Parashat Kora’h, l’épreuve du sceptre de l’amandier

La fleur d’amandier – Ashkelon (Photo: ©Haïm Ouizemann)

Notre Parasha[1] débute sur la révolte de Kora’h qui, après avoir entendu le verdict de l’Eternel, selon lequel toute la génération qui sortit d’Egypte mourra dans le Désert, sauf les enfants et les adolescents, remet en question le gouvernement de MoShéH et de AHaRoN et projette de choisir d’autres chefs qui dirigeront le retour des Hébreux en Egypte. A ce sujet, les Sages enseignent:

«רַבִּי אֶלְעָזָר הַקַּפָּר אוֹמֵר, הַקִּנְאָה וְהַתַּאֲוָה וְהַכָּבוֹד מוֹצִיאִין אֶת הָאָדָם מִן הָעוֹלָם:» (פרקי אבות ד: כא).ש

«Rabbi Eléazar HaKapar enseigne: la jalousie, la convoitise et le désir des honneurs retirent l’homme de ce monde».  (Maximes des Pères 4: 21).

Ces trois attitudes évoquées par le Sage Eléazar HaKapar ont toutes pour dénominateur commun l’orgueil qui conduira Kora’h à sa propre perte. Remettant en question la légitimité de l’autorité divine de MoShéH et de AHaRoN, KoRa’H réussit à réunir autour de sa propre personne une poignée d’hommes rebelles dans le dessein de renverser ces derniers:

ג וַיִּקָּהֲלוּ עַל-מֹשֶׁה וְעַל-אַהֲרֹן, וַיֹּאמְרוּ אֲלֵהֶם רַב-לָכֶם–כִּי כָל-הָעֵדָה כֻּלָּם קְדֹשִׁים וּבְתוֹכָם יְהוָה וּמַדּוּעַ תִּתְנַשְּׂאוּ עַל-קְהַל יְהוָה. (במדבר טז: ג).ש

3 …et, s’étant attroupés autour de Moïse et d’Aaron, ils leur dirent: « C’en est trop de votre part! Toute la communauté-témoin, sont tous des saints, et au milieu d’eux est le Seigneur; pourquoi donc vous érigez-vous en chefs de l’assemblée du Seigneur? (Nombres 16: 3)

Alors inspiré par l’Eternel, MoShéH, outre l’épreuve des encensoirs, s’engage, face aux fils d’Israël, à démontrer que seule la tribu des Lévi a été élue pour rendre le culte divin au sein de la Tente du Rendez-vous. MoShéH imagine l’épreuve des sceptres représentant chacun une tribu:

כ וְהָיָה הָאִישׁ אֲשֶׁר אֶבְחַר-בּוֹ מַטֵּהוּ יִפְרָח וַהֲשִׁכֹּתִי מֵעָלַי אֶת-תְּלֻנּוֹת בְּנֵי יִשְׂרָאֵל אֲשֶׁר הֵם מַלִּינִם עֲלֵיכֶם. (במדבר יז: כ)ש

20 Or, l’homme que j’aurai élu, son sceptre fleurira, et ainsi mettrai-je fin à ces plaintes contre moi, que les enfants d’Israël profèrent à cause de vous. » (Nombres 17: 20).

Le résultat de cette épreuve ne tarde point:

כג וַיְהִי מִמָּחֳרָת וַיָּבֹא מֹשֶׁה אֶל-אֹהֶל הָעֵדוּת וְהִנֵּה פָּרַח מַטֵּה-אַהֲרֹן לְבֵית לֵוִי וַיֹּצֵא פֶרַח וַיָּצֵץ צִיץ וַיִּגְמֹל שְׁקֵדִים. (במדבר יז: כג).ש

23 Or, le lendemain, Moïse entra dans la tente du Témoignage, et voici qu’avait fleuri le sceptre d’Aharon, déposée pour la famille de Lévi: il y avait germé des boutons, éclos des fleurs, mûri des amandes. (Nombres 17: 23).

Or, la floraison du sceptre de la tribu de Lévi présente des caractéristiques identiques à celles de la Ménora placée au cœur du Saint dans le tabernacle:

לא וְעָשִׂיתָ מְנֹרַת זָהָב טָהוֹר מִקְשָׁה תֵּעָשֶׂה הַמְּנוֹרָה יְרֵכָהּ וְקָנָהּ גְּבִיעֶיהָ כַּפְתֹּרֶיהָ וּפְרָחֶיהָ מִמֶּנָּה יִהְיוּ… לג שְׁלֹשָׁה גְבִעִים מְשֻׁקָּדִים בַּקָּנֶה הָאֶחָד כַּפְתֹּר וָפֶרַח וּשְׁלֹשָׁה גְבִעִים מְשֻׁקָּדִים בַּקָּנֶה הָאֶחָד כַּפְתֹּר וָפָרַח כֵּן לְשֵׁשֶׁת הַקָּנִים הַיֹּצְאִים מִן-הַמְּנֹרָה. (שמות כה: לא-לג).ש

31 « Tu, feras aussi un candélabre d’or pur. Ce candélabre, c’est-à-dire son pied et sa tige, sera fait tout d’une pièce; ses calices, ses boutons et ses fleurs feront corps avec lui… 33 Trois calices amygdaloïdes à l’une des branches, avec bouton et fleur et trois calices amygdaloïdës, avec bouton et fleur à l’autre branche; ainsi pour les six branches qui sailliront du candélabre (Exode 25: 31-33)

Par ailleurs, la racine verbale ש.ק.ד.  / Sh. K. D. signifiant «veiller» (Proverbes 8: 34) renvoie à la notion de providence et de garde divine. A cette même providence, s’ajoute la notion d’élection. En effet, la racine biblique ש.ק.ד./Sh. K. D. constitue l’anagramme de la racine ק.ד.ש. / K. D. Sh. signifiant «mettre à part». La fleur d’amandier, mais aussi son fruit, témoignent du choix divin se portant sur la tribu de Lévi appelée, de par sa vocation divine, à être distincte, «mise à part» des autres tribus. Ainsi l’apparition de la fleur d’amandier[2], premier arbre à fleurir en Israël (Ecclésiaste 12: 5), révèle l’avènement d’un événement heureux pouvant conduire jusqu’à la Rédemption. Nombreuses sont les références bibliques[3] selon lesquelles l’Eternel constitue la racine du Tout et que Lui Seul, la Source  du Monde,  prodigue le bien à l’Homme:

כד וְיָדְעוּ כָּל-עֲצֵי הַשָּׂדֶה כִּי אֲנִי יְהוָה הִשְׁפַּלְתִּי עֵץ גָּבֹהַּ הִגְבַּהְתִּי עֵץ שָׁפָל הוֹבַשְׁתִּי עֵץ לָח וְהִפְרַחְתִּי עֵץ יָבֵשׁ אֲנִי יְהוָה דִּבַּרְתִּי וְעָשִׂיתִי (יחזקאל יז: כד). ש

24 Et tous les arbres des champs sauront que moi, l’Eternel, j’ai humilié un arbre élevé et élevé un arbre humble, j’ai desséché un arbre vert et fait fleurir un arbre sec; moi l’Eternel, j’ai parlé et agi. » (Ezéchiel 17: 24).

La richesse de l’Homme ne peut en aucun cas lui conférer un pouvoir absolu sur la réalité. Kora’h et les siens l’apprendront à leurs dépens. L’autorité spirituelle de MoShéH et de AHaRoN ne trouve sa pleine et entière légitimité qu’en l’Eternel:

כח  בּוֹטֵחַ בְּעָשְׁרוֹ הוּא יִפּוֹל וְכֶעָלֶה צַדִּיקִים יִפְרָחוּ. כט  עֹכֵר בֵּיתוֹ יִנְחַל-רוּחַ  וְעֶבֶד אֱוִיל לַחֲכַם-לֵב. ל  פְּרִי-צַדִּיק עֵץ חַיִּים  וְלֹקֵחַ נְפָשׁוֹת חָכָם. לא  הֵן צַדִּיק בָּאָרֶץ יְשֻׁלָּם  אַף כִּי-רָשָׁע וְחוֹטֵא. (משלי יא: כח-לא).ש

28 Qui se confie en sa richesse tombera, mais les justes sont florissants comme le feuillage. 29 Celui qui jette le trouble dans sa maison ne possédera que du vent; le sot devient l’esclave de l’homme sage. 30 L’œuvre du juste est un arbre de vie; gagner les cœurs est le fait du sage. 31 Voyez, le juste obtient le prix de ses œuvres sur terre: combien plus encore le méchant et le pécheur! (Proverbes 11: 28-31).

 

[1]  Parashat Kora;h: Nombres 17: 1-18: 32.

[2] Cette même apparition dans le livre de Jérémie est un signe de malédiction:

יא וַיְהִי דְבַר-יְהוָה אֵלַי לֵאמֹר מָה-אַתָּה רֹאֶה יִרְמְיָהוּ וָאֹמַר מַקֵּל שָׁקֵד אֲנִי רֹאֶה. יב וַיֹּאמֶר יְהוָה אֵלַי, הֵיטַבְתָּ לִרְאוֹת  כִּי-שֹׁקֵד אֲנִי עַל-דְּבָרִי לַעֲשֹׂתוֹ. (ירמיהו א: יב).ש

11 La parole de l’Eternel me fut adressée en ces termes « Que vois-tu, Jérémie? » Je répondis: « Je vois un rameau de l’arbre hâtif (Amandier). 12 Tu as bien vu, me dit l’Eternel; car je vais me hâter d’accomplir ma parole. » (Jérémie 1: 12).

 

[3]  Osée 14: 6; Psaumes 72: 7; 92: 13

 

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Shabbat shalom !

hebreubiblique@gmail.com

Avec toutes mes amitiés,

Haïm Ouizemann

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1 Response to Parashat Kora’h, l’épreuve du sceptre de l’amandier

  1. bucci Giovanni dit :

    bjr Haim
    pourquoi dans genése 30 verset 37 amandier s’ecrit différement? merci

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