour et le proclama saint, parce qu’en ce jour il interrompit son œuvre entière qu’il avait créée et organisée. (Genèse 2: 3).

La Bénédiction, cette fois-ci liée à l’arrêt de toute activité créatrice, conduit l’Homme à adopter une position de retrait face à son propre labeur.

La Bénédiction divine est donc porteuse d’une double dimension à la fois diastolique[3] et systolique[4]. Cette dynamique énergétique de flux et de reflux, de croissance régulée constitue l’essence même de la Vie. La Bénédiction est le cœur même du Monde!

Il faut remarquer que, selon la Tradition d’Israël, les trois premiers versets du deuxième chapitre de la Genèse, auquel se rattache ce dernier passage, appartiennent, selon toute logique, au premier chapitre et le finalise.[5]

La notion de Bénédiction ne réapparaît qu’au cinquième chapitre de la Genèse. Pourquoi donc les chapitres deux[6], trois et quatre occultent le rôle de la Bénédiction divine? Or, le deuxième chapitre, à l’opposé du premier chapitre où le cycle vital se développe naturellement sans aucune intervention extérieure jusqu’à l’apparition des êtres humains, met en lumière la relation de l’Homme au Monde en attente de l’Homme pour croître et se développer:

ה וְכֹל שִׂיחַ הַשָּׂדֶה טֶרֶם יִהְיֶה בָאָרֶץ וְכָל-עֵשֶׂב הַשָּׂדֶה טֶרֶם יִצְמָח  כִּי לֹא הִמְטִיר יְהוָה אֱלֹהִים עַל-הָאָרֶץ וְאָדָם אַיִן לַעֲבֹד אֶת-הָאֲדָמָה. (בראשית ב: ה).ש

5 Or, aucun produit des champs ne paraissait encore sur la terre, et aucune herbe des champs ne poussait encore; car l’Éternel-le Seigneur n’avait pas fait pleuvoir sur la terre, et d’homme, il n’y en avait point pour cultiver la terre. (Genèse 2: 5).

La présence de la créature humaine s’avère nécessaire à l’émergence de la Vie. La graine porteuse de force vitale ne donne sa fleur et son fruit que par le travail de l’Homme (Genèse 2: 15).

Le chapitre trois relate la chute de ‘HaVa et d’ADaM qui, tentés par le Serpent, consomment du fruit de l’arbre de la Connaissance du Bien et du Mal (Genèse 3: 6) et entraînent à leur suite la malédiction sur la terre:

יז וּלְאָדָם אָמַר כִּי-שָׁמַעְתָּ לְקוֹל אִשְׁתֶּךָ וַתֹּאכַל מִן-הָעֵץ, אֲשֶׁר צִוִּיתִיךָ לֵאמֹר לֹא תֹאכַל מִמֶּנּוּ-אֲרוּרָה הָאֲדָמָה בַּעֲבוּרֶךָ בְּעִצָּבוֹן תֹּאכְלֶנָּה כֹּל יְמֵי חַיֶּיךָ.

(בראשית ג: יז)

ש

17 Et à l’homme il dit: « Parce que tu as cédé à la voix de ton épouse, et que tu as mangé de l’arbre dont je t’avais enjoint de ne pas manger, maudite est la terre à cause de toi: c’est avec effort que tu en tireras ta nourriture, tant que tu vivras. (Gen. 3: 17)

Pourtant, la source biblique met l’accent sur l’interdiction catégorique de consommer du fruit de cet arbre:

טז וַיְצַו יְהוָה אֱלֹהִים עַל-הָאָדָם לֵאמֹר: מִכֹּל עֵץ-הַגָּן אָכֹל תֹּאכֵל.יז וּמֵעֵץ הַדַּעַת טוֹב וָרָע לֹא תֹאכַל מִמֶּנּוּ: כִּי בְּיוֹם אֲכָלְךָ מִמֶּנּוּ מוֹת תָּמוּת. (בראשית ב: טז-יז).ש

16 L’Éternel-le Seigneur donna un ordre à l’homme, en disant: « Tous les arbres du jardin, tu peux t’en nourrir; 17 mais l’arbre de la science du bien et du mal, tu n’en mangeras point: car du jour où tu en mangeras, tu mourras certainement! » (Genèse 2: 16-17).

Alors que la bénédiction est un don divin gratuit, l’injonction divine, quant à elle, a pour dessein de mettre l’Homme à l’épreuve de son propre libre-arbitre. Réussira-t-il à dominer ses passions destructrices et à tenir droit face à sa propre conscience?  La Bénédiction divine s’étend à la Création dès lors que l’Homme répond à l’appel de l’Eternel.

Quant au chapitre quatre, il relate la mort tragique de HeVeL (Abel) tué par son frère CaIN (Genèse 4: 8). La malédiction s’abat sur ce dernier qui ne pourra désormais plus jouir des  fruits de la terre:

יא וְעַתָּה אָרוּר אָתָּה מִן-הָאֲדָמָה אֲשֶׁר פָּצְתָה אֶת-פִּיהָ לָקַחַת אֶת-דְּמֵי אָחִיךָ מִיָּדֶךָ. יב כִּי תַעֲבֹד אֶת-הָאֲדָמָה לֹא-תֹסֵף תֵּת-כֹּחָהּ לָךְ נָע וָנָד תִּהְיֶה בָאָרֶץ. (בראשית ד: יא-יב).ש

11 Eh bien! Maudis sois-tu à cause de cette terre, qui a ouvert sa bouche pour recevoir de ta main les sangs de ton frère! » 12 Lorsque tu cultiveras la terre, elle cessera de te faire part de sa force; tu seras errant et fugitif par le monde. » (Genèse 4: 11-12)

CaIN, à l’origine agriculteur, proche de la terre nourricière, se coupe de la Bénédiction divine. La terre doublement maudite, dépourvue de toute vitalité, lui devient totalement stérile.  De même, au temps de la malédiction de la Shoah, avant d’être assassiné au camp d’extermination d’Auschwitz, Pavel Friedmann (1921-1944), poète juif de Tchécoslovaquie, laisse à la postérité l’un des plus célèbres poèmes écrit au sein même du ghetto de Theresienstadt: «le Papillon». Ce poème qui inspirera l’anthologie «Je n’ai jamais vu de papillons», anthologie de poèmes et de dessins rédigés et produits par des enfants juifs déportés au camp de concentration de Theresienstadt, s’achève tragiquement:« c’était le dernier des derniers car les papillons ne vivent point au ghetto.» (4  juillet 1942).

Après cette longue occultation due à la dégradation de l’Homme incapable de se dominer, et par conséquent, incapable de dominer le monde qui l’entoure, la Bénédiction divine réapparaît au chapitre cinq de la Genèse:

ב זָכָר וּנְקֵבָה בְּרָאָם וַיְבָרֶךְ אֹתָם וַיִּקְרָא אֶת-שְׁמָם אָדָם בְּיוֹם הִבָּרְאָם. (בראשית ה: ב).ש

2 Il les créa mâle et femelle, les bénit et les appela l’homme, le jour de leur création. (Genèse 5: 2).

L’on assiste, en ce chapitre, à un renouveau de la Création. En effet, après les échecs successifs de l’Humanité naissante, la généalogie d’ADaM fait abstraction totale de toute la lignée de CaIN disparue à jamais et débute par SheT שֵׁת «fondement, fondation», père d’ENOSh אֱנוֹשׁ, à savoir du genre humain אֱנוֹשׁוּת (ENOShOuT) en devenir (Genèse 5: 3-11):

כו וּלְשֵׁת גַּם-הוּא יֻלַּד-בֵּן וַיִּקְרָא אֶת-שְׁמוֹ אֱנוֹשׁ אָז הוּחַל לִקְרֹא בְּשֵׁם יְהוָה. (בראשית ד: כו). ש

26 A SheT, lui aussi, il naquit un fils; il lui donna pour nom ENOSh. Alors on commença d’invoquer le nom de l’Éternel. (Genèse 4: 26)

L’invocation par l’Homme du Nom divin reconnaissant le Seigneur- ELoHIM אֱלֹהִים comme la Source exclusive de toute la mystérieuse et merveilleuse Création ouvre un nouvel espoir de Bénédiction pour l’Humanité entière. En effet, la généalogie d’Adam s’achève provisoirement avec la naissance de Noa’H (נֹחַ, Noé) appelé à restaurer la Bénédiction perdue:

כט וַיִּקְרָא אֶת-שְׁמוֹ נֹחַ לֵאמֹר זֶה יְנַחֲמֵנוּ מִמַּעֲשֵׂנוּ וּמֵעִצְּבוֹן יָדֵינוּ, מִן-הָאֲדָמָה אֲשֶׁר אֵרְרָהּ יְהוָה. (בראשית ה: כט).ש

29 Il l’appela du nom de Noé, en disant: « Puisse-t-il nous soulager de notre tâche et du labeur de nos mains, causé par cette terre qu’a maudite l’Éternel! » (Genèse 5: 29).

 

[1] «Les cétacés énormes, et tous les êtres animés qui se meuvent dans les eaux» Genèse 1: 21.

[2] Parashat Béréshit 1: 1- 6: 8

[3]  Phase de relâchement du cœur.

[4]  Phase de contraction du cœur.

[5]  Le découpage en chapitres est réalisé au 13e siècle par l’ecclésiastique anglais Étienne Langton, archevêque de Canterbury et grand chancelier de l’Université de Paris. Ce découpage ne suit point toujours le sens de la source biblique.

[6]  Selon le découpage hébraïque qu’il est plus juste d’adopter.

 

Shabbat shalom !

hebreubiblique@gmail.com

Avec toutes mes amitiés,

Haïm Ouizemann

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5 Responses to Parashat Béréshit, un Monde de bénédictions

  1. cathou dit :

    «  » »La présence de la créature humaine s’avère nécessaire à l’émergence de la Vie. La graine porteuse de force vitale ne donne sa fleur et son fruit que par le travail de l’Homme » » »
    Oui, peut-être… mais je suis pas entièrement d’accord avec ça. (ah mon Haïm… toujours à redire celle-là..èhèhèhèhè )
    La Vie est présente bien avant l’humain, et au fond.. la vie n’a pas besoin de l’humain pour se reproduire.
    -Quel animal a besoin de l’homme pour sa reproduction?? (oui bon certains animaux tellement domestiqués qu’ils en deviennent pratiquement stériles)
    -Quelle plante a besoin de l’homme pour se reproduire?? (là encore seules les plantes « bricolées » par l’humain ont besoin de l’humain pour se reproduire).
    Les animaux, comme les plantes ont leurs propres modes de protection lorsque le nombre devient envahissant sur un même territoire.
    C’est ce que nous dit le début de la Genèse.

    Mais en effet la suite contredit ce premier texte,,, ou plus exactement le complète.
    il explique que Dieu plante un jardin, donc un espace clôt, pour y placer l’homme qu’il avait formé. On a un peu l’impression que l’homme tout juste formé, vit d’air et de poussière, ou bien ne vit pas (n’est pas réellement vivant), avant d’être placé dans ce jardin. (genèse 2.7… )
    ce passage est très important: on a la description d’un lieu sans vie, sans herbes, sans arbres.
    Dieu crée l’homme et lui insuffle l’haleine de vie par les narines et l’humain devient vivant. à remarquer que cette description nous indique une vie respiratoire… comme le tout nouveau-né qui pousse son premier cri en gonflant d’air ses petits poumons.
    On peut donc déduire que l’humain déposé par Dieu dans ce jardin, dans cet espace clôt, est à l’état de nouveau-né: vivant certes; mais…. il a tout à apprendre, d’où le texte qui nous dit: «  » le Seigneur Dieu prit l’homme et l’établit dans le jardin pour cultiver le sol et le garder » (genèse 2.15)
    le mot « cultiver » n’indique pas que l’humain est indispensable à ce jardin, NON, c’est le jardin qui est indispensable à l’homme… pour se nourrir, mais aussi pour apprendre. Apprendre ce qu’est la Vie, Apprendre l’environnement dans lequel il vit (le mot jardin indiquant un lieu clôt, un lieu qu’on entretien), Apprendre à entretenir et à garder ce jardin (donc à ne pas le négliger)

    Ce jardin est particulier, puisqu’il y est planté 2 arbres: un arbre de vie et un arbre de la connaissance du bonheur et du malheur.
    L’arbre de vie, qui sera ensuite extrêmement protégé, mis à l’abri, me questionne:
    -pourquoi un arbre de vie, alors que ce jardin et l’homme de ce jardin sont déjà vivants??
    -pourquoi ensuite faire garder cet arbre, alors qu’à aucun moment Dieu ne dit de ne pas manger de cet arbre?? («  »Tu ne mangeras pas de l’arbre de la connaissance… » »)

    L’arbre de la connaissance du bien et du mal, est là, à la vue et à disposition de l’humain. Dieu conseille juste à l’Humain de ne pas en manger «  »tu ne mangeras pas de cet arbre » ». Dieu si prompt à interdire, explique à l’homme que s’il mange de cet arbre, il devra mourir. au fond….. il laisse le choix à l’homme.
    Nous savons tous qu’à un moment donné, l’homme et la femme vont « voir » cet arbre. «  » la femme vit que l’arbre était bon à manger » ». Pour la première fois cet homme et cette femme qui se baladent nus dans le jardin, mangeant à leur faim, sans soucis, VOIENT.
    Il est évident que l’humain a toujours été conçu pour voir (comprendre, raisonner, réfléchir)
    La femme devient Eve: la vivante, après avoir mangé le fruit (il est à noté que c’est tout d’abord la femme qui voit, et qui ose tendre la main vers l’arbre. à noter que c’est Elle qui devient vivante (on pourrait dire que par ce geste elle devient capable de se reproduire, de porter la vie)

    pour moi il n’y a pas de cassure dans ce jardin d’Eden. il y a la description de ce qu’est l’humain.
    la grande différence entre un animal et un humain est que l’animal n’a pas de désirs.
    L’animal se reproduit quand ses hormones lui disent de se reproduire, l’animal mange quand il a faim, il boit quand il a soif, l’animal ne gaspille pas, l’animal accepte sa souffrance, sa soif, sa faim, ses blessures, le froid, la pluie (il se recroqueville dans un coin et attend; il n’y a pas d’évolution autre que les adaptations aux changements environnementaux).
    L’humain devra lutter toute sa vie contre ses désirs. Tout est désir chez l’humain: la reproduction, la nourriture, la boisson, la santé, le confort….
    L’humain souffre à cause des désirs qu’il porte en lui. L’humain n’a pas créé cet état de désir, Dieu l’a créé avec cet état de désirs… ce qui rend l’Humain semblable aux Dieux «  » Voici que l’homme est devenu comme l’un de nous… »
    Donc je dirai plutôt que le désir engendre la créativité et la destruction. ni les animaux, ni les végétaux, ni la terre n’ont besoin de l’humain, mais l’Humain a besoin des animaux , des végétaux, de la terre pour se réaliser, ou plutôt pour assouvir ses désirs, ses volontés, ses idées créatrices.
    comme les animaux et les végétaux sont tous aussi mortels que nous, le désir engendre aussi la mort, une mort différente, destructrice, que ne connaissent pas les animaux.

    que dit Dieu après, «  » »…Est ce que tu as mangé de l’arbre dont je t’avais prescrit de ne pas manger…? » » »Là encore il n’y a pas d’interdit, Dieu avait prescrit de ne pas manger, il avait conseillé de ne pas manger. Maintenant que tu as mangé de cet arbre, tu as fait un choix et bien tu dois assumer ce choix et ce qui en découle.

    il y a dans ce passage une très grande connaissance de l’Humain. ce passage s’ancre dans tous les récits fondateurs, parfois très différents dans les faits, mais qui tous démontrent combien la connaissance de l’humain est ancienne, et sans faille (hélas)

  2. cathou dit :

    Il est à remarquer que si l’homme posé dans le jardin d’Eden vit parce qu’il respire, il semble ne pas être capable de se reproduire. La femme ne devient Eve, la vivante capable de donner la vie qu’après avoir mangé du fruit de l’arbre. ce qui indiquerait que l’injonction divine: « Soyez féconds et prolifiques » n’est valable pour l’humain qu’après avoir consommé de l’arbre de la connaissance et du mal. Dans ce cas nous sommes loin d’une faute destructrice, d’une brisure, d’un libre-arbitre destructeur. puisque le choix d’exercer ce libre-arbitre nous permet de nous reproduire et de devenir comme des Dieux. Nous permet donc de sortir d’un état de nouveau né, d’enfant, vers un état adulte.
    Ne pas oublier que « … car du jour où tu en mangeras, tu mourras certainement!  » n’indique pas un interdit arbitraire, seulement l’indication de ce qui arrivera le jour où l’humain choisira d’exercer son libre-arbitre. Dieu dit bien par ces mots que seul l’humain a la possibilité de choisir de manger ou de ne pas manger de cet arbre . On est très loin du « tu ne tueras point »: interdit absolu qui ne prévoit pas de condition pour le jour où on se décidera à tuer.
    Dieu sait que l’humain sera attiré par cet arbre, Dieu sait que l’humain consommera de cet arbre parce que le désir est dans sa nature, Dieu sait que lorsque ce jour arrivera l’Humain se différenciera définitivement des animaux. Dieu sait que l’humain n’a aucune capacité de dominer le monde. Dieu sait que l’humain va essayer de dominer, de créer (à son image) Dieu sait que l’humain est en recherche constante de cette volonté de dominer, de créer, de comprendre, Dieu sait que l’humain se consumera dans cette quette. On peut dire que la disparition de l’humain est déjà annoncée.

    Il est à remarquer qu’on a une évolution intéressante dans ce jardin: «  » leurs yeux s’ouvrirent et ils surent qu’ils étaient nus. Ayant cousu des feuilles de figuier, ils s’en firent des palmes » » puis plus loin «  »Le Seigneur Dieu fit pour Adam et sa femme des tuniques de peau dont il les revêtus. » » Curieux de couvrir un homme et une femme déjà couvert, non???
    On peut donc penser que l’humain mit qq temps à quitter le cocon du jardin. Il est d’ailleurs à remarquer que les 1ers enfants de ce couple Cain et Abel sont agriculteurs et éleveurs, ce qui indique un état de sédentarité relative.
    On peut penser que l’état de désir, de sentiments, porté par l’humain a besoin d’être caché (par un pagne, par des peaux de bêtes), caché, enfoui??? Est ce une manière de nous indiquer que l’Humain n’est plus un animal, ou plutôt un « animal doué de raisonnement »

    On peut d’ailleurs penser que Dieu ne se met pas en colère parce que ce fruit non prescrit fut mangé, mais peut-être plutôt par les réponses d’Adam et Eve, qui, au lieu de reconnaître que « ben oui ce fruit nous a semblé bon, on a voulu le goûter » reporte la faute sur le serpent pour Eve, sur la femme pour Adam.

    La descendance de Cain disparaît du récit biblique, OUI!! Mais il est peu probable qu’elle disparaisse de la surface de la terre.
    Pour moi, ce début de Genèse est une présentation de l’humain. ce qu’est l’humain par rapport au reste du monde vivant. On ne peut même pas dire que c’est la naissance du monothéisme; même si le texte parle du Seigneur Dieu, il n’empêche que ce Seigneur Dieu dit «  »voici l’homme devenu comme l’un de Nous par la connaissance… «  » Dieu utilise le pluriel. Le récit biblique indique par là, combien le polythéisme est présent, le récit biblique remet le texte dans l’histoire humaine universelle.

    Il y a une phrase très intéressante Genèse 6. 3: «  » le Seigneur dit: mon esprit ne dirigera pas toujours l’humain; Il n’est que chair.. » »
    L’homme placé dans l’Eden n’est que chair, consommer de l’arbre de la connaissance lui donne un esprit capable de libre-arbitre, un esprit capable de raisonnement, capable de sentiments, capable de choix, capable de se responsabiliser, capable de reconnaître les merveilles qui l’entourent (contrairement aux animaux), capable d’aimer; mais aussi capable de voir les ténèbres, le mal, le moche, capable de haïr. L’humain créé par Dieu est très proche de Dieu (créé à son image) mais l’humain ne sera toujours que chair. Ne nous leurrons pas l’humain créé à partir de terre et de poussière, qui vit grâce à la respiration n’est que chair!! c’est en consommant de l’arbre de la connaissance qu’il a une chance de se rapprocher du Divin, de faire fonctionner sa pensée… Mais il restera chair avant tout: Dieu n’est qu’esprit, l’humain n’est que chair!!!

  3. Giovanni dit :

    giovanni dit :
    Bonjour Cathou, il serait souhaitable pour le bien de tous de ne pas trop d’étendre dans tes commentaires car tu parles plus que Haim. Je ne lis que quelques lignes, tellement tes commentaires sont longs. Imagines que tout le monde fasse comme toi…. Shabbat shalom

    • cathou dit :

      Oui Giovanni, vous avez raison… le récit biblique est tellement riche d’enseignement, que j’ai besoin de développer pour comprendre.
      Haïm a la grande capacité de savoir ouvrir l’esprit, le dialogue, l’échange et avant tout: la réflexion. Il y a des personnes qui n’ont besoin que de qq lignes pour dire leur réflexion, d’autres ont besoin de plus de mots. Chacun est comme il est.
      Je vous rassure:: vous n’êtes nullement obligé de me lire, c’est l’article de Haïm qui est important.

  4. cathou dit :

    Oui Haïm,l’humain est bénit dès sa création, l’univers est bénit dès sa création.
    C’est la raison pour laquelle j’ai bien du mal à « donner ma bénédiction ». Dieu a bénit et pour moi ça suffit. Oui d’accord je comprends très bien que l’humain peut rappeler cette bénédiction … Mais bon, chacun sa façon de voir.

    Caïn et Abel sont situés après la parenthèse de l’Eden. si pour moi l’Eden est en fait plus une constatation qui doit interpeller tout au long de nos vies: « l’humain ni Dieu, ni bête »
    Caïn affirme que l’humain est bel et bien fait de chair, avant d’être esprit.
    «  » » »CaIN, à l’origine agriculteur, proche de la terre nourricière, se coupe de la Bénédiction divine. La terre doublement maudite, dépourvue de toute vitalité, lui devient totalement stérile. «  » » Oui c’est l’agriculteur (celui qui cultive la terre) qui fait preuve de violence; l’éleveur est présenté comme profitant des bienfaits terrestres, simplement, respectueux du divin.
    Au fond je suis en train de réaliser que là aussi, ce petit passage dit bien plus que le meurtre de son frère. Caïn se coupe t’il de la bénédiction, je ne sais pas. Certes il est maudit du sol (faut il interpréter que c’est le sol qui maudit Caïn et non Dieu?? )
    Caïn termine, ou plutôt confirme la description de l’homme, commencée dans l’Eden: l’humain sera toujours avide…. jusqu’au meurtre. et nous avons là la raison première de toutes les guerres de tous les temps, présentées comme justicières, de défense, de religions. C’est l’avidité qui est la raison première du sang versé.
    Maintenant c’est le sang d’Abel, un sang innocent, qui imprègne le sol… sang symbole de vie, de nourriture.

    Avec Seth nous commençons vraiment l’histoire des humains.

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