Shabbat Soukkot (1er Jour), les quatre plantes de la Délivrance

La fête de Soukkot[1], fête des Cabanes, se caractérise par la pratique de deux mitsvoth essentielles : la construction de la cabane rappelant la traversée du désert par les Hébreux (Lévitique 23 : 42) et le loulav, composé de quatre espèces végétales :

מ וּלְקַחְתֶּם לָכֶם בַּיּוֹם הָרִאשׁוֹן פְּרִי עֵץ הָדָר כַּפֹּת תְּמָרִים וַעֲנַף עֵץ-עָבֹת וְעַרְבֵי-נָחַל וּשְׂמַחְתֶּם לִפְנֵי יְהוָה אֱלֹהֵיכֶם שִׁבְעַת יָמִים. (ויקרא כג: מ).ש

40 Et vous prendrez, le premier jour, du fruit de l’arbre hadar, des branches de palmier, des rameaux de l’arbre aboth et des saules de rivière ; et vous vous réjouirez, en présence de l’Éternel votre Seigneur, pendant sept jours. (Lévitique 23 : 40).

En quoi ces quatre espèces végétales – le loulav (la feuille de palmier), l’étrog (cédrat), la hadas (la myrthe) et la aravah (la saule)- sont-elles liées à la fête de Soukkot dont le thème principal est la Sortie d’Egypte ?

Les Sages d’Israël enseignent qu’il existe un dénominateur commun liant celles-ci : l’élément de l’eau.

En effet, alors que la frêle et modeste soukka, (« cabane ») rappelle l’épreuve physique et spirituelle de la traversée des quatre déserts totalement stériles et hostiles du Sinaï, de Shour, de Tsin et de Paran, ces quatre plantes reflètent, quant à elles, la puissance fécondante de la Parole de l’Eternel symbolisée par l’eau :

ב יַעֲרֹף כַּמָּטָר לִקְחִי תִּזַּל כַּטַּל אִמְרָתִי כִּשְׂעִירִם עֲלֵי-דֶשֶׁא וְכִרְבִיבִים עֲלֵי-עֵשֶׂב. (דברים לב: ב).ש

2 Puisse mon enseignement s’épandre comme la pluie, que mon discours distille comme la rosée, comme la bruyante ondée sur la verdure, et comme la bruine sur les herbes ! (Deutéronome 32 : 2)

Les Hébreux sont restés comme ceux qui ont brisé l’Alliance en adorant le veau d’or. Cependant, ce sont eux aussi qui ont traversé le Jourdain à pied sec, renouvelant ainsi l’Alliance avec l’Eternel. Effectivement, le texte biblique précise clairement que les Hébreux n’ont jamais été abandonnés et ne sont jamais restés sans eau dans le désert inhospitalier pendant plus de trois jours :

כב וַיַּסַּע מֹשֶׁה אֶת-יִשְׂרָאֵל מִיַּם-סוּף וַיֵּצְאוּ אֶל-מִדְבַּר-שׁוּר וַיֵּלְכוּ שְׁלֹשֶׁת-יָמִים בַּמִּדְבָּר וְלֹא-מָצְאוּ מָיִם. (שמות טו: כב).ש

22 Et Moïse fit décamper Israël de la mer des joncs et ils se rendirent dans le désert de Chour, où ils marchèrent trois jours sans trouver d’eau. (Exode 15 : 22).

Or, d’après les Sages :

ש«אֵין מַיִם אֶלָּא תּוֹרָה, שֶׁנֶּאֱמַר « הוֹי כָּל צָמֵא לְכוּ לַמַּיִם »» (יְשַׁעְיָהוּ נה: א).ש

« Il n’y d’eau que la Torah, car il est dit : « Ah ! Vous tous qui avez soif, venez, voici de l’eau ! » (Isaïe 55 : 1).

Ces quatre plantes constituent pour Israël la promesse du don de la Terre, où les fils d’Israël sont arrivés après leur longue traversée du désert et où ils reviendront après un si long exil et où, devenus sédentaires, ils pourront avec leurs descendants s’épanouir en toute liberté. Le prophète Isaïe décrit clairement cet épanouissement physique et spirituel :

ג כִּי אֶצָּק-מַיִם עַל-צָמֵא וְנֹזְלִים עַל-יַבָּשָׁה אֶצֹּק רוּחִי עַל-זַרְעֶךָ וּבִרְכָתִי עַל-צֶאֱצָאֶיךָ. ד וְצָמְחוּ בְּבֵין חָצִיר כַּעֲרָבִים עַל-יִבְלֵי-מָיִם (ישעיהו מד: ג-ד).ש

3 Car Je [L’Eternel] veux répandre de l’eau sur le sol altéré, des rivières sur la terre aride ; je veux répandre mon esprit sur ta postérité et ma bénédiction sur tes descendants. 4 Ils pousseront à travers les herbages comme les saules au bord des eaux courantes. (Isaïe 44 : 3-4)

En définitive, la vie du peuple hébreu vibre au rythme des valeurs du nomadisme que symbolise la soukka -l’inconfort, l’incertitude, la brisure des murailles, l’ouverture à autrui – ainsi que des principes de sédentarité symbolisés par les quatre espèces végétales- l’épreuve de la richesse matérielle, de la fixité et de l’immobilisme. La menace guettant Israël réside dans la dispersion et la perte de soi – la mouvance des sables du désert- et la cristallisation de ces sables en un diamant précieux. Cependant, tout précieux qu’il est, il n’en reste pas moins une pierre inamovible et inanimée.  

La voie du juste milieu, comme l’enseigne Maïmonide (RaMBaM), demeure le meilleur garant de la pérennité d’Israël : 

ח  שָׁוְא וּדְבַר-כָּזָב הַרְחֵק מִמֶּנִּי רֵאשׁ וָעֹשֶׁר אַל-תִּתֶּן-לִי הַטְרִיפֵנִי לֶחֶם חֻקִּי. (משלי ל: ח).ש

8 Eloigne de moi la fausseté et la parole mensongère, ne me donne ni pauvreté ni richesse ; accorde-moi la part de nourriture qui m’est indispensable (Proverbes 30 : 8).

 

[1] Parashat Shabbat Soukkot : Exode 33 : 12-34 : 26.

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Avec toutes mes amitiés,

Gmar Hatima tova!

Haïm Ouizemann

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