Haftarat ‘Haye Sarah, Femmes, influence politique et spirituelle

« Le roi est mort ! Vive le roi ! »

 La haftarat ‘Haye Sarah[1] et la parashat ‘Haye Sarah[2] ont pour dénominateur commun l’expression « זָקֵן בָּא בַּיָּמִים/ Zaken BA BaYaMiM, vieux, avancé en âge » appliquée aussi bien au Patriarche Avraham (Genèse 24 : 1) qu’au roi David (I Rois 1 : 1).

Autrement dit, Avraham et David sont au crépuscule de leur vie.

La question posée par les deux textes est celle de la succession. Qui succèdera à Avraham et à David ?  L’on note une différence significative entre les deux personnages bibliques. Avraham aspire à ce que son successeur attitré (Its’haq) épouse une femme de même origine que lui (Genèse 24 : 4) pour assurer la pérennité de la lignée, tandis que David, malade et alité, éloigné des affaires publiques (I Rois 1 : 1), se trouve confronté à une rébellion et à une prise de pouvoir par la force de la part de son fils Adonias (I Rois 1 : 11).

Alors que la succession d’Avraham s’effectue sans difficulté, le texte de la haftarah évoque une atmosphère lourde traversée par de nombreuses intrigues au palais du roi David. Après la disparition d’Amnon, Kilav fils d’Avigail et Avshalom, Adonyahou (Adonias), fils de ‘Haguit, quatrième fils de David, tente, comme nous l’avons affirmé précédemment, de s’emparer du pouvoir royal par la force.

ה וַאֲדֹנִיָּה בֶן-חַגִּית מִתְנַשֵּׂא לֵאמֹר, אֲנִי אֶמְלֹךְ וַיַּעַשׂ לוֹ רֶכֶב וּפָרָשִׁים וַחֲמִשִּׁים אִישׁ רָצִים לְפָנָיו. (מלכים א, א: ה).ש

5 Et Adonias, fils de Hagghit, s’enorgueillit en disant: « C’est moi qui serai roi. » Il se procura un char et des écuyers, se faisant précéder de cinquante coureurs (I Rois 1 : 5).

Adonyahou, profitant de la faiblesse et de l’absence de son père, de son incapacité à tenir les rênes du pouvoir, soutenu d’une part par des proches du roi David lui-même et d’autre part par une partie de l’armée, rêve de s’autoproclamer roi.  Nous parlerions aujourd’hui de « putsch ».  Yoav ben Tserouya, chef d’état-major de David, Eviatar HaCohen, l’unique rescapé du massacre des prêtres de Nov initié par Shaoul (Saül) et un grand nombre de Judéens se rangent auprès d’Adonyahou (I Rois 1 : 9). Seul un petit groupe reste fidèle au vieux roi :

י וְאֶת-נָתָן הַנָּבִיא וּבְנָיָהוּ וְאֶת-הַגִּבּוֹרִים וְאֶת-שְׁלֹמֹה אָחִיו לֹא קָרָא. (מלכים א, א: י).ש

10 Mais Nathan le prophète, Benaïahou, les Vaillants, et Salomon, son frère, il (Adonias) ne les convia point. [à son intronisation] (I Rois 1 : 10).

Ne devrions-nous point considérer Adonyahou comme le successeur désigné et légitime de David, après la disparition de ses trois frères aînés, Amnon, Kilav et Avshalom ?

Pourquoi donc Shlomoh est-il appelé à succéder à son père David alors même qu’il n’est point l’ainé des frères, outre le fait qu’il soit né à Jérusalem, dans le royaume réunifié par David son père ? Comment expliquer que Shlomoh, le dixième enfant de David, ait finalement été oint et couronné ?

N’eussent été la sagacité et la perspicacité du prophète Nathan, le renversement du pouvoir par Adonyahou aurait été inévitable. Aux versets 47-48 du chapitre 1, versets qui ne font pas partie de la haftarah, David assiste de son vivant au couronnement (I Rois 1 : 39) de son fils Shlomoh, héritier du trône :

מז … וַיִּשְׁתַּחוּ הַמֶּלֶךְ עַל-הַמִּשְׁכָּב. וְגַם-כָּכָה אָמַר הַמֶּלֶךְ בָּרוּךְ יְהוָה אֱלֹהֵי יִשְׂרָאֵל אֲשֶׁר נָתַן הַיּוֹם יֹשֵׁב עַל-כִּסְאִי וְעֵינַי רֹאוֹת (מלכים א, מז-מח)ש

47 … Et le roi s’est prosterné sur sa couche. Puis il s’est exprimé ainsi : Béni soit l’Eternel, Dieu d’Israël, qui a donné aujourd’hui un occupant à mon trône et m’en a rendu témoin ! » (I Rois 1 : 47-48).

Dans la parashah comme dans la haftarah, le serment est essentiel pour maintenir la pérennité de la lignée. Ainsi, de la même manière qu’Avraham fait prêter serment à son serviteur Eliezer pour qu’il trouve une épouse de son sang et de sa famille pour son fils (Genèse 24 : 3), BatSheva, sur le conseil avisé du prophète Nathan (I Rois 1 : 13), rappelle au roi David son serment quant au choix de sa succession se portant sur son fils Salomon.

יז וַתֹּאמֶר לוֹ אֲדֹנִי אַתָּה נִשְׁבַּעְתָּ בַּיהוָה אֱלֹהֶיךָ לַאֲמָתֶךָ כִּי-שְׁלֹמֹה בְנֵךְ יִמְלֹךְ אַחֲרָי וְהוּא יֵשֵׁב עַל-כִּסְאִי. (מלכים א, א: יז).ש

17 Elle lui répondit : « Seigneur, tu as juré à ta servante par l’Eternel, ton Seigneur, en disant : Salomon, ton fils, régnera après moi, et c’est lui qui sera assis sur mon trône. (I Rois 1 : 17).

Or si le nom de Salomon n’est jamais mentionné explicitement comme futur héritier de la couronne, une allusion à sa succession apparaît, toutefois, dans le livre de Samuel :

יב כִּי יִמְלְאוּ יָמֶיךָ וְשָׁכַבְתָּ אֶת-אֲבֹתֶיךָ וַהֲקִימֹתִי אֶת-זַרְעֲךָ אַחֲרֶיךָ אֲשֶׁר יֵצֵא מִמֵּעֶיךָ וַהֲכִינֹתִי אֶת-מַמְלַכְתּוֹ. יג הוּא יִבְנֶה-בַּיִת לִשְׁמִי וְכֹנַנְתִּי אֶת-כִּסֵּא מַמְלַכְתּוֹ עַד-עוֹלָם. (שמואל ב, ז: יב-יג).ש

12 Quand tes jours seront accomplis et que tu reposeras auprès de tes pères, j’établirai à ta place ta progéniture, celle qui doit naître de toi, et j’affermirai son empire. 13 C’est lui, ton successeur qui édifiera un temple en mon honneur, et j’assurerai à jamais le trône de sa royauté. (II Samuel 7 : 12-13).

Toujours dans le livre de Samuel, nous apprenons que Shlomoh est appelé par le prophète Nathan « Yedidyah », « l’Ami de l’Eternel » :

וַיָּבֹא אֵלֶיהָ וַיִּשְׁכַּב עִמָּהּ וַתֵּלֶד בֵּן ויקרא (וַתִּקְרָא) אֶת-שְׁמוֹ שְׁלֹמֹה וַיהוָה אֲהֵבוֹ. כה וַיִּשְׁלַח בְּיַד נָתָן הַנָּבִיא וַיִּקְרָא אֶת-שְׁמוֹ יְדִידְיָהּ בַּעֲבוּר יְהוָה.  (שמואל ב, יב: כד-כה).ש

Il cohabita de nouveau avec elle, et elle enfanta un fils qu’elle nomma Salomon et qui fut aimé du Seigneur. 25 Sur une mission donnée au prophète Nathan, on le surnomma Yedidya en considération du Seigneur (II Samuel 12 : 24-25).

De la même manière qu’Eliezer doit être fidèle au serment donné à son maître Avraham (Genèse 24 : 3), David doit également accomplir sa promesse (I Rois 1 : 13).

La raison essentielle expliquant l’élection de Salomon réside très vraisemblablement dans le fait que Shlomoh soit un homme aimant la Justice et la Vérité :

ו וַיֹּאמֶר שְׁלֹמֹה אַתָּה עָשִׂיתָ עִם-עַבְדְּךָ דָוִד אָבִי חֶסֶד גָּדוֹל כַּאֲשֶׁר הָלַךְ לְפָנֶיךָ בֶּאֱמֶת וּבִצְדָקָה וּבְיִשְׁרַת לֵבָב עִמָּךְ וַתִּשְׁמָר-לוֹ אֶת-הַחֶסֶד הַגָּדוֹל הַזֶּה וַתִּתֶּן-לוֹ בֵן יֹשֵׁב עַל-כִּסְאוֹ כַּיּוֹם הַזֶּה. (מלכים א, ג: ו). ש

6 Et Salomon répondit : « Tu [l’Eternel] as témoigné à ton serviteur, à mon père David, une grande faveur, parce qu’il a marché devant toi avec sincérité, justice et droiture de cœur ; et tu lui as continué cette faveur insigne en lui donnant un fils, son successeur sur le trône, comme il l’est aujourd’hui. (I Rois 3 : 6).

Quelle est l’origine de cette sagesse qui vaut à Salomon d’être l’élu du Seigneur ?

Cette sagesse apparaît chez BatSheva qui, si elle rappelle à David son devoir d’accomplir son serment sur les conseils du prophète Nathan, rajoute aux propos de ce dernier :

כא וְהָיָה כִּשְׁכַב אֲדֹנִי-הַמֶּלֶךְ עִם-אֲבֹתָיו וְהָיִיתִי אֲנִי וּבְנִי שְׁלֹמֹה חַטָּאִים. (מלכים א, א: כא).ש

21 Et il arrivera, lorsque mon seigneur le roi sera allé reposer avec ses pères, que moi et mon fils Salomon nous serons traités de pécheurs. » (I Rois 1 : 21).

BatSheva, avec subtilité et détermination, rappelle à David le jour où il fit assassiner son époux Ouria pour la prendre pour lui et donc, contraint David à avaliser de son vivant, ou plutôt sur son lit de mort, le couronnement de Salomon afin qu’aucune tache ne vienne ternir l’honneur de son nom. Plus tard, le roi Hugues Capet en France succèdera aux Mérovingiens et aux Carolingiens. Il eut le premier l’idée d’introniser son fils Robert le Pieux de son vivant afin d’éviter les conflits de succession. Cette pratique s’est étendue de nos jours, dans quatre des six royaumes européens (Albert II de Belgique, toujours vivant, a abdiqué en faveur de son fils Philippe en 2013 ; Juan Carlos I d’Espagne a fait de même en 2014, en faveur de son fils Felipe VI ; le grand-duc Jean de Luxembourg (1921-2019) a fait de même en 2000 en faveur de son fils Henri, actuel grand-duc de Luxembourg ; ainsi fit Beatrix, reine des Pays-Bas, en faveur de son fils Willem-Alexander en 2013).

Ainsi, de la même manière qu’Eliezer ira chercher et trouvera par la force de la prière רִבְקָה RiVKaH (Rebeccah) une femme de חֶסֶד ‘HeSseD[3] – de Bonté et de générosité (Genèse 24 : 12-14 ; 45-46) – à l’image du Patriarche Avraham, homme d’amour et de compassion, le prophète Nathan, comprend qu’Adonias n’aspire qu’à assouvir sa soif inextinguible de pouvoir et d’honneur à des fins personnelles, alors que Salomon reste en retrait. Nathan se voit dans l’urgence de rappeler son serment à David, qui ignore tout de ce qu’Adoniahou trame. Rappelons que ce dernier, prétendant être le légitime successeur de son père le roi David, marche sur les traces de son défunt frère Avshalom (II Samuel 15 : 1 ; 16 : 21-22) en multipliant les chevaux…

ה וַאֲדֹנִיָּה בֶן-חַגִּית מִתְנַשֵּׂא לֵאמֹר אֲנִי אֶמְלֹךְ וַיַּעַשׂ לוֹ רֶכֶב וּפָרָשִׁים וַחֲמִשִּׁים אִישׁ רָצִים לְפָנָיו. (מלכים א, א: ה).ש

5 Et Adonias, fils de Hagghit, s’enorgueillissait en disant : « C’est moi qui serai roi. » Il se procura un char et des écuyers, se faisant précéder de cinquante coureurs. (I Rois 1 : 5).

…et en essayant de prendre le pouvoir par les concubines de David pour Avshalom et par Avishag, la servante de David pour Adonyahou (I Rois 1 : 5 ; 2 : 17-22), attitude qui, semble-t-il, conférait le statut de roi, si puissamment que Shlomoh, n’ayant au départ aucune intention d’abattre Adonyahou après sa rébellion, ordonne de le tuer en reprochant violemment à sa mère d’être intervenue en sa faveur :

כ וַתֹּאמֶר שְׁאֵלָה אַחַת קְטַנָּה אָנֹכִי שֹׁאֶלֶת מֵאִתָּךְ אַל-תָּשֶׁב אֶת-פָּנָי וַיֹּאמֶר-לָהּ הַמֶּלֶךְ שַׁאֲלִי אִמִּי כִּי לֹא-אָשִׁיב אֶת-פָּנָיִךְ. כא וַתֹּאמֶר יֻתַּן אֶת-אֲבִישַׁג הַשֻּׁנַמִּית לַאֲדֹנִיָּהוּ אָחִיךָ לְאִשָּׁה. כב וַיַּעַן הַמֶּלֶךְ שְׁלֹמֹה וַיֹּאמֶר לְאִמּוֹ וְלָמָה אַתְּ שֹׁאֶלֶת אֶת-אֲבִישַׁג הַשֻּׁנַמִּית לַאֲדֹנִיָּהוּ וְשַׁאֲלִי-לוֹ אֶת-הַמְּלוּכָה כִּי הוּא אָחִי הַגָּדוֹל מִמֶּנִּי וְלוֹ וּלְאֶבְיָתָר הַכֹּהֵן וּלְיוֹאָב בֶּן-צְרוּיָה. כג וַיִּשָּׁבַע הַמֶּלֶךְ שְׁלֹמֹה, בַּיהוָה לֵאמֹר כֹּה יַעֲשֶׂה-לִּי אֱלֹהִים וְכֹה יוֹסִיף כִּי בְנַפְשׁוֹ דִּבֶּר אֲדֹנִיָּהוּ אֶת-הַדָּבָר הַזֶּה. (מלכים א, ב: כ-כג). ש

20 et dit : « J’ai une petite demande à t’adresser, ne me refuse point. Demande, ma mère, répondit le roi, je ne te refuserai pas. 21 Accorde, dit-elle, Abisag, la Sunamite, pour épouse à ton frère Adonias. » 22 Le roi Salomon répondit à sa mère : « Pourquoi demandes-tu Abisag, la Sunamite, pour Adonias? Que ne demandes-tu pour lui la royauté, puisqu’il est mon frère aîné ; pour lui, dis-je, et pour le prêtre Ebiathar, et pour Joab, fils de Cerouya ? » 23 Et le roi Salomon jura par le Seigneur en disant : « Dieu m’en fasse autant et plus, si cette parole d’Adonias ne lui coûte pas la vie! (I Rois 2 : 20-23).

Comment un tel roi en Israël pourrait-il régner ? David, bien qu’il ait beaucoup guerroyé et versé le sang, et Salomon, dans sa grande sagesse au début de son règne, constituent un modèle de Justice et d’Amour comme Avraham.

Or Salomon, dans sa crainte révérencielle de ne point être à la hauteur de sa tâche, requerra de l’Eternel la Sagesse et non point la fortune et les honneurs, sachant, par l’exemple de sa mère, inspirée par la sagesse divine, combien cette qualité est importante :

ט וְנָתַתָּ לְעַבְדְּךָ לֵב שֹׁמֵעַ לִשְׁפֹּט אֶת-עַמְּךָ לְהָבִין בֵּין-טוֹב לְרָע כִּי מִי יוּכַל לִשְׁפֹּט אֶת-עַמְּךָ הַכָּבֵד הַזֶּה. (מלכים א, ג: ט).ש

9 Donne donc à ton serviteur un cœur intelligent, capable de juger ton peuple, sachant distinguer le bien du mal ; autrement, qui pourrait gouverner un peuple aussi considérable que celui-ci ? (I Rois 3 : 9).

Nous sommes maintenant à même de comprendre pourquoi BatSheva souhaite longue vie au roi David, alors qu’il est sur le point de rendre l’âme :

לא וַתִּקֹּד בַּת-שֶׁבַע אַפַּיִם אֶרֶץ וַתִּשְׁתַּחוּ לַמֶּלֶךְ וַתֹּאמֶר יְחִי אֲדֹנִי הַמֶּלֶךְ דָּוִד לְעֹלָם. (מלכים א, א: לא).ש

31 Et BatSheva s’inclina, la face contre terre, et se prosterna aux pieds du roi, en disant : « Vive à jamais le roi David, mon seigneur ! » (I Rois 1 : 31).

Le royaume du roi David vivra à jamais par son successeur désigné par la Providence, Shlomoh.

Rabbi Lord Jonathan Sacks enseigne :

« Les rois avaient le pouvoir – y compris celui de vie et de mort (voir Josué 1 :18). Les prophètes n’en avaient aucun, mais ils avaient de l’influence, pas seulement de leur vivant mais, dans de nombreux cas, jusqu’à ce jour. Pour paraphraser Kierkegaard : lorsqu’un roi meurt, son pouvoir prend fin. Quand un prophète meurt, son influence commence. » (Power or Influence ? (Beha’alotecha 5781).

Une lecture comparée de la source toranique et de sa haftarah de ce shabbat révèle que ce sont deux femmes, deux grandes héroïnes, RiVKaH et BatSheva, qui vont être déterminantes dans l’écriture de l’Histoire d’Israël. Certes en retrait du pouvoir, ce sont pourtant elles qui lui insufflent la vie et toute sa signification morale, BatSheva à l’occasion du passage du pouvoir de David à Shlomoh et RiVKaH plus tard, au moment de la bénédiction des deux frères, Esaü et Yaaqov, par leur père Its’haq.

[1] Haftarat ‘Haye Sarah : I Rois 1 : 1-31.

[2] Parashat ‘Haye Sarah : Genèse 23 : 1-25 : 18.

[3] Ce mot apparaît pour la première fois dans le texte biblique au moment de la prière d’Eliezer (Genèse 24 : 12).

Shabbat shalom !

hebreubiblique@gmail.com

Avec toutes mes amitiés,

Haïm Ouizemann

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