Parashat VaYétsé, Méditation sur la Gratitude

Dans le cadre de la parashat VaYétsé[1], nous méditerons à partir de la racine verbale (י.ד.י (ה / Y. D. Y (H) signifiant « lancer ». A la forme factitive du hif’il, elle équivaut à « remercier » :

לה וַתַּהַר עוֹד וַתֵּלֶד בֵּן וַתֹּאמֶר הַפַּעַם אוֹדֶה אֶת-יְהוָה עַל-כֵּן קָרְאָה שְׁמוֹ יְהוּדָה וַתַּעֲמֹד מִלֶּדֶת. (בראשית כט: לה).ש

35 Et elle (Léa) conçut encore et mit au monde un fils et elle dit : « Cette fois-ci, je rends grâce à l’Éternel ! » C’est pourquoi elle le nomma YéHOuDaH (Juda). Alors elle cessa d’enfanter. (Genese 29 : 35).

LéaH, constatant que le cœur de Jacob est tout entier voué à sa sœur Rachel, espère que ce dernier sera influencé par le nombre d’enfants qu’elle lui donne. Pourtant, elle constate que ses trois premiers enfants (Réouven, Shimon et Lévi) n’ont point suffi à décider Jacob à l’aimer et prend acte de cette dure réalité pour elle. A la suite de quoi Léa tient à exprimer toute sa gratitude à l’Eternel pour tous les enfants qu’Il lui a déjà donnés. L’attitude de Léa enseigne que toute chose que nous recevons doit être considérée comme un présent et non point comme un dû qui irait naturellement de soi.

Le Psaume 117, le plus court de tout le psautier (deux versets le composent), invite les Nations du monde à glorifier l’Eternel d’avoir offert à Israël un Amour et une affection allant jusqu’à surpasser les mérites de ce dernier. Effectivement, c’est à travers Israël Son peuple que les Nations ont accès à la Connaissance divine.C’est la raison pour laquelle les Nations peuvent louer l’Eternel et Le remercier :

א  הַלְלוּ אֶת-יְהוָה כָּל-גּוֹיִם  שַׁבְּחוּהוּ כָּל-הָאֻמִּים. ב  כִּי גָבַר עָלֵינוּ חַסְדּוֹ וֶאֱמֶת-יְהוָה לְעוֹלָם
הַלְלוּ-יָהּ. (פרק תהלים קיז).ש

1 Louez l’Eternel, vous tous, ô peuples, glorifiez-le, vous toutes, ô nations ! 2 Car immense est sa bonté en notre faveur, la bienveillance de l’Eternel demeure à jamais. Alléluia ! (Psaume 117 : 1-2).

La racine verbale (י.ד.י (ה / Y. D. Y (H) « remercier » signifie également « reconnaître ». L’on peut aussi bien reconnaître ses erreurs, ses égarements que reconnaître l’Eternel.

La figure biblique de יְהוּדָה YéHOuDaH se caractérise justement par la reconnaissance de sa faute commise avec TaMaR. En effet, celle-ci, constatant que son beau-père יְהוּדָה YéHOuDaH ne tient point sa parole de lui donner son troisième fils comme époux léviratique, va avec lui par ruse pour perpétuer une descendance:

כו וַיַּכֵּר יְהוּדָה וַיֹּאמֶר צָדְקָה מִמֶּנִּי כִּי-עַל-כֵּן לֹא-נְתַתִּיהָ לְשֵׁלָה בְנִי וְלֹא-יָסַף עוֹד לְדַעְתָּהּ. (בראשית לח: כו).ש

26 Et YéHOuDaH les reconnut [sceau, ces cordons et ce bâton] et dit: « Elle [TaMaR] est plus juste que moi, car il est vrai que je ne l’ai point donnée à Shéla mon fils. » Cependant il cessa, dès lors, de la connaître. (Genèse 38 : 26).

Cette même faculté à reconnaître ses fautes se retrouve chez David qui lui aussi comme son aïeul YéHOuDaH avoue, à cœur ouvert, celles commises avec BatShéva:

ה  כִּי-פְשָׁעַי אֲנִי אֵדָע  וְחַטָּאתִי נֶגְדִּי תָמִיד. (פרק תהלים נא: ה).ש

5 Car je reconnais mes fautes, et mon péché est sans cesse sous mes regards. (Psaume 51: 5).

Quel peut être le dénominateur commun associant le remerciement à la reconnaissance ?

Pour répondre à cette interrogation, il nous faut revenir au sens premier de la racine י.ד.י (ה) / Y. D. Y (H), à savoir « lancer, envoyer, jeter » :

יד עִרְכוּ עַל-בָּבֶל סָבִיב כָּל-דֹּרְכֵי קֶשֶׁת יְדוּ אֵלֶיהָ אַל-תַּחְמְלוּ אֶל-חֵץ כִּי לַיהוָה חָטָאָה. (ירמיהו נ: יד).ש

14 A vos rangs de bataille contre Babel, tout autour, vous tous qui bandez l’arc! tirez sur elle, ne ménagez pas les flèches, car elle s’est rendue coupable envers l’Eternel. (Jérémie 50 : 14).

Une autre référence extraite du livre des Proverbes mettra en évidence la complexité de traduction de cette racine י.ד.י (ה) / Y. D. Y (H) selon le contexte,

יג  מְכַסֶּה פְשָׁעָיו לֹא יַצְלִיחַ וּמוֹדֶה וְעֹזֵב יְרֻחָם. (משלי כח: יג).ש

13 Celui qui dissimule ses péchés ne connaitra point la réussite ; qui les confesse et y renonce obtient miséricorde [est pardonné]. (Proverbes 28 : 13).

Le verbe MoDéH / מוֹדֶה généralement traduit par « confesser » dans le sens de « reconnaître ses torts » a pour sens primordial « rejeter, lancer ». D’ailleurs, le verbe עֹזֵב/ OZeV signifiant « abandonner, quitter, se détacher de… » qui suit a pour dessein de renforcer le sens original de la racine י.ד.י (ה) / Y. D. Y (H) signifiant « lancer, se détacher de ». Ainsi, la reconnaissance et la gratitude que nous devons à l’Eternel témoignent de notre détachement absolu de tout sentiment d’orgueil en focalisant notre attention sur la source de nos bienfaits quotidiens et nous remettre totalement en son pouvoir :

כג  הַשְׁלֵךְ עַל-יְהוָה יְהָבְךָ  וְהוּא יְכַלְכְּלֶךָ:ש
לֹא-יִתֵּן לְעוֹלָם מוֹט לַצַּדִּיק. (פרק תהלים נה: כג).ש

23 Décharge-toi sur l’Eternel de ton fardeau [Littéralement : ‘envoie, jette, remets’ sur l’Eternel ton fardeau], il prendra soin de toi: jamais il ne laisse vaciller le juste. (Psaume 55 : 23).

En fait, remercier l’Eternel et Le reconnaître signifie que nous lui portons une totale confiance en rejetant notre propre ego.

Dans le livre d’Isaïe, nous constatons le rapport étroit qu’établit le prophète entre les termes תּוֹדָה ToDaH («Gratitude») et תּוֹרָה ToRaH (« Enseignement de la Volonté divine »), cet enseignement voué à devenir la lumière parmi les Nations :

ג כִּי-נִחַם יְהוָה צִיּוֹן נִחַם כָּל-חָרְבֹתֶיהָ וַיָּשֶׂם מִדְבָּרָהּ כְּעֵדֶן וְעַרְבָתָהּ כְּגַן-יְהוָה שָׂשׂוֹן וְשִׂמְחָה יִמָּצֵא בָהּ תּוֹדָה וְקוֹל זִמְרָה.  ד הַקְשִׁיבוּ אֵלַי עַמִּי וּלְאוּמִּי אֵלַי הַאֲזִינוּ כִּי תוֹרָה מֵאִתִּי תֵצֵא וּמִשְׁפָּטִי לְאוֹר עַמִּים אַרְגִּיעַ. (ישעיהו נא: ג-ד).ש

3 Ainsi l’Eternel a consolé Sion, a consolé toutes ses ruines ; il a transformé son désert en Eden, sa solitude en jardin divin. Dans son sein régneront la joie et l’allégresse, les actions de grâces et la voix des cantiques. 4 Ecoutez-moi, vous qui êtes mon peuple, prêtez-moi l’oreille, vous qui formez ma nation ! Car l’enseignement émane de moi, et j’établis la justice pour éclairer les nations. (Isaïe 51 : 3-4).

Remercions sans cesse l’Eternel pour son Amour et Sa Bonté !

א  הוֹדוּ לַיהוָה כִּי-טוֹב כִּי לְעוֹלָם חַסְדּוֹ. (פרק תהלים קיח: א).ש

1 Remerciez le Seigneur, car Il est bon, car sa grâce est éternelle. (Psaume 118 : 1).

[1] Parashah Vayetseh: Genèse 28 : 10- 32 : 3.

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Shabbat shalom !

hebreubiblique@gmail.com

Avec toutes mes amitiés,

Haïm Ouizemann

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