Parashat BéHoukotaï, la Paix une bénédiction universelle

Les fils d’Israël[1] vivent de nouveau indépendants sur leur terre ancestrale, à la recherche d’une Paix bien méritée. Cette terre leur est contestée. Comment donc arriver à cette Paix tant désirée par nombre de peuples depuis des millénaires, Paix conditionnant la prospérité et l’harmonie entre les peuples?

ו וְנָתַתִּי שָׁלוֹם בָּאָרֶץ וּשְׁכַבְתֶּם וְאֵין מַחֲרִיד וְהִשְׁבַּתִּי חַיָּה רָעָה מִן-הָאָרֶץ וְחֶרֶב לֹא-תַעֲבֹר בְּאַרְצְכֶם. (ויקרא כו: ו).ש

6 Je ferai régner la paix dans ce pays, et nul n’y troublera votre repos; je ferai disparaître du pays les animaux nuisibles, et le glaive ne traversera point votre territoire. (Lévitique 26: 6).

En effet, la guerre amène à la sécheresse et à la destruction de la terre, de la vie agricole. Ainsi, le terme «חֶרֶב» («glaive») est bâti sur la même racine que le mot: «חָרַב» («être détruit»). Cette paix est toutefois subordonnée à l’attitude exemplaire d’Israël, suivant la Parole de l’Eternel:

ג אִם-בְּחֻקֹּתַי תֵּלֵכוּ וְאֶת-מִצְוֹתַי תִּשְׁמְרוּ וַעֲשִׂיתֶם אֹתָם. ד וְנָתַתִּי גִשְׁמֵיכֶם בְּעִתָּם וְנָתְנָה הָאָרֶץ יְבוּלָהּ וְעֵץ הַשָּׂדֶה יִתֵּן פִּרְיוֹ (ויקרא כו: ג-ד).  ש

3 Si vous marchez selon mes lois, si vous gardez mes préceptes et les accomplissez, 4 je vous donnerai les pluies en leur saison, et la terre livrera son produit, et l’arbre du champ donnera son fruit. (Lévitique 26: 3-4).

Cette Paix doit-elle être considérée comme le but ultime ou bien comme un moyen de construire un meilleur monde?

S’il est vrai que toute bénédiction de la Tradition hébraïque s’achève par le Shalom-  ,שָׁלוֹם la paix[2] (au sens de plénitude), l’on apprend que:

«אָמַר רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן חֲלַפְתָּא, לֹא מָצָא הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא כְּלִי מַחֲזִיק בְּרָכָה לְיִשְׂרָאֵל אֶלָּא הַשָּׁלוֹם, שֶׁנֶּאֱמַר:  יְיָ עֹז לְעַמּוֹ יִתֵּן יְיָ יְבָרֵךְ אֶת עַמּוֹ בַשָּׁלוֹם (תְּהִלִּים כט, יא)». (משנה סדר טהרות, פרק משנה עוקצין ג: יב).ש

«Rabbi Shimon ben ‘Halafta enseignait: L’Eternel n’a point trouvé d’autre instrument supportant la bénédiction en faveur d’Israël que la Paix  comme il est dit: « L’Eternel donne la force à Son peuple, l’Eternel bénit Son peuple par la paix ». (Mishna Seder «ordre» Taharot, Traité Oktsin 3: 12)

Selon cette dernière référence talmudique, la paix n’est en rien une fin en soi mais le moyen idéal d’édifier une société où les êtres trouveront le bonheur.  La paix constitue la condition sine qua-non de la bénédiction. Ainsi le plus grand des Prophètes MoSheH, répondant à la requête ardente des douze explorateurs d’explorer la terre de Canaan, leur enjoint d’examiner la qualité de la terre de Canaan et même d’en ramener des fruits:

כ וּמָה הָאָרֶץ הַשְּׁמֵנָה הִוא אִם-רָזָה הֲיֵשׁ-בָּהּ עֵץ אִם-אַיִן וְהִתְחַזַּקְתֶּם וּלְקַחְתֶּם מִפְּרִי הָאָרֶץ וְהַיָּמִים יְמֵי בִּכּוּרֵי עֲנָבִים. (במדבר יג: כ).ש

20 Et quant à la terre, s’elle est grasse ou maigre, s’elle est boisée ou non? Tâchez aussi d’emporter quelques-uns des fruits du pays. » C’était alors la saison des premiers raisins.  (Nombres 13: 20)

Cette injonction posée sous forme de question a pour dessein de déterminer non seulement la qualité agricole intrinsèque de la terre de Canaan mais encore, associée au fruit que les explorateurs se doivent de ramener à MoSheH et à l’ensemble d’Israël, elle a également pour dessein de révéler la nature ininterrompue des travaux inhérents au labeur des champs:

ה וְהִשִּׂיג לָכֶם דַּיִשׁ אֶת-בָּצִיר וּבָצִיר יַשִּׂיג אֶת-זָרַע וַאֲכַלְתֶּם לַחְמְכֶם לָשֹׂבַע וִישַׁבְתֶּם לָבֶטַח בְּאַרְצְכֶם. (ויקרא כו: ה).ש

5 Le battage de vos grains se prolongera jusqu’à la vendange, et la vendange durera jusqu’aux semailles; vous aurez du pain à manger en abondance, et vous demeurerez en sécurité dans votre pays (Lévitique 26: 5).

L’imperturbable cycle rythmant la récolte de la vigne et des céréales jusqu’à l’ensemencement  témoigne de ce que les hommes, trop occupés au travail des champs, ne prennent aucunement part aux guerres destructrices.  Le paysan, sur l’exemple d’ADaM au jardin d’Eden, loin de toute aspiration belligérante, s’en va «travailler et conserver» la terre («לְעָבְדָהּ וּלְשָׁמְרָהּ», Genèse 2: 15). Ni rien ni personne ne saurait interférer au cœur même du lien intime liant le paysan aux sillons d’Erets Israël. Un peuple déterminé à plonger ses racines dans la terre d’Israël en y ensemençant ses graines, en y plantant ses arbres, en y arrosant le moindre germe et en y récoltant sa propre production ne peut être qu’un peuple de Paix!

Toute l’Alliance conclue avec les trois Patriarches d’Israël se résume au don d’Erets Israël à son peuple Israël, lien indéfectible que les Nations du monde finiront par reconnaître:

מב וְזָכַרְתִּי אֶת-בְּרִיתִי יַעֲקוֹב וְאַף אֶת-בְּרִיתִי יִצְחָק וְאַף אֶת-בְּרִיתִי אַבְרָהָם אֶזְכֹּר וְהָאָרֶץ אֶזְכֹּר. (ויקרא כו: מב).ש

42 Et je me ressouviendrai de mon alliance avec Jacob; mon alliance aussi avec Isaac, mon alliance aussi avec Abraham, je m’en souviendrai, et la terre aussi, je m’en souviendrai. (Lévitique 26: 42)

Ce souvenir de l’Eternel envers Sa terre constitue l’un des thèmes phares des livres des Prophètes et plus particulièrement de celui d’Ezéchiel:

ח וְאַתֶּם הָרֵי יִשְׂרָאֵל עַנְפְּכֶם תִּתֵּנוּ וּפֶרְיְכֶם תִּשְׂאוּ לְעַמִּי יִשְׂרָאֵל כִּי קֵרְבוּ לָבוֹא.(יחזקאל לו: ח). ש

8 Et vous, montagnes d’Israël, vous donnerez votre frondaison et vous porterez votre fruit pour mon peuple d’Israël, car ils sont près de revenir. (Ezéchiel 36: 8).

Comment un peuple bénissant sa propre terre sans jamais l’oublier, fût-t-il dans les affres de l’exil, ne jouirait-il point de la féconde bénédiction de l’Eternel?

ט כִּי הִנְנִי אֲלֵיכֶם וּפָנִיתִי אֲלֵיכֶם וְנֶעֱבַדְתֶּם וְנִזְרַעְתֶּם. י וְהִרְבֵּיתִי עֲלֵיכֶם אָדָם כָּל-בֵּית יִשְׂרָאֵל כֻּלֹּה וְנֹשְׁבוּ, הֶעָרִים וְהֶחֳרָבוֹת תִּבָּנֶינָה. (יחזקאל לו: ט-י).ש

9 Car me voici venir vers vous, je me tournerai de votre côté, et vous serez cultivées et ensemencées. 10 Je multiplierai sur vous la population, la maison d’Israël tout entière; les villes seront repeuplées et les ruines rebâties. (Ezéchiel 36: 9-10).

…et les Nations du monde sauront  alors:

לו … כִּי אֲנִי יְהוָה בָּנִיתִי הַנֶּהֱרָסוֹת נָטַעְתִּי הַנְּשַׁמָּה אֲנִי יְהוָה דִּבַּרְתִּי וְעָשִׂיתִי.  (יחזקאל לו: כו).ש

36 … que c’est moi, l’Eternel, qui ai rebâti les décombres, replanté le sol dévasté, moi, l’Eternel, qui l’avais annoncé et qui l’aurai accompli. » (Ezéchiel 36: 26).

 

ח יְבָרְכֵנוּ אֱלֹהִים וְיִירְאוּ אוֹתוֹ כָּל-אַפְסֵי-אָרֶץ. (תהלים סז: ח).ש

8 Que le Seigneur nous bénisse, et que toutes les extrémités de la terre le vénèrent! (Psaumes 67: 8).

 

[1] Parashat BéHoukotaï[1] : Lévitique 26: 3- 27: 34.

[2] Dans la prière de la Amida (dix-huit bénédictions), bénédiction des Cohanim (prêtres)

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Shabbat shalom !

hebreubiblique@gmail.com

Avec toutes mes amitiés,

Haïm Ouizemann

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