Parashat No’ah, le Principe de Vie

« L’Homme a une responsabilité particulière dans la sauvegarde et la sage gestion du patrimoine constitué par la flore et la faune sauvage et leur habitat, qui sont aujourd’hui gravement menacés par un concours de facteurs défavorable. La conservation de la nature, et notamment de la flore et de la faune sauvages, doit donc tenir une place importante dans la planification pour le développement économique ». (Déclaration de Stockholm, 1972. Principe 4).

Après le déclin[1] dramatique de l’Humanité choisissant la voie de la violence absolue, le חָמָס/HaMaS (Genèse 6 : 11-13), l’Eternel décide de détruire et d’effacer totalement Sa Création :

כג וַיִּמַח אֶת-כָּל-הַיְקוּם אֲשֶׁר עַל-פְּנֵי הָאֲדָמָה מֵאָדָם עַד-בְּהֵמָה עַד-רֶמֶשׂ וְעַד-עוֹף הַשָּׁמַיִם וַיִּמָּחוּ מִן-הָאָרֶץ וַיִּשָּׁאֶר אַךְ-נֹחַ וַאֲשֶׁר אִתּוֹ בַּתֵּבָה. (בראשית ז: כג).ש

23 Et le Seigneur effaça toutes les créatures qui étaient sur la face de la terre, depuis l’homme jusqu’à la l’animal, jusqu’au reptile, jusqu’à l’oiseau du ciel et ils furent effacés de la terre. Il ne resta que Noé et ce qui était avec lui dans l’arche. (Genèse 7 : 23).

Nous apprenons de ce verset que le Principe de Vie constitue la propriété exclusive de l’Eternel et que Lui Seul, l’unique Créateur de tous les mondes, est en droit de la reprendre.

Aucun homme ne peut s’octroyer le droit d’ôter la Vie à son prochain dont il est l’égal car créé à l’image du Créateur :

ו שֹׁפֵךְ דַּם הָאָדָם בָּאָדָם דָּמוֹ יִשָּׁפֵךְ כִּי בְּצֶלֶם אֱלֹהִים עָשָׂה אֶת-הָאָדָם. (בראשית ט: ו).ש

6 Celui qui verse le sang de l’homme, par l’homme son sang sera versé car l’homme a été fait à l’image du Seigneur. (Genèse 9 : 6).

Ce principe de Vie est si fondamental, que l’Eternel, s’il autorise pour la première fois la consommation carnée (Genèse 9 : 3) interdit toutefois à l’Humanité de jouir comme bon lui semble du sang de l’animal :

ד אַךְ-בָּשָׂר בְּנַפְשׁוֹ דָמוֹ לֹא תֹאכֵלוּ. (בראשית ט: ד).ש

4 Toutefois aucune créature, tant que son sang maintient sa vie [littéralement son âme], vous n’en mangerez. (Genèse 9 : 4).

Cet interdit, aujourd’hui mis en pratique dans le monde juif conformément aux règles de cashrout, revêt à l’origine un caractère universel car le sang incarne par excellence le Principe de Vie :

יא כִּי נֶפֶשׁ הַבָּשָׂר בַּדָּם הִוא … יב עַל-כֵּן אָמַרְתִּי לִבְנֵי יִשְׂרָאֵל כָּל-נֶפֶשׁ מִכֶּם לֹא-תֹאכַל דָּם וְהַגֵּר הַגָּר בְּתוֹכְכֶם לֹא-יֹאכַל דָּם. (ויקרא יז: יא-יב).ש

11 Car le principe vital de la chair réside dans le sang… 12 C’est pourquoi j’ai dit aux enfants d’Israël : Que nul d’entre vous ne mange du sang, et que l’étranger résidant avec vous n’en mange point. (Lévitique 17 : 11-12).

Noa’H (Noé), l’unique Juste de son temps, sensible à la souffrance de tous les êtres, en construisant l’arche, en appelle aux hommes à l’accompagner dans cet habitacle-matrice afin d’être épargnés du déluge qui s’annonce sur la Terre. Aucun homme ne le suivra, exception faite des sept membres de sa propre famille. Les seules créatures à monter à bord de l’arche s’avèrent être les animaux auxquels Noa’H consacre toute son énergie. Noa’H, responsable de leur survie, s’affaire jour et nuit à les nourrir (Genèse 6 : 20-21).

La source biblique prend clairement soin de mentionner la présence du Principe de Vie chez l’animal comme pour l’Homme (Genèse 1 : 24 ; 2 : 7).

טו וַיָּבֹאוּ אֶל-נֹחַ אֶל-הַתֵּבָה שְׁנַיִם שְׁנַיִם מִכָּל-הַבָּשָׂר אֲשֶׁר-בּוֹ רוּחַ חַיִּים. (בראשית ז: טו).ש

15 Ils [les animaux] vinrent vers Noé, dans l’arche, deux à deux, de toutes les espèces douées du souffle de Vie. (Genèse 7 : 15).

י  יוֹדֵעַ צַדִּיק נֶפֶשׁ בְּהֶמְתּוֹ וְרַחֲמֵי רְשָׁעִים אַכְזָרִי. (משלי יב: י).ש

10 Le juste aime la vie de ses bêtes ; mais les entrailles des méchants ne connaissent pas la miséricorde. (Proverbes 12 : 10).

Toute forme de Vie commence par la femme. Le nom חַוָּה HaVaH (Eve), l’épouse de אָדָם ADaM signifie « la matrice de toute Vie ». (אֵם כָּל-חָי Em Col HaI, Genèse 3 : 20). L’Histoire de l’Humanité ne peut donc s’écrire sans la femme. C’est pourquoi la généalogie des trois fils de Noa’H (Genèse 10) semble n’être qu’une parenthèse dans l’Histoire car aucune femme n’y est explicitement mentionnée. En 1992, la Déclaration de Rio sur l’environnement et le développement reconnaît clairement leur rôle prépondérant dans l’Histoire et affirme en son principe 20 : « Les femmes ont un rôle vital dans la gestion de l’environnement et le développement. Leur pleine participation est donc essentielle à la réalisation d’un développement durable ».

De plus il nous faut noter que le mot « ToLéDoT- תּוֹלְדֹת » (Genèse 11 : 10) traduit par le mot « Histoire » débutant la parashah de Noa’H met en avant non point le passé du juste mais son avenir. En effet, la racine verbale de ToLéDoT- תּוֹלְדֹת est י.ל.ד. /Y. L. D. signifiant « enfanter, mettre au monde ». La traduction exacte du terme hébraïque ToLéDoT תּוֹלְדֹת est donc « engendrements ». L’Histoire de Noa’H et de l’Humanité s’ouvre sur une suite de naissances. La Vie est au centre de l’Histoire humaine.  Noa’H qui a donc pour vocation de renouveler le sens de la Vie par ses fils, HaM, SheM et YaPheT, est l’antithèse de CaYiN assassinant son frère HeVeL (Abel).

י וַיֹּאמֶר מֶה עָשִׂיתָ קוֹל דְּמֵי אָחִיךָ צֹעֲקִים אֵלַי מִן-הָאֲדָמָה. (בראשית ד: י).ש

10 Et le Seigneur dit : « Qu’as-tu fait ! Le cri des sangs de ton frère crient jusqu’à moi, de la terre. (Genèse 4 : 10).

Les Sages d’Israël expliquent que « ces sangs » ne sont nuls autres que les générations assassinées qui auraient dû naître de HeVeL. Mettre un terme à la vie d’un être humain équivaut à faire disparaître tous ses futurs engendrements.

ש«כָּל הַמְּקַיֵּים נֶפֶשׁ אַחַת, מַעֲלִים עָלָיו כְּאִילּוּ קִיֵּים עוֹלָם מָלֵא».ש

« Celui qui sauve une vie humaine, l’on considère que c’est comme s’il sauvait l’Humanité entière » (Mishna Sanhédrin 4 : 5).

ש

[1] Parashat Noah : Genèse 6 : 9-11 : 32.

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Avec toutes mes amitiés,

Shabbat shalom!

Haïm Ouizemann

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