Parashat VaEra, Renvoie mon peuple!

ארכיון ציוני מרכזי, ארכיון ציוני מרכזי ©

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En cette péricope VaEra, l’on assiste à l’intervention de la Providence divine avec les dix plaies d’Egypte par le biais de MOSheH et de son frère AHaRoN.  MOSheH est investi d’une double mission. Associé à son frère AHaRoN, il doit, en premier lieu, extirper ses propres frères hébreux du creuset de fer, l’Egypte esclavagiste et d’autre part, comme Prophète consacré à l’Eternel, il a pour mission de convaincre Pharaon de libérer les Hébreux soumis à l’aliénante humiliation d’un régime dépourvu de toute conscience humaine (Exode 7: 16).

Ce double défi transparaît à travers la mention du verbe « י. ד.ע / Y. D. ‘ » signifiant à la fois «connaissance» et «reconnaissance».

Les plaies d’Egypte sont essentiellement des signes divins visant à éveiller la conscience de la Liberté chez les Hébreux prisonniers depuis maintes générations dans l’empire des dieux et contraindre l’Egypte, ses dignitaires et son peuple à reconnaître la Source divine de la Création et de l’Histoire.

  • Connaissance intime entre Israël et l’Eternel (בְּרִית BéRIT/ Alliance):

ז וְלָקַחְתִּי אֶתְכֶם לִי לְעָם וְהָיִיתִי לָכֶם לֵאלֹהִים וִידַעְתֶּם כִּי אֲנִי יְהוָה אֱלֹהֵיכֶם הַמּוֹצִיא אֶתְכֶם מִתַּחַת סִבְלוֹת מִצְרָיִם. (שמות ו: ז).ש

7 Je vous prendrai pour peuple, je deviendrai votre Seigneur; et vous reconnaîtrez que moi, l’Éternel, je suis votre Seigneur, moi qui vous aurai soustraits aux souffrances de l’Égypte. (Exode 6: 7)[1]
  • Reconnaissance du Nom de l’Eternel, du tétragramme par les Egyptiens:

ה וְיָדְעוּ מִצְרַיִם כִּי-אֲנִי יְהוָה בִּנְטֹתִי אֶת-יָדִי עַל-מִצְרָיִם וְהוֹצֵאתִי אֶת-בְּנֵי-יִשְׂרָאֵל מִתּוֹכָם. (שמות ז:ה; יז; ח:ו; ט: יד).ש

5 Et l’Egypte reconnaîtra que je suis l’Éternel, lorsque j’étendrai ma main sur eux et que je ferai sortir du milieu d’eux les enfants d’Israël. » (Exode 7: 5; 17; 8: 6; 9: 14).

Toutefois, MOSheH, pleinement conscient qu’il ne pourra aucunement convaincre Pharaon sans toutefois obtenir la reconnaissance préalable des siens, doit trouver une voie lui ouvrant le cœur de ses frères esclaves:

יב וַיְדַבֵּר מֹשֶׁה לִפְנֵי יְהוָה לֵאמֹר הֵן בְּנֵי-יִשְׂרָאֵל לֹא-שָׁמְעוּ אֵלַי וְאֵיךְ יִשְׁמָעֵנִי פַרְעֹה וַאֲנִי עֲרַל שְׂפָתָיִם. (שמות ו: יב).ש

12 Mais Moïse s’exprima ainsi devant l’Éternel: « Quoi! les enfants d’Israël ne m’ont pas écouté[2] et Pharaon m’écouterait, moi qui suis incirconcis de la parole! » (Exode 6: 12)

Quelle démarche va donc adopter MOSheH pour à la fois briser l’orgueil de Pharaon et permettre aux fils d’Israël de se préparer à la Sortie d’Egypte par l’acceptation du joug divin?

MOSheH, désemparé et en devenir de prophétie, fait appel à l’esprit רוּחַ de YOSePh qui s’avère n’avoir jamais abandonné, même soumis aux plus grandes épreuves de sa vie, ses origines d’Hébreu (Genèse 39: 14; 41: 12). Ainsi, MOSheH marchant sur les traces de YOSePh commence d’abord par chercher ses propres racines au sein de la communauté hébraïque et ne s’arrête qu’après avoir trouvé sa propre famille biologique (Exode 6: 14- 25). L’Eternel lui avait déjà rappelé les Patriarches et, par voie de conséquence, l’Alliance conclue avec eux et l’élection d’Israël qui en découle  (Exode 3: 13; 15). Aussi, l’Eternel lui demandera expressément de s’adresser à Pharaon en son Nom, qui est et reste en premier lieu אֱלֹהֵי הָעִבְרִים, «le Seigneur des Hébreux»:

טז וְאָמַרְתָּ אֵלָיו יְהוָה אֱלֹהֵי הָעִבְרִים שְׁלָחַנִי אֵלֶיךָ לֵאמֹר שַׁלַּח אֶת-עַמִּי וְיַעַבְדֻנִי בַּמִּדְבָּר וְהִנֵּה לֹא-שָׁמַעְתָּ עַד-כֹּה. (שמות ז: טז; ראה גם ט: יג).ש

16 Et tu [Moïse] lui [Pharaon] diras: ‘L’Éternel, le Seigneur des Hébreux, m’avait envoyé vers toi pour te dire: Renvoie mon peuple et qu’il m’adore au désert; or, tu n’as pas obéi jusqu’à présent. (Exode 7: 16; Cf. aussi 9: 13)

Face à MOSheH, l’homme retrouvant sa Mémoire, Pharaon semble s’incliner. Ce dernier requiert de  MOSheH qu’il intercède envers l’Eternel dans le dessein d’écarter la plaie des grenouilles:

ד וַיִּקְרָא פַרְעֹה לְמֹשֶׁה וּלְאַהֲרֹן וַיֹּאמֶר הַעְתִּירוּ אֶל-יְהוָה וְיָסֵר הַצְפַרְדְּעִים מִמֶּנִּי וּמֵעַמִּי וַאֲשַׁלְּחָה אֶת-הָעָם וְיִזְבְּחוּ לַיהוָה. (שמות ח: ד). ש

4 Pharaon manda Moïse et Aaron et leur dit: « Sollicitez l’Éternel, pour qu’il écarte les grenouilles de moi et de mon peuple; je laisserai partir le peuple hébreu, pour qu’il sacrifie à l’Éternel. » (Exode 8: 4).

Mais comment  MOSheH définit-il le sacrifice à l’Eternel décrit par Pharaon? MOSheH convoqué chez Pharaon répond indirectement à ce dernier:

כב וַיֹּאמֶר מֹשֶׁה לֹא נָכוֹן לַעֲשׂוֹת כֵּן כִּי תּוֹעֲבַת מִצְרַיִם נִזְבַּח לַיהוָה אֱלֹהֵינוּ הֵן נִזְבַּח אֶת-תּוֹעֲבַת מִצְרַיִם לְעֵינֵיהֶם וְלֹא יִסְקְלֻנוּ. ש

22 Moïse répondit: « Il ne convient pas d’agir ainsi, car c’est la terreur de l’Égypte que nous devons immoler à l’Éternel notre Seigneur. Or, nous immolerions sous leurs yeux la terreur des Égyptiens et ils ne nous lapideraient point! (Exode 8: 22)

MOSheH, témoignant d’un courage hors du commun, fait allusion au sacrifice de l’agneau pascal devant Pharaon en personne. L’élevage d’ovins est, en effet, décrit comme une abomination en Egypte où ces animaux étaient vénérés. Les Hébreux étant bergers, leur occupation les écarte naturellement de la civilisation idolâtre égyptienne et les préserve, ainsi, de toute menace d’assimilation en Egypte (Genèse 46: 34). Puis, Joseph installera sa famille à GoSheN (Genèse 46: 28-29), ce que Pharaon approuvera (Genèse 47: 4-6).

Pharaon, se sachant affaibli par les fléaux qui se sont déjà abattus sur son pays, se garde d’interrompre MOSheH pour atteinte à l’intégrité de l’identité égyptienne et s’incline de nouveau en suppliant MOSheH et AHaRON de mettre un terme au fléau frappant son pays:

כד וַיֹּאמֶר פַּרְעֹה אָנֹכִי אֲשַׁלַּח אֶתְכֶם וּזְבַחְתֶּם לַיהוָה אֱלֹהֵיכֶם בַּמִּדְבָּר רַק הַרְחֵק לֹא-תַרְחִיקוּ לָלֶכֶת הַעְתִּירוּ בַּעֲדִי. (שמות ח: כד).ש

24 Pharaon reprit: « Je vous laisserai partir, pour sacrifier à l’Éternel votre Seigneur dans le désert; toutefois, gardez-vous d’aller trop loin. Intercédez pour moi. » (Exode 8: 24)

Puis nous retrouvons une troisième fois, le verbe conjugué  הַעְתִּירוּconstruit à partir de la racine ע ת.ר. signifiant «supplier, implorer»:

כח הַעְתִּירוּ אֶל-יְהוָה וְרַב מִהְיֹת קֹלֹת אֱלֹהִים וּבָרָד וַאֲשַׁלְּחָה אֶתְכֶם וְלֹא תֹסִפוּן לַעֲמֹד. (שמות ט: כח).ש

28 Implorez l’Éternel pour qu’il mette un terme à ces tonnerres célestes et à cette grêle; alors je vous laisserai partir et vous n’éprouverez plus de retards. » (Exode 9: 28)

En effet, le seul lieu en Egypte à ne point avoir subi le châtiment du fléau de la grêle est la province de GOSheN. L’on peut avancer l’hypothèse selon laquelle, à cet instant précis de l’histoire de la sortie d’Egypte, les Hébreux, auparavant dispersés dans toute l’Egypte (Exode 1: 7), se sont regroupés à GOSheN après avoir assisté aux premiers fléaux. L’on peut aussi supposer que GOSheN aurait été préservée par le mérite de YOSePh qui, de par sa conduite exemplaire en Egypte et malgré la femme de PoTiPhaR s’efforçant d’attirer à elle le jeune hébreu YOSePh, sut surmonter ses passions. Le fléau de la grêle où se mêle le feu n’est point sans rappeler les pluies diluviennes détruisant la génération corrompue de Noa’H (Noé) et le soufre et le feu anéantissant les cités de Sodome, Gomorrhe, Adma et Tsevoyim. (Genèse  19: 24: 25).

Le verbe הַעְתִּירוּ apparaît dans une quatrième référence biblique:

יז וְעַתָּה שָׂא נָא חַטָּאתִי אַךְ הַפַּעַם וְהַעְתִּירוּ לַיהוָה אֱלֹהֵיכֶם וְיָסֵר מֵעָלַי רַק אֶת-הַמָּוֶת הַזֶּה. (שמות י: יז).ש

17 Eh bien! De grâce, pardonnez ma faute, cette fois seulement et suppliez l’Éternel votre Seigneur qu’il me délivre, à tout prix, de ce fléau. [sauterelles] » (Exode 10: 17)

Nous pouvons remarquer, au cœur des quatre références bibliques mentionnant le verbe הַעְתִּירוּ, l’apparition explicite du Nom divin  יְ-ה-וָ-ה! Pharaon semble, alors, reconnaître la vocation salvatrice des deux frères MOSheH et AHaRON vecteurs de la Bénédiction divine. La racine verbale ע.ת.ר signifiant également «multiplier»[3] révèle que Pharaon, se confiant au pouvoir de MOSheH et AHaRON, demande à ceux-ci de multiplier leurs prières et d’insister dans leur intercession en sa faveur.

MOSheH et AHaRON n’ont d’autre arme que la mémoire et la fidélité à l’identité hébraïque. Sans mémoire identitaire, la requête de MOSheH: «renvoie mon peuple» serait demeurée vaine et sans aucune portée nationale d’ordre historique.  Ainsi, le meilleur rempart au révisionnisme et au négationnisme de la Shoah sévissant aujourd’hui plus que jamais se fonde essentiellement dans le développement d’une culture visant à préserver la Mémoire nécessaire à l’émergence d’une conscience collective axée sur le sens de la Liberté.

יג וַיְדַבֵּר יְהוָה אֶל-מֹשֶׁה וְאֶל-אַהֲרֹן וַיְצַוֵּם אֶל-בְּנֵי יִשְׂרָאֵל וְאֶל-פַּרְעֹה מֶלֶךְ מִצְרָיִם לְהוֹצִיא אֶת-בְּנֵי-יִשְׂרָאֵל מֵאֶרֶץ מִצְרָיִם. (שמות ו: יג).ש

13 Alors l’Éternel parla à Moïse et à Aaron; il leur donna des ordres pour les enfants d’Israël et pour Pharaon, roi d’Égypte, afin de faire sortir les enfants d’Israël du pays d’Égypte. (Exode 6: 13).

 

[1] Parashat VaEra, Exode 6: 2- 9: 35

[2]  Exode 6: 9.

[3]  Cf. Rashi sur Genèse 25: 21; Exode 8: 5.

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Shabbat shalom !

hebreubiblique@gmail.com

Avec toutes mes amitiés,

Haïm Ouizemann

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2 Responses to Parashat VaEra, Renvoie mon peuple!

  1. cathou dit :

    Il y a dans les passages mêmes que tu cites… les germes du profond « sentiment de rejet » des Hébreux. Germes qui vont être une des racines les plus vivaces de l’antisémitisme au fil des siècles, voilà pourquoi il est extrêmement important de remettre le récit biblique dans son contexte historique. Voilà pourquoi le récit biblique donne des indications historiques très précises sur un enseignement avant tout philosophique et divin, un enseignement qui a pour seul but de mettre à l’honneur, de mettre en avant le Dieu Un. un Dieu unique, peu reconnu et peut-être passible de disparition si on l’oublie. Le but du texte biblique n’est pas de développer un sentiment, un ressenti de rejet, mais au contraire de développer la force de la foi.

    -Il faut rappeler que les Hébreux viennent d’eux-même en Egypte. Personne ne les a forcés à venir s’installer en Egypte.
    -Il faut rappeler que tous les Hébreux ne vont pas s’installer en Egypte, beaucoup vont rester en Canaan. (si le récit biblique semble les oublier, et je dis bien « semble » l’archéologie confirme ce fait)
    -Il faut rappeler qu’aucun étranger ne devient égyptien, cet état permanent d’étranger au pays n’est aucunement réservé aux Hébreux. C’est un fait reconnu. Seul un mariage avec un(e) égyptienne donne une reconnaissance du sol égyptien. Tradition bien établie d’ailleurs partout dans le monde, et encore dans certains pays aujourd’hui.
    Ce qui amène aussi à rappeler que de la même manière, les Hébreux restés à Canaan ne sont pas considérés comme Cananéen, mais comme étrangers à Canaan.

    Être étranger dans un pays, signifie, en effet, la soumission, la discrétion, les emplois peu valorisants, peu reluisants, exténuants. et ces conditions n’ont guère d’espoir d’amélioration, puisque l’état d’étranger se transmet de génération en génération. Il y a très peu de chances d’avoir des postes valorisants, et auprès des puissants. Je rappelle que cette exclusion ne touche pas que les Hébreux!!
    Toutefois le récit biblique confirme ce que l’archéologie nous dit: en Egypte, si on reste étranger il y est possible d’y avoir une éducation, une reconnaissance. Joseph et Moïse en sont les preuves.
    Par contre, là où il est intéressant de remettre le récit biblique dans l’Histoire, c’est que l’archéologie nous indique qu’en Canaan les étrangers n’ont aucune possibilité de reconnaissance!! En Canaan on tue les premiers nés… Tradition qui n’a jamais existé en Egypte!

    Là où ça devient bigrement plus intéressant, c’est que, toujours en se remettant dans l’Histoire, à l’époque de Moïse, Canaan est sous domination égyptienne. Il serait donc grandement intéressant de retrouver des textes indiquant les accords qui ont pu être passés entre Pharaon et Moïse (ou un hébreu proche de Pharaon.. on peut penser que le nom Moïse n’apparaît que plus tardivement dans le récit.
    Parce que l’archéologie nous démontre que les 1ères villes attaquées par les Hébreux n’ont pas été attaquées de l’extérieur, mais de l’intérieur. Les populations soumises, durement soumises aux Cananéens (dont les Hébreux) semblent s’être révoltées avant l’exode!!!
    On peut donc penser que le récit biblique englobe la révolte des Hébreux de Canaan avec l’exode. Il semblerait que révoltes et exode s’étalent sur environ 150 à 200 ans.
    C’est très important de réunir ces faits archéologiques au récit biblique, parce que les révoltes des Hébreux en Canaan donnent une légitimité bien plus importante aux Hébreux, futurs Israélites.

    Ce que je veux dire c’est que L’exode nous enseigne la force, la puissance de la foi, Remis dans son contexte Historique l’exode nous dit que les opprimés peuvent, à tout moment, prendre le pouvoir s’ils le désirent. Ensemble ils sont UN, ils sont forts.

    Aujourd’hui je ne crois pas qu’il y ait un négationnisme de la Shoa.
    Il y a tellement de génocides de par le monde, en ce moment………..

    Un révisionnisme, oui sans doute, et c’est bien! Les archives sont ouvertes et elles démontrent comment se sont construits, développés les divers génocides des XIX et XXème siècle.
    Il y a de fortes chances qu’Historiquement l’exode fut une stratégie politique et économique de Pharaon vers Canaan à laquelle ont participé les Hébreux d’Egypte. Canaan, où déjà des Hébreux avaient vaincus une partie.
    Les dessous de la Shoa sont autant économiques et politiques qu’antisémites.
    Pour ceux qui sont horrifiés par ce que j’écris… Réfléchissez..
    – les guerres de religions en France, qui ont mis en sang Catholiques et Protestants ne sont qu’une guerre économique et politique (le fabuleux musée de la Réforme à Genève développe très bien le sujet)
    -Certes fondamentalement l’Humain se regroupe en fonction de mêmes valeurs qui réunissent. ça c’est logique et c’est une logique qui ne change pas au fil des siècles. Toute personne étrangère à ce groupe doit adopter les valeurs du groupe, sinon elle reste étrangère au groupe. (encore une logique qui ne change pas)
    Faire le choix de rester extérieur au groupe c’est prendre le risque de devenir une menace et une cible pour celui qui souhaite s’approprier le pouvoir. au fond, c’est très exactement ce que nous dit l’exode. et c’est encore pleinement d’actualité!!!

  2. cathou dit :

    Je précise que je ne remets pas en cause ni l’exode, ni Moïse!! Bien évidemment!!!
    Je propose une approche un peu différente, qui, pour moi, au final donne encore plus de force au combat des Hébreux pour leur identité, leur liberté.
    Si on remet l’Exode biblique dans le contexte historique il s’étend au final sur 2 à 3 siècles environ, voir 4 siècles, avant une installation réelle. et c’est sans doute la raison pour laquelle il est difficile de dater très précisément cette partie « exode ».

    Si on prend en considération le fait que certaines citées cananéennes ont été détruites par les populations vivants à l’ intérieure de ces citées; faits qui semblent se passer avant l’exode.
    si on prend en considération l’exode d’Hébreux vivant en Egypte (sans doute bien moins esclaves qu’en Canaan, mais privés d’identités propres donc de liberté)
    et si on y ajoute la très célèbre stèle de Mérempath, qu’en fait je n’avais jamais lue et qui nous dit que l’Egypte est entièrement victorieuse sur Ahkelon, Gezer et Israël entre autres contrées. cette stèle nous dit « Israël est détruit, sa semence même n’est plus ».
    Je pense qu’on a une idée bien plus intense et réelle de l’EXODE;

    L’Egypte n’a rien lâché!! Si Pharaon a laissé partir des Hébreux, c’est sans doute pour des raisons très intéressées. Mais il n’était pas question de les laisser devenir indépendants!! (et là.. j’ai comme un écho d’aujourd’hui qui résonne).
    Il ne faut pas oublier que Pharaon est le représentant des Dieux, et Moïse le représentant du Dieu Un:oui et c’est un combat de titan!! OUI!!
    Mais il ne faut pas oublier que Pharaon est le chef politique et économique de l’Egypte, pays très puissant!! les Dieux donnent la puissance à l’Egypte, certes, mais en réalité c’est la personnalité de Pharaon qui donne puissance et gloire à l’Egypte.
    Moïse, rappelons le, a été éduqué avec le futur Pharaon. quelque soit son nom réel, il a eu une éducation de Prince, une éducation de Chef . et si les Dieux s’affrontent au travers des 2 hommes, ce sont aussi 2 Chefs qui s’affrontent et qui passent des accords;
    et Moïse sait que Pharaon ne fera pas de cadeau, que les Hébreux, où qu’ils aillent, seront sur une terre soumise à l’Egypte, donc à Pharaon. Moïse est aussi un homme politique, c’est lui qui va donné une identité, une citoyenneté aux Hébreux (je rappelle le mot politique: qui concerne les citoyens). Même si le lévitique va considérablement se développer par la suite, Moïse pose les base de la vie en société d’un peuple en devenir. c’est un acte très politique, même s’il se fait autour du Dieu Un.

    Voila sans doute une des raisons pour laquelle l’EXODE a, sans doute, regroupé la vie des Hébreux en Egypte, celle des Hébreux restés en Canaan, et occulte la grande victoire des Égyptiens sur un peuple Israël, récemment installé en Canaan. Parce que la victoire des Hébreux, puis des Israélites n’est pas une victoire géographique sur l’Egypte. Il faudra encore du temps pour que Canaan/Israël devienne réellement indépendant de l’Egypte.
    et là, Haïm je rejoins entièrement ton texte: la victoire des Hébreux, qu’ils soient en Egypte ou en Canaan est d’avoir décidé, ensemble, à un moment donné de ne plus être « RIEN ». de prendre leur destinée en main. Soumis à l’Egypte ils savent qu’ils vont le rester encore un temps… mais cette soumission se lève, peu à peu, vers une Identité, vers la Liberté.

    Bon, oui je sais j’ai encore été très bavarde, mais l’Exode, comme l’Eden, font partie de ces grands textes fondateurs dont on a jamais fini de découvrir encore et encore. On croit avoir tout compris et vlan une autre porte s’ouvre, et la réflexion repart. Un documentaire archéologique m’a fait penser qu’on pouvait approfondir encore plus loin le texte… je ne fais que commencer.
    Je savais que la Maharabatha Hindoue n’occultait pas le coté politique et économique… qui gère la vie humaine autant que la foi. Je commence à découvrir ce coté dans la Bible.

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