Parashat ‘Houkat, La chute des murs !  

« Les hommes construisent trop de murs pas assez de ponts » (Isaac Newton)

Après quarante ans passés dans le désert[1], les fils d’Israël approchent de la Terre Promise, de la terre de Canaan. Alors que le rêve de l’accomplissement de la promesse divine est sur le point de se réaliser, Moïse doit, toutefois, s’adresser aux rois de territoires étrangers et requérir de ces derniers un droit naturel de passage.

Le premier roi à s’opposer farouchement à la requête d’Israël est Edom :

יז נַעְבְּרָה-נָּא בְאַרְצֶךָ לֹא נַעֲבֹר בְּשָׂדֶה וּבְכֶרֶם וְלֹא נִשְׁתֶּה מֵי בְאֵר דֶּרֶךְ הַמֶּלֶךְ נֵלֵךְ לֹא נִטֶּה יָמִין וּשְׂמֹאול עַד אֲשֶׁר-נַעֲבֹר גְּבֻלֶךָ. יח וַיֹּאמֶר אֵלָיו אֱדוֹם לֹא תַעֲבֹר בִּי פֶּן-בַּחֶרֶב אֵצֵא לִקְרָאתֶךָ. (במדבר כ: יז-יח).ש

17 Permets-nous de traverser ton pays ! Nous ne passerons pas par tes champs ni par tes vignes, et nous ne boirons point de l’eau des citernes ; nous suivrons la route royale, sans nous en écarter à droite ou à gauche, jusqu’à ce que nous ayons passé ta frontière. » 18 Et Edom lui répondit : « Tu ne traverseras point mon pays, car je me porterais en armes à ta rencontre. » (Nombres 20 : 17-18).

Puis après Edom, Israël se tourne vers le roi Si’hon, roi des Ammoréens qui, lui aussi, refuse catégoriquement de permettre un libre passage vers la Terre Promise à partir de son territoire :

כב אֶעְבְּרָה בְאַרְצֶךָ לֹא נִטֶּה בְּשָׂדֶה וּבְכֶרֶם לֹא נִשְׁתֶּה מֵי בְאֵר בְּדֶרֶךְ הַמֶּלֶךְ נֵלֵךְ עַד אֲשֶׁר-נַעֲבֹר גְּבֻלֶךָ. כג וְלֹא-נָתַן סִיחֹן אֶת-יִשְׂרָאֵל, עֲבֹר בִּגְבֻלוֹ וַיֶּאֱסֹף סִיחֹן אֶת-כָּל-עַמּוֹ וַיֵּצֵא לִקְרַאת יִשְׂרָאֵל הַמִּדְבָּרָה וַיָּבֹא יָהְצָה וַיִּלָּחֶם בְּיִשְׂרָאֵל. (במדבר כא: כב-כג).

22 « Je voudrais passer par ton pays. Nous ne traverserons ni champs ni vignobles, nous ne boirons point de l’eau des citernes ; nous irons par la route royale, jusqu’à ce que nous ayons passé ta frontière. » 23 Mais Sihôn ne permit point à Israël de traverser son territoire ; et Sihôn rassembla tout son peuple, marcha à la rencontre d’Israël, vers le désert et atteignit Yahça, où il livra la bataille à Israël. (Nombres 21 : 22-23).

A la Parashah Dévarim du Deutéronome, Moïse, parlant au nom du peuple, précise bien qu’Israël ne recherche que la paix sans aucune velléité de guerre ni de conquête :

כו וָאֶשְׁלַח מַלְאָכִים מִמִּדְבַּר קְדֵמוֹת, אֶל-סִיחוֹן מֶלֶךְ חֶשְׁבּוֹן, דִּבְרֵי שָׁלוֹם, לֵאמֹר. כז אֶעְבְּרָה בְאַרְצֶךָ בַּדֶּרֶךְ בַּדֶּרֶךְ אֵלֵךְ לֹא אָסוּר יָמִין וּשְׂמֹאול. כח אֹכֶל בַּכֶּסֶף תַּשְׁבִּרֵנִי וְאָכַלְתִּי וּמַיִם בַּכֶּסֶף תִּתֶּן-לִי וְשָׁתִיתִי רַק אֶעְבְּרָה בְרַגְלָי. (דברים ב: כו-כח).ש

26 Et j’envoyai, du désert de Kedêmoth, une députation à Sihôn, roi de Heshbon, avec ces paroles de paix : 27 « Je voudrais passer par ton pays. Je suivrai constamment la grande route, je n’en dévierai ni à droite ni à gauche. 28 Les vivres que je consommerai, vends-les-moi à prix d’argent ; donne-moi à prix d’argent l’eau que je veux boire. Je voudrais simplement passer à pied. (Deutéronome 2 : 26-28).

Enfin les Moabites aussi bien que les Ammonites vont eux aussi refuser de soutenir les Hébreux épuisés par la faim et la soif (Deutéronome 23 : 5) dans les déserts brûlants après la Sortie d’Egypte. Pourtant, eux seuls se voient interdire de devenir une part de l’Eternel. Ceci sans doute parce que ces deux derniers peuples font en quelque sorte partie de la famille éloignée d’Israël, Lot, dont ils descendent, étant le neveu d’Avraham.

En effet, la déception de Moïse touche à son paroxysme dans la mesure où Edom, Moav et Ammon sont liés par un lien historique et familial à la famille d’Israël. Cela n’empêchera point, toutefois, Israël de vaincre toutes ces Nations.

Leur refus de délivrer un droit de passage aux Hébreux suscite une interrogation d’ordre éthique : pouvons-nous empêcher même par la force le passage de migrants cherchant à gagner une terre salvatrice, leur terre d’origine étant devenue un enfer, en proie à la famine, à la guerre ou à d’autres maux ? Les habitants des pays traversés ont-ils raison de se sentir menacés dans leur sécurité ?

Tout d’abord, avant même que nous tentions de répondre à ces questions, une remarque préliminaire s’impose : les Hébreux ne cherchent aucunement à rester dans ces pays, mais uniquement à les traverser pour arriver à bon port et ne veulent en aucune manière en tirer profit. Ils se montrent même disposés à ne jamais quitter la route principale et à payer l’eau et le pain à leurs hôtes respectifs. Pourtant, Edom, les Ammoréens, Ammon et Moab, tous ces pays refusent simplement la traversée de leur territoire, qui devrait s’accomplir en quelques jours, quelques semaines tout au plus. Nous sommes très loin du principe d’hospitalité exemplaire dont fit preuve le Patriarche Avraham. Bien plus : les rois d’Edom, de Heshbon, de Moab et d’Ammon tentent de combattre Israël afin de le détruire. Il ne s’agit donc plus d’un simple droit de passage refusé, mais d’un déferlement de haine gratuite destinée à empêcher le peuple de l’Eternel d’atteindre son objectif : Erets Israël !

Comment ne point se remémorer les images difficiles et douloureuses de milliers de migrants syriens, pakistanais et afghans qui, fuyant à pied leur pays d’origine ensanglanté par la guerre, tentent de traverser la Hongrie, en 2015, pour atteindre, entre autres, l’Allemagne et la Suède ? Beaucoup de ces femmes et hommes au regard perdu disent fuir pour recouvrer la Liberté tant espérée dans des pays qu’ils espèrent accueillants, ne fût-ce que pour un temps, le temps que leur pays d’origine retrouve la Paix et la sérénité. La Hongrie fermera sa frontière par l’édification d’un mur de 175 kilomètres de long initié par Viktor Orban. Les murs semblent s’être emparés du monde pour empêcher les flux migratoires : entre la Bulgarie et la Turquie, entre les Etats-Unis d’Amérique et le Mexique, entre la Chine et la Corée du Nord, entre l’Espagne et le Maroc…Même la France a permis la construction d’un mur « anti-migrant » à Calais, financé par le Royaume Uni. Ces murs physiques symbolisent la peur de l’Autre, de l’Inconnu. La langue hébraïque reflète bien ce sentiment, elle qui a bâti le mot « étranger, גֵּר » sur le mot « avoir peur, לָגוּר ». L’Etranger fait peur.

Rappelons-nous la question de Moïse aux douze explorateurs :

יט וּמָה הָאָרֶץ אֲשֶׁר-הוּא יֹשֵׁב בָּהּ הֲטוֹבָה הִוא אִם-רָעָה וּמָה הֶעָרִים אֲשֶׁר-הוּא יוֹשֵׁב בָּהֵנָּה הַבְּמַחֲנִים אִם בְּמִבְצָרִים. (במדבר יג: יט).ש

19 quant au pays que [le peuple] habite, s’il est bon ou mauvais ; comment sont les villes où il demeure, des villes ouvertes ou des places fortes ? (Nombres 13 : 19).

En quoi cette question est-elle significative ?

Un peuple faible s’entoure de murailles, alors qu’un peuple fort évolue au sein de camps ouverts. Le grand philanthrope juif anglais Moïse Montefiore fut le premier à construire en-dehors des murailles de Jérusalem protégeant, alors, contre les brigands. C’est ainsi que, grâce aux efforts de Montefiore, fut construit le quartier hiérosolomytain de Mishkenot Sha’ananim, aujourd’hui un haut lieu touristique se caractérisant par son moulin.

La peur d’autrui, de l’étranger est le reflet de notre faiblesse identitaire. Le repli sur soi révèle le déclin des valeurs morales et religieuses qui font la force d’une civilisation.

Rabbi Lord Jonathan Sacks enseigne :

« Quand vous racontez votre Histoire et que votre identité est forte, vous pouvez accueillir l’étranger, mais quand vous arrêtez de raconter votre Histoire, votre identité faiblit et vous vous sentez menacé par l’étranger, Et c’est mauvais ! Les Juifs ont été éparpillés, dispersés et exilés durant 2000 ans mais nous n’avons jamais perdu notre identité. Pourquoi ? Parce qu’au moins une fois par an, durant la fête de Pessa’h, nous racontons notre Histoire, et nous l’enseignons à nos enfants. Et nous avons mangé le pain azyme de l’affliction et goûté aux herbes amères de l’esclavage. Donc nous n’avons jamais perdu notre identité. Je pense que collectivement, il nous faut recommencer à raconter notre Histoire, qui sommes-nous ? D’où venons-nous ? Selon quels idéaux nous vivons ? Si cela arrive, nous serons assez forts pour accueillir l’étranger et dire : « Viens partager notre vie, viens partager notre Histoire, viens partager nos aspirations et nos rêves. C’est le nous de notre identité ». (How we can face the future without fear, together).

יח וַאֲנִי הִנֵּה נְתַתִּיךָ הַיּוֹם לְעִיר מִבְצָר וּלְעַמּוּד בַּרְזֶל וּלְחֹמוֹת נְחֹשֶׁת עַל-כָּל-הָאָרֶץ לְמַלְכֵי יְהוּדָה לְשָׂרֶיהָ לְכֹהֲנֶיהָ וּלְעַם הָאָרֶץ. יט וְנִלְחֲמוּ אֵלֶיךָ וְלֹא-יוּכְלוּ לָךְ כִּי-אִתְּךָ אֲנִי נְאֻם-יְהוָה לְהַצִּילֶךָ. (ירמיהו א: יח-יט).ש

18 Or, dès aujourd’hui, Je [L’Eternel] fais de toi [Jérémie] une ville forte, une colonne de fer, une muraille d’airain à l’encontre de tout le pays, des rois de Juda, de ses princes, de ses prêtres et du peuple de la contrée. 19 Et s’ils te combattent, ils ne prévaudront pas contre toi, car Je serai avec toi, dit l’Eternel, pour te protéger. » (Jérémie 1 : 18-19).

[1] Parashat ‘Houkat :  Nombres 19 : 1 – 22 : 1.

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Shabbat shalom !

hebreubiblique@gmail.com

Avec toutes mes amitiés,

Haïm Ouizemann

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5 réponses à Parashat ‘Houkat, La chute des murs !  

  1. Deplanque Hervé dit :

    Cher Haïm,
    Je lis tes parashats depuis des années et c’est toujours avec un immense plaisir car je les trouve documentés, bien écrits, toujours intéressants, reflétant une large ouverture d’esprit.
    Ce dernier parashat me laisse toutefois dubitatif, en effet les murs qu’érigent les différentes nations contre l’afflux toujours grandissant en Europe de migrants venant notamment des pays musulmans ne sont pas dans notre ADN d’occidentaux, notre civilisation récente nous pousse naturellement vers l’accueil des exilés politiques. Mais le comportement de ceux qui sont accueillis de par leur nombre, de par leur culture, de par leur religion, pose de sérieux problèmes d’intégration.
    Ce nombre grandissant perturbe par son nombre les us et coutumes de ceux qui les accueillent, leur volonté d’imposer souvent par la force leur vision du monde crée des tensions violentes que le paisible citoyen voit avec effroi.
    Cela conduit entre autre, de nombreux juifs mais aussi des chrétiens à quitter soit les quartiers de leur enfance, soit tout simplement leur pays.
    À l’école publique les enseignants de certains quartiers se voient empêchés de révéler les affres de la dernière guerre mondiale commises à l’encontre de tes frères et parents juifs, le récit de la shoah y est interdite par la force de jeunes musulmans, les négationnistes sont nombreux parmi eux qu’ils soient de première ou récente génération et je n’évoquerai que pour mémoire les attentats de ces dernières années, très meurtriers, tous perpétrés par des musulmans d’origines ou convertis.
    Les murs de défenses existent depuis longtemps, partout où un danger menace, Israël en a bâti un qui devrait s’étendre sur plus de 700 km et je ne peux le blâmer car la décision de le construire fut prise après la mort de plus de 800 israéliens tués lors de la seconde intifada en 2002.
    Dieu lui-même demande à son peuple de frapper d’anathème les habitants de Canaan sous peine de céder à la tentation de leurs idoles (Deutéronome 7) et Psaume 106 : 34-42 rappellera que le courroux de Dieu s’éleva contre Israël en raison de sa désobéissance à les détruire.
    Les temps ayant heureusement changé, la seule possibilité qui reste pour certains pays de se protéger est d’empêcher les migrants notamment économiques de pénétrer par des murs réels ou virtuels, ces migrants dont la culture est tellement différente de celle du pays d’accueil, ceux dont le sectarisme est quelque fois mortifère et meurtrier, ceux qui amènent avec eux un livre sacré où il est écrit qu’il ne faut être l’ami ni du juif, ni du chrétien (par exemple Sourate 5 : 56).
    Ta comparaison entre le peuple d’Israël voulant traverser en paix différentes régions et un peuple voulant s’installer est totalement différente, l’histoire d’Israël s’installant en Canaan le montre bien car la finalité fut une guerre totale et la destruction du peuple résidant et si les habitants historiques de cette terre promise l’avait anticipée, ils auraient certainement construit un mur.
    La juste perception d’une situation provient souvent du déséquilibre qui existe chez l’être bon entre l’empathie émotive et l’empathie cognitive, provoquant une déformation involontaire de l’objectivité de la situation et seule une grande force de caractère permet de résister à la culpabilité de refuser de secourir de la détresse des êtres qui souffrent en établissant un choix cornélien.
    En espérant que mon point de vue d’habitant de France ne t’aura pas trop choqué, je te prie, cher Haïm de recevoir toute mon amitié.
    Hervé Deplanque

    • Pierre DRULANG dit :

      Cher monsieur Ouizemann,

      Bien que je sois adepte des circonlocutions diplomatiques, à l’instar du commentateur précédent qui vous place poliment devant les réalités, je me forcerais à être plus direct, car je ne crois pas à la naïveté que l’on pourrait déceler de votre part à la lecture de vos commentaires tout droit sortis de la doxa bienpensante et islamo-gauchiste. À vrai dire, j’ai cru un moment lire Jean-Luc Mélenchon, si vous connaissez, politicien adorable de sincérité.
      Comment pouvez-vous reprocher à la Hongrie, qui a subi le joug islamiste et qui s’en souvient, de construire des murs contre une invasion certes non armée, mais qui conduira au même résultat dans le temps, alors qu’Israël a déjà construit des murs de barbelés et expulse des Palestiniens des logements qu’ils occupent et interdit le droit au retour de ceux qui ont été expulsés de diverses manières ? Cécité volontaire ou involontaire ?
      Comment pouvez-vous reprocher à la France de ne pas être vigilante vis-à-vis de Syriens, de Pakistanais, d’Afghans qui ont tués récemment nombre de Français ? Et ces derniers ne sont pas arrivés à pied comme vous l’écrivez, mais aidés par des organisations subversives qui les utilisent comme idiots-utiles.
      J’ai tout simplement l’impression d’être pris pour un imbécile dans votre prose ! D’où ma réaction.
      Il y a plusieurs erreurs dans la sémantique que vous utilisez, à commencer par le terme de migrant, imposé par l’idiot-visuel et la presse bobo-gaucho pour tromper le lecteur sur le but réel de la migration. (La perversion de la Cité commence par la fraude des mots ! – Platon)
      Le terme de migrant suppose un passage provisoire alors que dans la plupart des cas, ces personnes sont des « settlers », comme les Irlandais qui se sont établis aux Etats-Unis il y a 2 siècles, mais eux, sans comportement fanatique religieux. Ces soi-disant « migrants », musulmans la plupart, ne sont pas que de passage, ils viennent s’installer ici ou là, ce n’est pas pareil !
      Bien nommer les choses serait une preuve d’honnêteté, je parle surtout pour les journaleux.
      Vous êtes vous demandé pourquoi les « migrants » ne s’installent pas dans les riches pays pétroliers, voisins de surcroit, et qui ont comme religion d’État l’islam ? Réfléchissez un peu !
      Réfléchissez aussi sur la comparaison qui n’est pas raison, entre le peuple d’Israël qui veut rejoindre la Terre promise et la plupart des « migrants » dont le but officiel et affiché est d’islamiser la terre entière, d’éliminer la culture et les croyances de leur terre d’accueil pour y établir la Charia.
      Je salue cependant la note d’humour de Rabbi Lord Jonathan Sacks qui dirait à ces migrants « Viens partager notre vie, viens partager notre Histoire, viens partager nos aspirations et nos rêves. » Vous êtes certainement au courant de leur volonté sincère de s’intégrer et de vivre comme à Rome s’ils y sont ! Plus bisounours, tu meurs !
      Un minimum de culture géostratégique vous aurait évité d’être soumis à la dictature de la bienpensance et de relayer sans en être conscient toute cette idéologie qui a pour but de faire disparaître la civilisation judéo-chrétienne, donc même la vôtre !
      Restez plutôt dans le domaine où vous avez quelques connaissances et méditez par exemple sur la supplique pleine d’humilité du Roi Salomon à l’Éternel : 1 Rois 3 : 9 « Accorde donc à ton serviteur un cœur intelligent pour juger ton peuple (et pas les autres), pour discerner le bien du mal ! ». Vaste programme, n’est-il pas ?
      Cordialement, si, si !
      Pierre DRULANG

    • Mon très cher ami Herve shalom,
      Tout d’abord je te remercie de l’intérêt que tu portes à mon enseignement et a mes articles.
      Je comprends ta réaction et ne suis en rien choque par ta réflexion qui est celle de nombreux français et européens. Je crois, toutefois, qu’il ne faut en aucune manière faire l’amalgame entre le contenu de mon article et ce que Georges Bensoussan a appelé  » les territoires perdus de la République » qui relève plutôt de la politique intérieure a la France. Mon intention est de mettre en évidence le principe d’hospitalité qui caractérise notre Tradition hébraïque et ne pas céder aux peurs inhérentes a l’acceptation de l’étranger d’où qu’il vienne. D’ailleurs la France se compose elle-même d’étrangers venus d’Italie, de Belgique, d’Espagne, du Portugal… Le peuple juif connaît très bien l’expérience de l’émigration pour l’avoir vécue durant 2000 ans ! Comment pouvons-nous refuser l’hospitalité a des hommes, des femmes et des enfants mourant de faim et n’ayant plus de foyer ? Les prophètes sont catégoriques à ce sujet et ne connaissent aucun compromis. Il suffit de lire Isaïe 58. Les dirigeants politiques mettent l’accent plus sur la peur que sur l’intégration de ces nouveaux venus. A ce propos, l’on devrait se poser des questions sur leur venue et leur fuite. Le repli identitaire est une preuve de faiblesse et ne résoudra en rien la question de l’émigration. Les pays européens n’ont jamais vraiment agi en amont afin de trouver une solution permettant à ces refugies de rester chez eux. Il est donc normal de les voir affluer en grand nombre à la recherche d’un nouvel espoir dans des pays riches ou il n’y a plus de guerres. Nous nous rappelons encore de la Conférence d’Evian, en 1938, au cours de laquelle toutes les nations réunies « éclairées » refusent de trouver une solution pour recevoir les Juifs sur leur territoire alors que ces derniers étaient pourchassés par Hitler après l’Anschluss. Nous connaissons malheureusement la suite… Six millions des nôtres ont été assassines par le régime nazi. Cette Conférence porte aujourd’hui le nom de « Conférence de la honte ». L’éthique juive est extrêmement exigeante et requiert de la part de chacun d’entre nous de s’élever au-delà de ses émotions et de réfléchir sur la valeur de chaque être humain créé a l’image de l’Eternel.
      Avec toute mon amitié et mon respect,
      Bénédictions a toi et a tous les tiens,
      Haïm Ouizemann

  2. Yves Aron BOUTBOUL dit :

    נִטֶּה quelle est la racine ?

    petite réponse à Hervé : ce qui se passe en France ne doit pas nous faire oublier nos principes.
    l’accueil de l’étranger en est un.

    • Shalom Aharon,
      Merci beaucoup pour ton commentaire.
      La racine biblique est : נ.ט. י
      Je viens de repondre a notre ami Herve et en effet comme tu le dis parfaitement l’on ne doit jamais oublier nos principes qui ont fait de peuple un peuple qui a traverse le temps alors que des empires comme Babylone, la Perse, la Grece et Rome se sont effondres. L’une des raisons fut que ces empires refuserent l’etranger en tant qu’homme a part entiere.

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